Éclairage automobile : « Que la lumière soit ! »

Antonin Moriscot

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Éclairage automobile : « Que la lumière soit ! »

120 ans d’évolution des systèmes d’éclairage chez Opel.

© Opel Automobile GmbH

En France, depuis 1899, les automobiles doivent être équipées de feux de signalisation. Au fil des décennies, d’une obligation de sécurité, l’éclairage est devenu un élément incontournable du design automobile tandis que les technologies ont fortement évolué.

La Sécurité routière le martèle chaque année à l’approche de l’hiver, plus particulièrement lors du traditionnel changement d’heure. Sur la route, « voir et être vu » est primordial. Une maxime qui s’adresse aussi bien aux cyclistes, qu’aux conducteurs de deux-roues motorisés, d’automobiles ou de poids-lourds. Le Code de la route, à l’article R 416-4, stipule d’ailleurs que « la nuit ou le jour, lorsque la visibilité est insuffisante, tout conducteur doit faire usage de ses feux dont le véhicule doit être équipé ». Les articles suivants précisent les différents types de feux dont doivent être ou peuvent être équipés les véhicules (feux de route, de croisement, antibrouillards, etc.) et encadrent leur utilisation. Aussi, « le fait, pour tout conducteur d’un véhicule à moteur, de circuler la nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, sans éclairage ni signalisation en un lieu dépourvu d’éclairage public, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe [amende forfaitaire de 135 euros, NDLR]. Tout conducteur coupable de cette infraction encourt également la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire. Cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l’activité professionnelle. Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de quatre points du permis de conduire », met en garde l’article R 416-11.

De l’acétylène à l’halogène

C’est par ailleurs depuis la fin du 19e siècle, qu’en France, les véhicules doivent être équipés de dispositifs lumineux. Un décret du 10 mars 1899 ordonnant que « toute automobile [soit] munie à l’avant d’un feu blanc et d’un feu vert ». Depuis cette date et avec l’essor de l’industrie, les techniques d’éclairage ont fortement évolué. Des chandelles aux lanternes à huile ou à acétylène des débuts, les constructeurs ont rapidement adopté l’éclairage électrique (ampoules à incandescence) sur leurs véhicules. Une technologie popularisée en 1912 par le constructeur américain Cadillac sur sa Model 30. En même temps d’ailleurs que le démarreur électrique, venu remplacer avantageusement la bonne vieille manivelle. Les innovations techniques en matière d’éclairage ne furent cependant pas abondantes dans l’entre-deux guerres, ni dans l’après-guerre. En revanche, la fin des années 60 a permis d’introduire des lampes à halogène dans les calandres des véhicules. Un dispositif qui a significativement amélioré la puissance et donc la portée du faisceau lumineux. Par la suite, les constructeurs automobiles ont intensifié leurs efforts en matière de recherche et développement, et la problématique de l’éclairage a occupé un grand nombre d’ingénieurs. « En 1991 la première BMW dotée en option d’un éclairage au xénon fut lancée en série », rappelle ainsi le constructeur allemand. Techniquement, « dans une lampe au xénon, une tension d’amorçage élevée amène le xénon, un gaz rare contenu dans l’ampoule, à émettre de la lumière moyennant un arc électrique », rappelle le constructeur bavarois.

Du xénon au « Matrix LED »

« Par rapport aux phares halogènes communément utilisés à l’époque, avec le xénon, l’intensité lumineuse triplait. Ce qui donnait aux phares une meilleure portée mais aussi un meilleur éclairage de la route. Ils étaient aussi beaucoup plus économiques : leur consommation d’énergie était un tiers inférieure, leur émission de chaleur plus faible de 40 % et leur durée de vie beaucoup plus grande », abonde-t-on chez Opel qui a lancé cette technologie en série, en 1998, sur sa familiale Omega. Avant de succomber une dizaine d’années plus tard, comme la quasi-totalité de l’industrie automobile, au charme des diodes électroluminescentes (ou LED) qui en plus d’offrir une forte luminosité ont la particularité de pouvoir être travaillées comme de véritables éléments de design. « L’éclairage est devenu le nouveau chrome », relevait avec humour Klaus Zyciora, directeur design du Groupe Volkswagen lors du lancement de l’ID.4. Ce qui a donné naissance aux « signatures lumineuses » chères aux différentes marques – baptisées, par exemple, « C-Shape » chez Renault ou « Marteau de Thor » chez Volvo (T horizontal) – permettant d’harmoniser les gammes tout en conservant les lignes spécifiques de chaque véhicule. Une astuce dont use abondamment ces dernières années Peugeot avec ses feux diurnes en dents de sabre (208, 308, 508, 3008, 5008) ou encore l’évocation des griffes du lion dans les optiques arrières.

Plus récemment encore, cette technologie a évolué avec l’apparition de son dérivé Matrix-LED (ou LED matricielles) : « les projecteurs à LED utilisent une matrice composée de points lumineux : des diodes électroluminescentes activables indépendamment les unes des autres », détaille Volkswagen. « Les projecteurs équipés adaptent en permanence et automatiquement aux conditions de circulation la portée et la forme du faisceau lumineux. Ces puissants projecteurs ont aussi la particularité de pouvoir découper le faisceau lumineux pour ne pas éblouir les voitures venant en sens inverse », complète-t-on chez Opel. « La lumière du futur se transforme petit à petit en moyen de communication. On interagit avec le conducteur et les autres usagers de la route. Peu importe qu’il s’agisse d’une voiture, d’une moto, d’un vélo ou d’un piéton : ce qui améliore considérablement la sécurité », prophétisait en 2014, Klaus Bischoff, alors directeur du design chez Volkswagen. Les prochaines productions à venir et l’avènement du véhicule autonome permettront sans doute de se familiariser avec ces nouvelles possibilités.

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