Élisabeth Borne nommée Première ministre : qu’est-ce que cela augure pour le monde automobile ?

Clotilde Gaillard
Élisabeth Borne nommée Première ministre : qu’est-ce que cela augure pour le monde automobile ?

Élisabeth Borne, ex-ministre du Travail, succède à Jean Castex comme Première ministre.

© Elisabeth Borne / Twitter

Lundi 16 mai, Élisabeth Borne a été désignée par le Président Emmanuel Macron pour succéder à Jean Castex en tant que Première ministre. Mais que réserve l’arrivée à Matignon de cette ancienne ministre de l’Écologie puis du Travail pour la mobilité des Français ?

Le suspense a pris fin lundi soir. Trois semaines après sa réélection, Emmanuel Macron a enfin dévoilé le nom du remplaçant de son Premier ministre Jean Castex. Ou plutôt de la remplaçante puisqu’il s’agit d’Élisabeth Borne, qui occupait le poste de ministre du Travail depuis juillet 2020. Celle qui a également tenu le rôle de ministre de la Transition écologique et solidaire au sein du gouvernement d’Edouard Philippe était pressentie de longue date car correspondant au portrait-robot que le chef de l'État avait dressé pour son futur bras droit, à savoir une femme aux sensibilités politiques de gauche. Mais que révèlent son parcours et ses actions pour l’avenir auto et mobile ?

Les transports et les autoroutes en ligne de mire

Celle qui a rejoint le cabinet Lionel Jospin en 1997 en qualité de conseillère technique chargée des transports – et ce pendant cinq ans – possède un ancrage marqué dans ce domaine. Après une expérience de directrice de la stratégie de la SNCF et une mission de directrice des concessions de la société autoroutière Eiffage au début des années 2000, Élisabeth Borne s’est chargée de la direction du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Écologie de 2014 à 2015. La polytechnicienne a alors obtenu, à ce poste, un allongement des concessions d’autoroutes allant jusqu’à six ans. Plus tard, lorsqu’elle fera partie du gouvernement de Jean Castex, elle soutiendra également le projet d’autoroute Toulouse-Castres et la ligne LGV Sud-Ouest, pourtant jugés climaticides car destructeurs de plusieurs milliers d'hectares de forêts. Concernant les autoroutes toujours, Élisabeth Borne s’était d’ailleurs déclarée favorable à une baisse de la limitation de vitesse de 130 à 110 km/h au micro de BFM, en juin 2020. Affaire à suivre…

Quoi qu’il en soit, son implication dans le domaine des transports ne faisait que commencer puisqu’en 2015, elle a pris la tête de la RATP et acté le recrutement de 3 000 nouveaux collaborateurs. Toutefois, c’est en mai 2017, lorsqu’elle devient ministre chargée des Transports auprès du ministre de l'Écologie Nicolas Hulot, que débute véritablement son voyage au sein du train de pouvoir. Dès 2018, elle conduit ainsi une réforme de la SNCF consistant en l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire ainsi que la reprise progressive par l'État des 35 milliards d'euros de dette de l'entreprise publique. En 2019, elle avance la mise en place d’une écotaxe sur les billets d’avion et récupère, après la démission de François de Rugy, le poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. Reproche lui a cependant été fait de n’avoir mené, durant la courte année qu’a duré son passage à l’Hôtel de Roquelaure, que des projets législatifs initiés avant son arrivée tels que la loi Énergie-climat, la loi d’orientation des mobilités (LOM) ou la loi sur l’économie circulaire.

Élisabeth, chantre des bornes et du vélo 

Désormais Première ministre, peut-être Élisabeth Borne se rattrapera sur le dossier des mobilités douces, qui semblent lui tenir tant à cœur. Celle que se dit consciente de « l'urgence écologique et climatique » actuelle a participé à rehausser les objectifs de la politique énergétique de la France, en prévoyant d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050, de faire baisser de 40 % la consommation d'énergies fossiles d'ici à 2030 (contre 30 % précédemment) et de décaler de 2025 à 2035 la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique.

Affirmant, dès 2017, vouloir donner la « priorité aux déplacements de la vie quotidienne », Élisabeth Borne s’est également engagée, lors du déconfinement de mai 2020, dans la création d'un plan destiné à favoriser la réparation des vélos et le déploiement de pistes cyclables. Des bicyclettes et des voitures électriques, est-ce donc le futur de la mobilité qu’envisagent Élisabeth Borne et son prochain gouvernement remanié, dont les membres ne sont, pour l’heure, pas encore connus ? Possible si l’on s’en réfère à un tweet de 2019, dans lequel la nouvelle Première ministre estimait le VE « bon pour la planète et bon pour le pouvoir d’achat. » Sans oublier qu’en novembre 2021, Élisabeth Borne avait aussi affirmé que l’État allait débloquer 500 millions d’euros pour accélérer le déploiement de bornes électriques – même si, aujourd'hui, la France n'a pas encore franchi la barre des 60 000 points de recharge publics. La filière automobile et les opérateurs de mobilité sont donc prévenus quant à la marche à suivre : celle-ci sera décarbonée…

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