Décarbonation du transport : tenir l'échéance de 2040

Victoire de Faultrier-Travers
Décarbonation du transport : tenir l'échéance de 2040

La semaine prochaine, la Commission devrait fixer des objectifs pour 2030, 2035 et 2040 (avec clause de revoyure) au sujet du déploiement des infrastructures de recharge et de ravitaillement.

L’Union européenne s’est fixée des objectifs de décarbonation ambitieux à l'horizon 2030 et 2050, et dicte, dès aujourd'hui, la marche à suivre par la voix de son Parlement. 

À l'occasion d'un point sur la feuille de route du pacte vert, ou Green Deal européen, Karima Delli, présidente de la commission des transports et du tourisme au sein du Parlement européen (groupe des Verts/Alliance libre européenne) et Pascal Canfin, président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (Renew Europe), sont revenus sur les objectifs d'une Europe durable et climatiquement neutre en 2050. Selon Karima Delli, 2022 a été une année charnière pendant laquelle l'Union européenne est entrée dans la décarbonation des transports. En plus des sujets liés aux véhicules électriques, les infrastructures, l'aviation, et le transport de personnes, le transport routier de marchandises demeure un enjeu majeur dans la réduction des émissions de CO2, et le plus important pour la présidente de la commission des transports et du tourisme est de « tenir l'agenda de la décarbonation ». De son côté, Pascal Canfin souligne que le transport routier pâtit d'un problème de fond : la filière ne séduit plus et affiche ainsi une pénurie de main-d'œuvre. En parallèle, le président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire prêche pour une formation adaptée à la révolution numérique et à la révolution industrielle (technologique).

Parmi les leviers, l'Union européenne entend améliorer l’efficacité énergétique dans les transports et poursuivre le développement du système de transport public, associé à l’utilisation de carburants alternatifs. Elle entend faciliter le transfert modal vers le transport ferroviaire et le transport par voie d’eau. La semaine prochaine, la Commission devrait fixer un objectif fixe pour 2030, mais aussi des objectifs pour 2035 et 2040 (avec clause de revoyure), notamment le déploiement des infrastructures de recharge et de ravitaillement.

L'industrie appelle à une approche holistique de la décarbonation des transports

De son côté, le Clepa (association européenne des équipementiers automobiles) assure être en accord avec les constructeurs européens de véhicules utilitaires (ACEA) dans l'optique réduire les émissions de CO2 et de polluants du transport routier et à faire évoluer l'Europe vers des solutions sans énergie fossile d'ici à 2040. Le Clepa demande en retour un cadre réglementaire cohérent et progressif pour une transition réussie. Selon les industriels, il est important de réunir les conditions pour que les opérateurs de transport investissent dans des véhicules à zéro émission et puissent les exploiter de manière rentable. Ce cadre doit également comprendre une infrastructure de recharge et de ravitaillement adaptée.

Les industriels relèvent que les réglementations clés, comme l'Afir et l'ETS2, sont encore en attente d'adoption. Le Clepa demande aux décideurs politiques de se concentrer sur la mise en place de mécanismes d'incitation « pour encourager et permettre aux opérateurs de transport d'investir dans des véhicules à zéro émission », « mais également que le cadre réglementaire européen sur le climat adopte une perspective plus large, en veillant à ce que les émissions de CO2 soient rapidement et efficacement réduites dans l'ensemble de la chaîne de valeur du transport routier ». L'Europe devrait donc viser une approche pragmatique, progressive et technologiquement neutre qui garantit que des solutions évolutives peuvent servir de pionnier mondial. Concernant l'énergie, et son coût, les industriels souhaitent de la flexibilité face à de la concurrence d'autres grands marchés comme les États-Unis et la Chine.

Enfin, les industriels prônent un règlement Euro 7 cohérent avec les investissements nécessaires pour les futures normes de CO2, avec une coordination entre les dossiers CO2 et Euro 7 sur le contenu des réglementations, les délais de leur finalisation et leurs dates de mise en œuvre.

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