Des enseignes de MRA toujours plus incontournables

Victoire de Faultrier-Travers

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Des enseignes de MRA toujours plus incontournables

L’ambition des réseaux est d’essayer de ne pas subir le changement mais de l’anticiper.

© Motrio

L’activité de mécanicien réparateur automobile a été fortement remuée par la crise sanitaire. Contre toute attente, l’année 2021 a été excellente au niveau des recrutements pour les réseaux, qui deviennent plus que jamais incontournables sur les sujets du digital, de la formation et de l’environnement.

Contre toute attente, 2021 a été une année de bons recrutements avec une moyenne de vingt adhérents de plus dans chaque enseigne. AD Mécanique détient même un record avec 80 nouveaux garages à fin octobre, notamment grâce à une stratégie de communication renforcée au niveau national comme local. L’année 2021 a été excellente en matière de recrutement d’adhérents et donc pour le développement de son maillage. En 2022, Eddy Albert et son directeur de réseau Fabien Guimard, reprennent la route pour quinze dates à raison de trois rendez-vous par semaine en janvier et février. L’AD Tour mettra au centre son plan Performance 2026. De son côté le réseau Motrio a gagné en visibilité et notoriété et a même récemment annoncé avoir franchi le cap des mille garages. Selon Mounir Msiouen, responsable de l’enseigne, « de plus en plus de réparateurs ne veulent plus être seuls, c’est pourquoi ils adhèrent à un réseau. » Caroline Chassepot, responsable marketing-communication, renchérit à propos de Proximeca : « Nous avons un potentiel important en devenir, à nous de convaincre les MRA d’utiliser le réseau comme levier de développement. » Comme pour Nexus et la plupart des autres réseaux, le recrutement se fait chez les indépendants, entrepreneurs, et quelques fois chez les autres.

Cependant, les réseaux constatent tous un manque crucial de main-d’œuvre. L’une des explications se trouve dans la mauvaise image du travail manuel en général. L’artisanat ne séduit plus et n’est pas valorisé, notamment par l’Éducation nationale. Eddy Albert confesse que la profession souffre beaucoup du manque de personnel, lié notamment à de nombreux départs à la retraite. Les réseaux se lancent ainsi dans des campagnes de recrutement, font acte de présence dans les écoles et les lycées afin de faire connaître les métiers de l’après-vente automobile.

Affronter l’avenir

Le marché de l’entretien et de la réparation est toujours fortement disputé, et les garagistes ont davantage besoin de grandir au sein d’un réseau afin d’organiser leurs achats, leurs services et de bénéficier de l’accompagnement de ce dernier. Selon le directeur du service marketing de LKQ, les réparateurs ont beaucoup de travail et certaines inquiétudes pour leur futur professionnel. Ludovic Montenot estime même qu’« ils ne sont pas prêts à toutes les mutations. Le secret est donc de s’adapter. » Et de poursuivre : « La force de chaque réparateur est dans le réseau, qui lui doit toujours plus de services adaptés. » De son côté, Alliance Automotive Group entend répondre à ce manque de main-d’œuvre en allant à la rencontre des réparateurs et des distributeurs en région. Il leur démontre les atouts du groupe sur le marché par la voix de Florence Galisson, responsable des réseaux VL chez Alliance Automotive Group : « Disponibilité, réactivité, compétitivité et convivialité qui permet au groupe de revendiquer le statut de fournisseur n°1 de bonnes nouvelles pour les réparateurs. »

L’environnement est également un des piliers de la mutation des métiers de l’automobile. Le groupe Autodistribution s’est également engagé dans l’éco entretien depuis 2018, avec une offre globale comprenant outils, formations et obtention du label. Objectif : « Ne pas louper le virage », selon Eddy Albert. L’ambition du réseau est aussi de rassurer ses membres sur les décisions européennes en matière d’électrification du parc. Pour le groupement Agra, l’environnement est également un point crucial, et aide ainsi son réseau à participer à la transition énergétique, notamment avec son label Ecomoov, lancé il y a plus d’un an.

Pour Philippe Guyot, l'avenir comprend une remise en question, il est ainsi important de rester très ouvert d’esprit. De nombreuses questions demeurent sans réponse, « on parle beaucoup de véhicules électriques, alors qu’il existe tout un panel de véhicules qui entrent en ateliers. » Philippe Guyot résume : « On vit dans la révolution qui suit celle qui nous a fait passer du cheval à voiture ; celle de la voiture thermique à l’électrification. » Il est cependant à noter que le coût moyen d’une démarche vertueuse pour un atelier, en fonction de sa taille, peut s’élever entre 1 000 et 2 000 euros jusqu’à une dizaine de milliers d’euros. Le réparateur a de son côté la possibilité de s’y retrouver financièrement à l’aide de la refacturation de ses déchets s’élevant entre 20 centimes et 4 euros par facture, en fonction de sa nature. Cet effort financier de la part de l’automobiliste se mue en une éco-participation dont il a l’habitude dans d’autres secteurs, comme celui de la technologie.

Ainsi, affronter les prochaines années revient à accepter de monter en compétences, techniques, technologiques et digitales, vite et bien. À l’avenir, l’intelligence artificielle prendra une place plus importante et apportera plus de flux dans les ateliers si elle est bien maîtrisée. La question de l’environnement est également centrale. Pour le développement durable, la pièce de réemploi semble être une première réponse pour beaucoup de réseaux. Il est également prescrit de préférer la réparation au remplacement. L’ambition des réseaux est d’essayer de ne pas subir le changement mais de l’anticiper. Mais aussi de répondre au challenge des évolutions du comportement des consommateurs et du parc roulant à court terme, en accompagnant les réseaux. Sur le long terme, les enseignes prévoient des changements encore plus importants, ce qui les conduira à proposer des niveaux de services et de solutions considérables.

[Article complet à lire dans le numéro 166]

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