Distrigo : à quoi joue Stellantis ?

Fabio CROCCO

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Distrigo : à quoi joue Stellantis ?

La récente résiliation des plaques Distrigo par Stellantis ne fait qu’enfoncer le clou de la défiance du réseau vis-à-vis du constructeur.

Après l’annonce en mai dernier de la résiliation de leur contrat de distribution de véhicules neufs, les groupes de concessions ayant fait le choix de suivre Stellantis dans la distribution de pièces détachées pouvaient toujours se réjouir que les accords Distrigo n’étaient pas concernés par la rupture. C’était sans compter sur le comportement imprévisible d’un constructeur toujours sur la voie de sa restructuration après le rachat de FCA fin 2020.

C’est ainsi que fin janvier, dans le cadre d’une visioconférence, l’ensemble des plaques Distrigo en France (38 au total si on compte les plaques Stellantis & You) ont appris que les contrats des plateformes en Europe prendront fin dans 2 ans, le 8 février 2024 très exactement. Cela touche en Europe 134 plateformes auxquelles s’ajoutent 115 Distrigo Relay et 35 Distrigo Market. Les distributeurs concernés ont jusqu'à fin février 2022 pour faire savoir s’ils souhaitent reconduire leur partenariat avec un nouveau contrat qui leur sera soumis d’ici peu.

« Le constructeur se veut rassurant en nous expliquant que les standards seront peu différents mais qu’il nous faudra intégrer la vente de pièces des marques du groupe FCA. Le coup est plus rude pour les concessionnaires qui représentent ces marques » commente méfiant un adhérent Distrigo que nous avons contacté.

Mais pourquoi Stellantis a-t-il fait le choix radical de la résiliation alors qu’un avenant aurait pu suffire, comme cela a été le cas quand il a s’agit d’intégrer les pièces pour la marque Opel ? Sans doute pour aligner les choses à l’échelle européenne où certains pays peinent à trouver de la rentabilité et où le modèle économique est à retravailler. Les Distrigo français, bons élèves qui affichent une bonne profitabilité, font donc les frais d’une stratégie européenne.

Reste à savoir à quoi vont ressembler les nouveaux contrats et quel équilibre économique sera proposer entre le constructeur, les plateformes pièces et les concessionnaires FCA qui se voient priver de l’important chiffre d’affaires apporté par les ventes externes de pièces détachées. « Devrons-nous abonder pour palier à la perte de chiffres d’affaires des concessionnaires comme on nous demande de le faire pour certains distributeurs Opel ? » s’interroge l'adhérent.

Autre sujet d’inquiétude de la part du responsable : celle de savoir si la distribution de pièces équipementières sera pleinement intégrée ou non au nouveau contrat. « Jusqu’alors, cette distribution faisait partie d’un avenant qui nous laissait un peu de liberté dans notre stratégie commerciale. Nous pouvions traiter en direct avec certains équipementiers pour obtenir de meilleures conditions. Cela sera-t-il toujours possible demain ? » s’interroge-t-il.

L’autre question est de bien comprendre à quel jeu joue Stellantis avec ses réseaux. Le sujet de mieux coller aux changements comme la vente en ligne est évoqué dans le courrier de résiliation. De quoi susciter encore plus d’inquiétude des patrons de plaque déjà échaudés par les partenariats passés avec Feu Vert et Point S avec des conditions commerciales qui ne vont pas toujours de le sens de l’intérêt des plateformes. « Le constructeur nous a obligé dans un premier temps à faire des conditions plus favorables à Feu Vert que celles faites à nos clients MRA. Ce à quoi nous nous sommes opposés » explique notre témoin.

Alors que Renault avance vouloir intégrer pleinement l’ensemble de ses distributeurs dans sa stratégie de ventes de pièces, le comportement de Stellantis fait naître un sentiment de suspicion grandissant au sein de ses partenaires Distrigo. Au point de se demander « jusqu’où le constructeur va-t-il chercher à les court-circuiter ».

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