Dacia veut tourner la page du low-cost

Alexandre Guillet

Mis à jour le à

Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

Dacia veut tourner la page du low-cost

Dacia relève le défi d'un embourgeoisement par petites touches dans une veine furtive.

© Clément Choulot / Cetadi Prod

Lors d’un bilan commercial du premier trimestre 2022, Dacia annonce avoir mieux résisté que le marché automobile global et augmenté ses parts de marché (8,2 % sur les véhicules particuliers). Pour Thomas Dubruel, sans renier son ADN du meilleur rapport qualité-prix, Dacia est en train de tourner la page du low-cost.

Sur un marché automobile qu’il juge compliqué, même si les ventes à particuliers ont un peu redressé le cap au premier trimestre 2022, Thomas Dubruel, directeur commercial France de Dacia, estime que la marque reste bien orientée, dans le droit fil de ses bonnes performances récentes. « Même si cela ne se traduit pas encore pleinement au niveau des immatriculations, notre niveau de commandes est très élevé », indique-t-il. Et de poursuivre : « Nous continuons à gagner des parts de marché, 6,5 % en VP-VU et surtout 8,2 % en VP ».

Sur ce dernier périmètre, la marque consolide sa quatrième place sur le marché français (+ 1 point) devant Volkswagen. Sur le segment des particuliers, Dacia continue de rayonner, avec environ 14,7 % de parts de marché au premier trimestre 2022, soit un gain de 1,3 point par rapport au premier trimestre 2021, et figure sur la deuxième marche du podium derrière Renault. Si les incertitudes demeurent trop lourdes pour faire des prévisions, à cause de la crise des semi-conducteurs et de la hausse des prix des matières premières (acier, aluminium, cobalt, lithium, nickel, etc.), l’heure n’est donc pas pour autant à l’inquiétude.

Vers une « vraie » gamme de constructeur généraliste

En effet, Dacia sait pouvoir s’appuyer sur ses deux piliers que sont la Sandero, solide leader des VP à particuliers, et le SUV Duster, bien arrimé à la quatrième place. En outre, Thomas Dubruel souligne l’émergence de deux nouveaux piliers : « D’une part, la Spring, qui est le deuxième véhicule électrique le plus vendu en France avec des prises de commandes très soutenues, et d’autre part, le Jogger qui a enregistré plus de 11 000 commandes depuis décembre 2021, avec les finitions hautes très appréciées et plus de 60 % du mix en version GPL. »

>> À LIRE AUSSI : Sylvain Coursimault : « Le break Jogger coche toutes les cases du pacte Dacia »

L’effet Spring

Au chapitre des motorisations, Dacia initie sa transition énergétique dans le respect de la maîtrise des coûts. L’essence et le diesel représentent 50 % de ses ventes et sous l’effet de la flambée des carburants classiques, le GPL progresse encore, à 33 % au premier trimestre 2022. Avec la Spring, l’électrique pèse 17 % du mix (11 % pour le marché français global). « Le modèle est bien positionné, avec un prix de 12 500 euros bonus écologique déduit, ce qui en fait la porte d’entrée accessible à la mobilité électrique », pointe Thomas Dubruel. Étant produite en Chine et nécessitant comme toutes les voitures électriques certaines matières premières dont les tarifs explosent, le point de vigilance se place sur la disponibilité du modèle. Les délais de livraison s’allongent et le curseur s’est aujourd’hui déplacé en septembre 2022. Il en va de même pour le Jogger, tandis que les modèles Sandero et Duster sont mieux lotis (juillet 2022).

Dacia ou comment changer délicatement de standing

Par ailleurs, Dacia poursuit son travail sur son image de marque en élargissant le spectre de son influence. « Sandero incarne les promesses clients de la marque, mais nous réalisons qu’elles peuvent s’appliquer à bien des segments, à l’image de Jogger, une familiale basée sur l’essentiel. Un futur produit du segment C et le Bigster confirmeront cette tendance », affirme Thomas Dubruel. Nouveau logo, nouvelle charte graphique pour les communications, l’image se modernise dans son ensemble et se déploiera significativement dans le réseau à la fin de premier semestre. Cette montée en gamme se vérifie au niveau des prix moyens des modèles. 60 % des ventes de Sandero sont réalisées en Stepway (environ 14 000 euros), tandis que 70 % des ventes de Jogger se font avec les finitions hautes et 70 % des ventes de Spring au niveau Confort Plus. Des prix moyens qui devraient encore augmenter à l’avenir avec l’électrification progressive de certains modèles, dont le Jogger dès 2023.

Dacia fait valoir l’un des meilleurs taux de fidélisation de France

Ces différents efforts permettent à Dacia de gagner en attractivité et comme l’indique Thomas Dubruel, certains chiffres valent mieux qu’un long discours : sur 10 clients Dacia, 8 renouvellent leur voiture au sein de la marque et sur 10 possesseurs de Dacia, 5 viennent d’autres marques. Soit un combo gagnant entre fidélisation et conquête. Sur ce dernier axe, la marque bénéficie évidemment de l’élargissement et de la jeunesse actuelle de sa gamme. La marque a aussi travaillé ses offres de financement et cela paye : deux tiers de clients sont financés par la Diac, avec 60 % de contrats de LOA. Dacia vient de lancer une nouvelle offre intégrée de services au début du mois de mars. « Avec nos concessionnaires, cela nous permet de lisser les tarifs et de contenir l’inflation, de renforcer plus encore notre taux de fidélisation et de favoriser les reprises pour exploiter des véhicules d’occasion qui se revendent à bon prix, d’autant que nos valeurs résiduelles restent un point fort », détaille Thomas Dubruel. Et de conclure : « La rentabilité de notre réseau est bonne grâce au VN, au VO donc, mais aussi à l’après-vente, via un nombre d’entrées en atelier en progression ». Rappelons que le parc de Dacia en France s’établit aujourd’hui à plus de 1,2 million de voitures.

Nous vous recommandons

Stellantis et Samsung SDI vont investir 2,3 milliards d'euros dans une usine de batteries aux États-Unis

Stellantis et Samsung SDI vont investir 2,3 milliards d'euros dans une usine de batteries aux États-Unis

Stellantis et Samsung SDI vont investir plus de 2,3 milliards d'euros dans une coentreprise pour la construction d'une usine de production de batteries pour véhicules électriques à Kokomo dans l’Indiana,aux États-Unis. Cette annonce...

Florian Huettl est le nouveau CEO d’Opel

Florian Huettl est le nouveau CEO d’Opel

Toyota de nouveau contraint à tailler dans sa production automobile mondiale

Toyota de nouveau contraint à tailler dans sa production automobile mondiale

Essai - Audi A8 : grand huit !

Essai - Audi A8 : grand huit !

Plus d'articles