EDF : un avenir sans émissions

Raphaël Desrosiers
EDF : un avenir sans émissions

EDF : un avenir sans émissions

En rejoignant l’initiative EV100, le groupe EDF a pris la voie d’une électrification totale de son parc. Retour sur cet engagement ambitieux avec Frédéric Busin, directeur développement clients et services, et Hugues Peresson, président du comité de prescription véhicules.

Lancé à l’occasion de la Climate Week de New York par The Climate Group, une ONG œuvrant en faveur de la transition écologique auprès des acteurs publics et privés, le projet EV 100 vise à réunir de grands groupes autour d’un objectif commun : la transition de leur flotte de véhicules vers l’électrique. Une initiative qui a fait mouche puisque, quelques mois après son lancement, Jean-Bernard Lévy, P-DG d’EDF, annonçait à la presse que l’énergéticien rejoignait la quinzaine de multinationales déjà engagées.

Un signal fort pour la mobilité électrique, car avec ses 35 000 véhicules comptabilisés en France et dans ses filiales européennes – en grande majorité des véhicules particuliers et des utilitaires légers, mais aussi un bon nombre de véhicules spéciaux (nacelles, 4 x 4, etc.) – le groupe EDF SA, l’entité concernée par cet engagement, pèse un poids non négligeable face à un marché qui a franchi les 30 000 immatriculations dans l’Hexagone en 2017.

Cet engagement est également un positionnement stratégique pour l’énergéticien. « EDF a l’ambition d’être demain un acteur majeur de la mobilité électrique sur son périmètre international » explique Frédéric Busin, directeur développement clients et services, qui est aussi chef de file sur cette question au sein du groupe. « Rejoindre EV 100, c’est un moyen d’avoir une cohérence entre le discours et les actes, mais aussi une légitimité et une crédibilité auprès de nos clients », soutient-il.

Une flotte complexe

Pour cerner les enjeux qui se dessinent face à cette décision, il est nécessaire de se pencher un peu plus sur cette flotte. « Notre parc est composé de véhicules de commerciaux, de pools mis à disposition pour les déplacements de collaborateurs sur des missions particulières, de véhicules d’intervention pour les sites de production, mais aussi de véhicules liés à l’activité d’ingénierie d’EDF. Nous avons également des véhicules de maintenance et un service de transport lourd en charge des gros composants liés à la fabrication ou à l’exploitation des centrales » décrit Hugues Peresson, président du comité de prescription véhicules.

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EDF compte un certain nombre de véhicules spéciaux, notamment pour ses chantiers.

« Notre parc est essentiellement français, mais sur la partie électrique on ne s’interdira rien, précise-t-il. Près de 10 % de notre flotte est aujourd’hui électrique. » Au sujet du remplacement des véhicules spéciaux, où l’offre est aujourd’hui encore quasi inexistante, Frédéric Busin prédit, optimiste : « Le véhicule électrique est un domaine à très forte évolution. Le pari qu’on prend, c’est que l’offre va continuer à progresser très rapidement. On s’adaptera et on saisira toutes les innovations pour avancer nous-mêmes dans notre plan de déploiement. »

Difficile de parler de l’électrification chez EDF sans aborder l’épisode avorté des années 1990. « C’étaient des véhicules saupoudrés sur l’ensemble de nos unités. Chaque unité en a pris relativement peu, sans être préparée à l’utilisation des voitures électriques. Des problématiques d’utilisation du véhicule, d’autonomie limitée et d’acceptation par les utilisateurs sont apparues, relate Hugues Peresson. Les voitures sont tombées en sous-utilisation, et aujourd’hui on en récupère quelques-unes qui sont employées comme véhicules captifs. »

Pour Frédéric Busin, cette expérience souligne la question de la bonne préparation des collaborateurs qui seront amenés à utiliser cette flotte électrique. « On ne peut réussir une telle ambition que si l’on considère le dossier dans sa totalité et en particulier si l’on donne à la dimension sociale un niveau équivalent à celui la dimension technique », insiste-t-il.

Un aspect sur lequel les deux hommes sont plutôt confiants. « À partir du moment où l’orientation a été bien expliquée et l’outil bien mis en main, je n’ai jamais vu un salarié mécontent des nouveaux objets de mobilité qu’on lui proposait » explique Frédéric Busin, faisant référence à la mise en place des Kangoo ZE lorsqu’il était au comité exécutif d’Enedis. Un constat que partage Hugues Peresson : « Je peux vous confirmer qu’en général l’essayer c’est l’adopter. »

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