Délais de livraison, conditions commerciales, bilan 2021 et nouveautés 2022 : entretien avec Jean-Pierre Mesic (Stellantis)

Leslie Auzèmery

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Délais de livraison, conditions commerciales, bilan 2021 et nouveautés 2022 : entretien avec Jean-Pierre Mesic (Stellantis)

© Stellantis

Pour L’Automobile & L’Entreprise, le directeur BtoB de Stellantis France tire le bilan de l'année 2021 et donne les perspectives du groupe pour 2022. L’occasion également d’évoquer les grands sujets d’actualité comme la pénurie de semi-conducteurs et ses conséquences sur les délais de livraison, les tarifs des véhicules et les conditions commerciales.

L’Automobile & L’Entreprise : Dans une année 2021 perturbée, quels sont les résultats du groupe Stellantis auprès des flottes ?

Jean-Pierre Mesic : Nous avons connu l’an dernier un marché en deux temps avec un 1er semestre très dynamique et une 2ème partie d'année impactée par une tendance en deçà en termes d’immatriculations mais pas de commandes. La demande est là, ce sont les véhicules qui manquent. En résultat, dans un marché du véhicule particulier BtoB qui augmente de 7,5 % sur 2021 par rapport à 2020, Stellantis a suivi la croissance et reste à des niveaux historiquement hauts. La part de marché est stable à 41,2 % sur le marché flotte, hors loueurs courte durée. Peugeot est leader (25,1 %), suivi par Citroën (11,2 % - +0,9 point), DS (1,5 %) et Opel (1,3 %). Fiat est en léger retrait avec 1,3 % et Jeep double son empreinte à 0,6 %. Enfin, Alfa Romeo reste stable avec 500 véhicules sur l’année. Sur le segment des véhicules utilitaires, Stellantis clôture à 43,5 % de parts de marché (+0,7 point) et toutes les marques sont soit stables soit en progrès. Je souhaite particulièrement mettre en avant trois de nos marques qui progressent pour arriver à des niveaux historiquement hauts : Peugeot (17,8 % - +0,2 point), Citroën (15,4 % - +0,3 point), et Opel (2,1 % - +0,3 point). De son côté, Fiat est stable à 8,2 % de pénétration ce qui en fait quand même la 4ème marque sur ce segment de marché.

 La demande est là, ce sont les véhicules qui manquent. 

A&E : Globalement, quel bilan tirez-vous un an après la création de Stellantis ?
JP.M :
Le groupe a un an de vie mais d’un point de vue opérationnel sur le BtoB, les choses se sont mises en place en septembre dernier avec la création et l’intégration des équipes communes. Nous sommes satisfaits de nos résultats en termes de parts de marché. Nous n’avons pas perdu de terrain dans un environnement compliqué en termes de supply avec une navigation au jour le jour. Et le BtoB a permis à beaucoup de marques du groupe de progresser en performance commerciale. Notre évolution sur les ventes de véhicules particuliers à faibles émissions est également positive avec près de 100 000 unités sur l’année, un chiffre en hausse de 80 %. Notre empreinte s’est améliorée avec une part de marché qui progresse de 3,3 points, l’objectif étant de tirer la performance dans les années à venir à travers une offre extrêmement large. Sur le VUL, les ventes de véhicules à faibles émissions ont moins progressé (+40 %) parce que l’offre est en train de s’étoffer avec la capacité à proposer des alternatives électriques sur de la fourgonnette, du moyen et gros fourgon. La tendance reste bien entendu positive avec des besoins qui vont s’accroître.

A&E : Quelle stratégie pour 2022 ?
JP.M :
Le BtoB va être un contributeur à la performance du groupe avec des objectifs et un pilotage marque par marque. Beaucoup de nouveautés vont nous amener de la performance en année pleine, notamment la nouvelle Astra sur le segment C disponible en hybride rechargeable. Nous avons dévoilé un facelift du Grandland avec un segment C-SUV important sur le marché BtoB. Idem pour Citroën avec un facelift du C5 Aircross très bien accueilli par les experts en valeurs résiduelles. La DS4, berline aussi disponible en hybride, devrait nous apporter aussi du volume face à nos concurrents premiums. Enfin, nous attendons un effet extrêmement favorable sur la 308, qui devrait nous permettre de combler les besoins et d'être capables de livrer rapidement les clients en hybride rechargeable.

A&E : Quelles sont les grandes nouveautés produits annoncées pour cette année ?
JP.M :
L'année 2022 va être riche en produit et amener beaucoup de belles histoires en termes de lancements. Citroën revient sur le segment D avec le C5 X, un véhicule à la croisée des chemins entre une berline, un break et un SUV. Chez Jeep, nous avons aujourd’hui un mix de véhicules à faibles émissions importants (60 %) qui va venir s’étoffer avec une offre en cours de lancement, notamment avec le Compass et le retour du Grand Cherokee en version PHEV pour répondre à toutes les demandes. Enfin, Alfa Romeo est une marque en reconstruction avec de l’ambition. L’arrivée à la fin du premier semestre d’un C-SUV, baptisé Tonale, et d’un hybride rechargeable en fin d’année devrait nous permettre d’avoir une empreinte carbone plus  favorable et plus adaptée aux besoins des entreprises.

 Il s’agit de trouver la bonne adéquation entre la tenue des délais et la fabricabilité, sans finalement perdre l’essence même du contenu technologique des voitures. 

A&E : L’année s’annonce riche mais toujours perturbée par la pénurie de semi-conducteurs. Comment la situation vous impacte-t-elle à date et quels sont les choix stratégiques opérés ?
JP.M :
Nous avons tous des portefeuilles de commandes très élevés et le challenge de ce premier semestre est de pouvoir livrer pour aller chercher de la performance aussi vite que possible. Il s’agit de trouver la bonne adéquation entre tenue des délais et fabricabilité, sans finalement perdre l’essence même du contenu technologique des voitures qui sont lancées sans compromis sur la qualité. Les délais sont très variables d’un véhicule à l’autre et d’une version à l’autre mais aujourd’hui il ne faut pas compter moins de trois mois. Nous essayons de donner l’information la plus complète possible au jour le jour, et d’anticiper les choses notamment à travers nos captives et les loueurs longue durée avec qui nous travaillons en partenariat. Les opérateurs de financement sont aussi capables de proposer des solutions à très court terme, soit de véhicule d’attente soit d’adaptation de contrat. Nous espérons que les choses s’améliorent sur la seconde partie de l’année.

A&E : Cette crise a aussi un impact non négligeable sur les tarifs et les conditions commerciales, que vous aviez déjà décidé de revoir en novembre dernier…

JP.M : Quand vous êtes en situation de pénurie et que vos coûts de fabrication sont impactés par la hausse des coûts des matières premières, il faut se battre pour avoir une rentabilité qui soit au niveau. C’est ce que nous faisons en nous adaptant et en pilotant au mieux nos moyens commerciaux tout en continuant à vendre. C’est n’est pas un exercice facile au quotidien mais l’objectif est de travailler encore plus en détail le TCO pour ne pas voir seulement le loyer mais prendre aussi en considération d’autres postes de dépenses, comme la consommation par exemple. Le marché de façon générale subit une inflation des conditions tarifaires. Stellantis essaie de gérer au mieux sa rentabilité, comme le font les autres constructeurs. Nous sommes tous dans le même bateau.

 Il est vrai que sur certains dossiers grands comptes, il y a eu une inflation des conditions commerciales qui n’a plus lieu d’être dans une période de pénurie. 

A&E : Ne craignez-vous une fuite de certains de vos clients à la concurrence, et notamment vers des marques qui restent aujourd’hui dans une logique de pénétration de marché ?
JP.M :
Il y a toujours un risque. Aujourd’hui, chaque marque du groupe Stellantis a ses atouts, il ne s’agit pas seulement de conditions commerciales. Mais il est vrai que, sur certains dossiers grands comptes, il y a eu une inflation des conditions commerciales qui n’a plus lieu d’être dans une période de pénurie. Nous opérons des choix et les clients retravaillent aussi leur optimum à la fois en termes de produit que de couple durée / kilométrage. À côté de ça, la pénurie de véhicules d’occasion a tendance à tirer les valeurs résiduelles vers le haut au bénéfice du client, venant compenser en partie la tendance haussière.

A&E : Vous opérez également des choix dans la restructuration de vos gammes. Quel avenir pour les finitions Business au sein du groupe Stellantis ?

JP.M : Les versions Business, comme elles ont été créées par les marques notamment françaises, étaient faites pour répondre à un besoin d’équipement standardisé qu’on retrouve aujourd’hui finalement sur les versions classiques de nos véhicules. C’est une vraie réflexion que nous avons entamée et nous avons décidé, dans un premier temps avec Peugeot sur la 308, de ne pas mettre au catalogue de version Business. Cela amène de la diversité, ce qui a un coût, et ça ne facilite pas spécialement la revente VO. Ainsi, progressivement, en essayant de faire en sorte que les besoins du BtoB soient couverts par les gammes standards, nous allons standardiser et simplifier. Les options et les packs doivent aussi être valorisés à leur meilleur niveau, parce qu’ils ont un impact sur l’attractivité du véhicule à la revente, afin de retrouver de la compétitivité.

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