Dix questions à Fredéric Verbitzky, DG de Kia Motors France

Jean-Pierre JAGU-ROCHE

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Dix questions à Fredéric Verbitzky, DG de Kia Motors France

Dix questions à Fredéric Verbitzky, DG de Kia Motors France

Alors que ses ventes VP ont progressé de 17 % en huit mois, le nouveau directeur général de Kia Motors France fait le point sur les ambitions et les positions de sa marque, comme sur le tonus de son réseau hexagonal.
Dix questions pour éclairer une dynamique de conquête. Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le prochain numéro d’Auto Infos à paraître le 26 septembre.

Que représente Kia dans le monde ?

Frédéric Verbitzky : Le groupe qui englobe aussi Hyundai est passé de la 6e à la 5e place mondiale derrière Toyota, General Motors, Volkswagen et Ford. Cette progression rapide nous donne aujourd’hui une existence significative. Nous livrons actuellement 4 millions de voitures dans le monde et seul Kia a progressé de 15,8 % depuis le début de l’année avec plus de 700 000 ventes. C’est une performance remarquable et remarquée compte tenu de la difficulté du marché.

À quoi est-elle due ?

F. V. : À notre offre produit qui est, de surcroît, bâtie en fonction des régions. En Europe, notre maison mère a créé une usine de production à Zilina (Slovaquie) pour un investissement d’un milliard d’euros qui comprend aussi un centre de design piloté par le designer qui a fait le succès d’Audi et l’organisation commerciale des filiales européennes. La Ceed qui y est produite n’existe pas aux États-Unis ou en Asie. Elle reflète cette stratégie. Ce modèle est le seul sur le marché français à être garanti 7 ans. Au global, Kia produit en Europe 200 000 voitures.

Quelles sont les ambitions de Kia en Europe ?

F. V. : Représenter 1,5 % du marché d’ici à 2010 en immatriculant 500 000 véhicules. Soit le double du ratio actuel avec des attentes différentes selon les filiales.

Quel regard portez-vous sur vos résultats commerciaux depuis janvier 2008 ?

F. V. : En 2007, Kia Motors France a progressé de 3 % comme le marché. Ce fut une année de rééquilibrage au niveau des segments. Nous avons aussi privilégié la vente aux particuliers qui est plus profitable et moins volatile. Elle représente aujourd’hui 58 % de nos livraisons. L’objectif global reste d’augmenter notre parc roulant qui doit compter environ 55 000 véhicules en France. Fin juin 2008, nous étions en progression de 18 %.

Et côté réseau ?

F. V. :Aujourd’hui, nous avons 145 partenaires et devrions en répertorier 160 d’ici à la fin de l’année. En 2010, nous souhaitons nous appuyer sur 200 distributeurs.

Combien cela coûte de représenter Kia ?

F. V. : Moins cher que d’autres marques ! Nos standards sont ceux du bons sens. Nous exigeons un showroom de 300 m2 pour exposer la gamme, de la clarté et de la propreté. Ainsi qu’un vendeur dédié, un service après-vente avec trois postes de travail et un technicien rompu à la technologie. La caution bancaire est en fonction du volume. Le prix moyen d’une Kia étant de 15 000 euros, les investissements financiers et immobiliers sont tout à fait raisonnables.

L’activité Kia est-elle profitable ?

F. V. : L’activité VN est profitable car les marges sont bonnes, mais nous recherchons plus de volume pour couvrir les frais de structure. L’activité services est atrophiée alors qu’elle est censée porter à 80 % les frais fixes… Quand nous représenterons 1,5 % de part de marché avec un volume conséquent, la pompe sera largement amorcée.

Les problèmes de Kia Motors France avec son réseau sont-ils enterrés ?

F. V. : Les tensions sont apaisées. Une partie de l’organisation au siège a été restructurée avec la mise en place d’un call center pour les clients, d’un centre technique composé de trois techniciens dont un itinérant, de la constitution d’une équipe de 15 “ zone managers ” qui visitent nos distributeurs. Nous répondons à 90 % des appels du réseau pour régler un problème. Nous remboursons les garanties et payons les opérations commerciales en un mois. Nous livrons les pièces à J+1 contre J+2 l’année dernière. Le réseau investit énormément en formation chez nous puisque 181 techniciens et 110 responsables services sont venus à Nanterre. Il y a donc une belle réciprocité avec un désir de maîtrise des produits. Nous allons d’ailleurs créer un second centre de formation dans le sud de Paris. C’est effectivement l’organisation qui limite la progression d’une société quand la dynamique commerciale, la communication et les produits sont là. Kia Motors France compte aujourd’hui 75 collaborateurs. C’est une structure suffisante et bien dimensionnée pour arriver à l’objectif fixé en 2010. Bref, nous nous musclons.

La filiale française est-elle bien partie pour tenir ses objectifs en 2008 ?

F. V. : Nous sommes dans le bon rythme. Avec le bonus et le malus, il y a eu un appel énorme sur les petites voitures et nous avons perdu 200 à 250 ventes sur ce segment faute d’offres. Le client n’attend pas trois mois pour acheter une Picanto. Les volumes de l’année 2008 étaient décidés depuis longtemps. Mais nous la finirons autour de 19 700 unités.

Propos recueillis par Eloïse Le Goff-Bernis et Jean-Pierre Jagu-Roche

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