Électrification des parcs : les loueurs courte durée proposent quatre mesures

Antonin Moriscot
Électrification des parcs : les loueurs courte durée proposent quatre mesures

L'ensemble du coût des mesures proposées n'a pas encore été chiffré.

© L'Automobile & L'Entreprise

La branche métiers mobilité partagée du CNPA, présidée par Jean-Philippe Doyen (patron de Sixt France) présentait, mardi 12 octobre, en parallèle du plan d'investissement France 2030 d'Emmanuel Macron, quatre propositions afin de lever les freins à l'électrification des parcs des loueurs.

Réserver un véhicule électrique auprès d'un loueur courte durée est encore un geste rare. Depuis plusieurs années déjà, les grands noms de location (Sixt, Avis, Hertz...) comme les acteurs indépendants proposent des véhicules zéro émission à leurs clients. Et ils continuent à faire entrer dans leurs parcs de nouveaux modèles... une tendance qui va d'ailleurs s'accélérer puisque les loueurs sont soumis comme les flottes d'entreprise aux quotas de véhicules à faibles émissions imposés par la loi LOM. À date, les achats de véhicules 100 % électriques ont été multipliés par 2 par rapport à 2020, ceux d'hybrides par 7 et ceux d'hybrides rechargeables (PHEV) par 3,5. Or, les véhicules électriques ne rencontrent pas le succès escompté auprès de leurs clients.

« Le taux d'utilisation des véhicules électriques (38 %) est presque de moitié inférieur au taux d'utilisation des véhicules thermiques (72 %) », fait savoir la profession. Ses représentants ont donc cherché à identifier les principaux freins à la transition énergétique de leurs clients. « Il ne s'agit pas d'une question du coût puisqu'à prestations et gabarit équivalent, les véhicules sont proposés à des tarifs assez similaires », annonce d'emblée Jean-Philippe Doyen. En revanche, le manque encore cruel de bornes de recharge au sein des gares ou aéroports où nombre de loueurs ont leurs agences mais aussi en itinérance – c'est-à-dire sur le parcours des clients – tout comme l'épineuse question de la gestion du paiement de l'énergie consommée (quels badges ? terminaux CB rares, etc.), font partie des points d'attention remontés.

Les loueurs courte durée se considérant comme « des prescripteurs importants en matière d'accès et de promotion du véhicule basses émissions auprès d'usagers très divers puisque la location de véhicules permet aux consommateurs de tester des véhicules électriques, de développer leur attractivité et de susciter ainsi un comportement d'achat », ont donc formulé quatre propositions qui permettraient de faire décoller l'activité de location électrique et in fine, de permettre au marché du véhicule d'occasion électrique de se développer davantage en apportant des modèles plus abordables issus des retours de location.

Quelles propositions ?

La première proposition des acteurs de la location courte durée (LCD) formulées pour « répondre aux freins de l'électromobilité et favoriser l'attractivité du véhicule électrique » consiste à « soutenir la demande des entreprises avec une mesure à zéro euro ». Plus précisément, il s'agit de permettre aux entreprises concernées par l'obligation de verdissement de leurs flottes « d'intégrer dans leur reporting les véhicules électriques qu'elles louent en courte durée », à l'image de ceux achetés ou financés en location longue durée (LLD). La deuxième proposition portée par le CNPA consiste à « faire progresser chez les Français l'attractivité des véhicules électriques ». Ainsi, la branche métiers mobilité partagée, à laquelle appartiennent les loueurs, a imaginé la mise en place d'un « chèque location électrique ». C'est-à-dire la prise en charge partielle du coût de la location d'un VE. Le chèque en question serait « exonéré de charges sociales et simplement déduit de la facture totale ».

Comme évoqué plus haut, il est aussi question « d'accélérer le déploiement des bornes de recharge, frein opérationnel majeur au développement du véhicule électrique dans les agences de location et les entreprises des services de l'automobile qui maillent l'ensemble du territoire français ». Il a été estimé que les agences de location ont une capacité de déploiement de 2 500 bornes électriques en France. À condition de pouvoir en assumer le financement. C'est pourquoi les loueurs ont réclamé que leurs investissements soient éligibles au fonds Advenir, comme pour les entreprises. Enfin, à l'heure où débutent les premières discussions du projet de loi de finances 2022, les professionnels de la location appellent le gouvernement à « maintenir les aides à l'achat à un niveau suffisant » et plus particulièrement « à rétablir le bonus de 5 000 euros pour les véhicules électriques acquis par les entreprises » puisque ces dernières contribuent « pour 50 % à l'achat de véhicules neufs en France et que les loueurs représentent 12 % des immatriculations de voitures » dans le pays.

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