Des automobilistes peu concernés par la loi Montagne

Frédéric MARTY
Des automobilistes peu concernés par la loi Montagne

Des automobilistes peu concernés par la loi Montagne

Selon une enquête réalisée par le GIPA pour le compte du Syndicat des professionnels du pneu (SPP), 58 % des automobilistes interrogés n’envisagent pas de changer leurs pneus à l’approche de l’entrée en vigueur de la loi Montagne. Manufacturiers et professionnels devront donc faire preuve de pédagogie pour convaincre les conducteurs.

Le 1er novembre prochain, la loi Montagne imposera le port de pneus à marquage hiver (M+S ou 3PMSF), de chaînes ou de chaussettes à neige, dans les départements situés en zones de montagnes, jusqu’au 31 mars 2022. Une obligation récurrente qui concernera 48 départements, parfois en totalité mais parfois pour partie seulement. En effet, les surfaces géographiques retenues prennent comme référence les zones de montagne et non les départements. Les préfets seront chargés d’établir la liste des communes concernées dans chaque département. Un aspect qui ne simplifiera pas les choses sur le terrain auprès des automobilistes. Cependant, la proximité de zones soumises à cette obligation pourrait encourager les habitants des communes limitrophes à s’équiper. Tout dépendra sans doute du niveau des contrôles de police et de l’attitude des assureurs en cas d’accident. En attendant, manufacturiers et professionnels relaient le message pour informer et inciter les automobilistes à s’équiper. Pour préparer cette échéance, le Syndicat des professionnels du pneu (SPP) a commandé une enquête auprès du GIPA afin d’obtenir un éclairage sur la perception de cette future obligation et sur les intentions des automobilistes.

Du travail en perspective

L’étude a été réalisée auprès d’un panel de 2 500 conducteurs, dont 300 situés en zones blanches et 200 gros rouleurs. Ces zones blanches concernent 28 départements sur les 48 visés par la loi Montagne. Premier enseignement : 89 % des répondants trouvent qu’il est facile ou plutôt facile de circuler en hiver. Un constat plutôt étonnant pour Dominique Stempfel, président du SPP, et Régis Audugé, directeur général de l’organisation professionnelle. Au-delà de ce sentiment global, 47 % des personnes interrogées disent ne jamais se rendre dans les zones concernées par la loi Montagne en hiver. Cependant, parmi le panel de 300 automobilistes vivant en zones blanches, près de 40 % déclarent ne jamais aller dans une zone de montagne en hiver. « Ces réponses démontrent que la notion de zone de montagne est floue et pas vraiment connue, même chez ceux qui y habitent »,remarque Régis Audugé. Un constat qui en dit long sur le niveau de compréhension de la loi, même si cette dernière est bien perçue ou plutôt bien perçue par 88 % des répondants. En effet, 47 % des conducteurs pensent que les départements concernés sont uniquement ceux situés en haute montagne. Ainsi, 58 % des répondants n’envisagent pas de modifier leur équipement en pneumatique à l’occasion de l’entrée en vigueur de la loi. Une décision qui s’explique aussi par le fait que 66 % des automobilistes interrogés pensent avoir des pneus toutes saisons sur leur véhicule. « Nos chiffres de vente en Sell Out montrent bien que 77 % des pneus tourisme vendus sont des enveloppes été. Les gommes toutes saisons ne représentent que 10 % des ventes annuelles » souligne Régis Audugé, confirmant ainsi la perception erronée des conducteurs.

Utile pour les autres

Les automobilistes ne remettent pas en cause l’utilité des pneus hiver et toutes saisons, puisque 60 % les jugent utiles ou très utiles. Pourtant, 85 % des répondants ne changent jamais leurs pneumatiques. Parmi ces derniers, 28 % jugent que le climat de leur lieu de résidence ne nécessite pas un tel changement. Cependant, « cette loi concerne non seulement les habitants de ces zones mais aussi les automobilistes de passage. Nous redoutons une précipitation chez les professionnels vers le 31 octobre et des difficultés en matière de délais de rendez-vous et de disponibilité des pneus », observe Dominique Stempfel. En dépit des initiatives prévues par le SPP et les manufacturiers pour communiquer auprès du grand public, il paraît probable d’assister à une prise de conscience tardive, provoquée par les premières verbalisations. En attendant, il appartient aux professionnels de prendre en compte ce paramètre en conseillant leurs clients. Les amateurs de sports d’hiver pourraient avoir une mauvaise surprise pendant leurs vacances.

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