Décision Atelier rassemble les décideurs de la distribution de pièces à Deauville

Fabio CROCCO
Décision Atelier rassemble les décideurs de la distribution de pièces à Deauville

Plus de 200 personnes ont participé à la cinquième édition de #CONNECT Aftermarket.

Pour la cinquième année, Décision Atelier a organisé avec succès, à Deauville, son forum de la rechange automobile. Ce grand rassemblement des décideurs de la distribution de pièces détachées a une nouvelle fois été l’occasion pour 200 patrons de se rencontrer dans un cadre propice aux affaires pour parler partenariat mais aussi de découvrir les dernières tendances du marché. 

C’est devenu le grand rendez-vous de la filière : les 23 et 24 juin derniers, notre magazine a organisé, à Deauville, la cinquième édition de ses rencontres des décideurs de la rechange automobile : #CONNECT Aftermarket. La manifestation a réuni 200 personnes, dont les patrons de l’après-vente des plus grandes enseignes, tous canaux confondus, comme Mobivia, Stellantis, Renault, Autodistribution, Doyen, LKQ, Alliance Automotive Group, ID Rechange, Autolia, Feu Vert, Alternative Autoparts, Bosch ou encore Nexus. D’importants distributeurs indépendants étaient également présents, à l'image d'Adipa, Aniel, ATAC, Aurilis, Dhenin, Barrault, Bodemer, Bony, Niord, Durand, Emil Frey, Rondeau, Sima, Péricaud, et IDLP pour ne citer qu’eux. L’occasion pour ces acteurs d'échanger dans ce somptueux cadre de l’Hôtel du Golf et imaginer de possibles futures collaborations mais aussi s’informer sur les évolutions du marché à travers trois plénières et douze ateliers animés par une cinquantaine d’experts.

Ces deux jours de congrès ont été réalisés avec le soutien de partenaires comme Actia, Aisin, Allo Casse Auto, apprOpo.fr, Authentic, bilsteingroup, Carcoatings, Champion Lubricants, Ciblex, Daf Conseil, GNFA, GPA, Gutman, Meyle et Opisto.

Le renouveau de l’après-vente comme fil rouge

Le fil rouge de cette édition 2022 était le renouveau de l’après-vente. Plus de mobilité douce, plus de transports partagés, plus de locations, plus de télétravail… Tout cela conduit à moins d’après-vente ou tout du moins à une après-vente différente, bien plus servicielle, plus connectée, plus prescrite, mais aussi plus écologique. Il faudra davantage recycler. « Aujourd’hui, notre distribution et notre maintenance sont l'héritage des 50 dernières années passées avec le thermique. L’arrivée du software et de l’électromobilité est l’occasion de repenser les choses. Les cartes se rebattent », a réagit David Schwarz, P-DG de VIA ID, membre du comex de Mobivia.

Les évolutions technologiques ont été l’un des thèmes majeurs du congrès avec une table ronde dédiée à l’électromobilité et au software, mais aussi des ateliers portants sur le support technique, la calibration des Adas, la réparation des hybrides et la reprogrammation des calculateurs. Si un véhicule électrique génère 30 % de moins de revenus à l’après-vente, il n’est pas exempt de pannes et d’entretien. Et les montants des réparations sont du même ordre que sur un moteur thermique. C’est le constat que l’on peut faire après l’analyse du marché dans des pays nordiques, comme la Suède ou les Pays-Bas, avancés en matière de parc électrisé, et où des réseaux comme LKQ ou Bosch sont implantés. Ces deux dernières enseignes lanceront d’ailleurs à Equip Auto leur réseau de garages structurés pour intervenir sur des véhicules électriques. Durant le colloque, Thomas Delome, responsable technique de Feu Vert, est revenu sur sa première année de partenariat avec le constructeur chinois Aiways qui a permis à l'enseigne de monter progressivement en compétences et mieux comprendre les besoins en termes de techniciens, d'outillage, de positionnement tarifaire. Pour permettre aux ateliers d’afficher leurs compétences en matière d’électromobilité, Daf Conseil a indiqué le lancement du label Réparélec. Du côté de chez Emil Frey France, la stratégie repose sur une offensive sur le parc roulant thermique âgé de plus de 6 ans. Offres budgets, ateliers mobiles, contrats de maintenance, pneumatiques, vitrage, petite carrosserie, VO… le premier distributeur automobile de France fait feu de tout bois pour préserver et développer son chiffre d’affaires en après-vente. Pour rappel, Emil Frey France a racheté en 2016 le groupe de distribution de pièces Flauraud. Il est en passe de racheter le groupe Barrault.

La connectivité et l’accès à la data a été un autre sujet de discussion durant ces rencontres. Bernard Lycke, directeur général du Cecra, a expliqué à quoi pourrait ressembler le nouveau règlement d’exemption pour le secteur automobile qui entrera en vigueur en juin 2023 pour une durée de 5 ans. Selon le responsable, il ne devrait pas être si éloigné de celui en vigueur avec une grosse différence toutefois portant sur le partage des données générées par le véhicule. Le directeur garde espoir sur la mise en place d’un partage équitable. « Le commissaire Breton, un premier temps pro-constructeurs, se montre désormais plus sensible à la cause des indépendants », a-t-il indiqué. Du côté de Bosch, on assure que l’ensemble des réparateurs auront accès à la technologie et aux informations permettant les mises à jour à distance des calculateurs. Des téléchargements appelés à se multiplier.

Vers 15 % de part de marché pour la pièce d’occasion

Autre sujet abordé durant #CONNECT Aftermarket, le potentiel de développement des pièces issues de l’économie circulaire, notamment celles d’occasion. Aujourd’hui utilisées à hauteur de 4 %, elles pourraient atteindre les 15 % comme en Suède ou aux États-Unis. Il faudrait pour cela produire plus en démontant davantage les véhicules en fin de vie. Aujourd’hui, seuls 50 % des recycleurs produisent des pièces. Le marché doit faire face à la pénurie d’où l’intérêt de mutualiser les stocks. Les assureurs, qui réclament le recours à des pièces de réemploi, doivent aussi multiplier les accords avec les recycleurs au niveau de la fourniture de véhicules hors d’usage. La question de la moindre marge générée par le commerce de ce type de pièces se pose aussi. Vendues jusqu’à 70 % moins chères que le neuf, il est fort à parier que les prix augmenteront alors que les producteurs investissent pour offrir un service commercial à la hauteur des attentes de la distribution. Un réajustement tarifaire attendu par la profession qui serait profitable à toute la filière. Reste à convaincre les assureurs. En 2024, dans le cadre de la loi anti-gaspillage, encore en cours de discussion, les recycleurs deviendront plus dépendants des constructeurs. Cela sera-t-il profitable à la production de pièces d’occasion ? Oui si les conditions du partenariat sont toutes réunies pour continuer à permettre aux recycleurs d’exercer en autonomie.

Vers une distribution verticalisée ?

Alors que le marché de la pièce détachée a encore devant elle une décennie florissante, comme l’a démontré Matthieu Simon du cabinet Roland Berger, ses exigences ne cessent de croître. Elles ont conduit ces cinquante dernières années à la création de centrales d’achats européennes. Dans cet environnement toujours plus contrôlé par ces puissants groupements, quelle place reste-t-il aux distributeurs indépendants affiliés à ces groupes ? Quelle est leur marge de manœuvres ? Des questions soulevées lors d’une table ronde aussi sensible que passionnée. Les patrons de centrales assurent que leurs adhérents indépendants sont libres de leur politique commerciale et de leurs achats même si leur intérêt est de suivre la politique groupe. Tous l’affirment : si les conditions tarifaires négociées par les centrales auprès de fournisseurs clés restent essentielles, tout comme la massification des achats, elles ne sont plus la clé de voûte de la raison d’être des groupements. Ce sont désormais les services qu’ils apportent qui sont attendus. Logistique, informatisation, apport d’affaires, marketing, animation commerciale, diversification des offres jusqu’à une MDD et accompagnement dans les mutations du marché sont les nouvelles composantes de la valeur ajoutée des centrales. « Nous sommes des facilitateurs de business », résume Vincent Congnet, directeur des réseaux chez Alliance Automotive Group. Reste que tous les distributeurs n’ont pas fait le choix de rejoindre les trois majors. Certains ont fait le pari de monter leur propre groupement. Du côté de LKQ, l’avis est plus tranché en défendant un modèle de distribution plus vertical, 100 % intégré. Le seul moyen selon Alex Gelbcke, P-DG de LKQ Fource, de répondre aux exigences du marché actuel et de mieux collaborer avec les fournisseurs.

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