Etude

En France, une mobilité électrique à deux vitesses

En France, une mobilité électrique à deux vitesses

Ce jeudi, l’Avere-France a dévoilé les résultats de la cinquième édition du baromètre « Les Français et la mobilité électrique », réalisé en partenariat avec Mobivia et Ipsos. Une enquête qui éclaire sur les tendances actuelles en matière de déplacement des Français mais révèle surtout des clivages profonds entre les différentes tranches d’âge.

Mené depuis 2012 à raison d’un rapport tous les deux ans environ, ce baromètre a pour enjeu de dresser une liste des tendances qui se dessinent en matière de mobilité « et savoir où en sont les Français aujourd’hui », définit Cécile Goubet, déléguée générale de l’Avere-France. Il faut dire qu’avec un recul d’une décennie désormais et l’application d’une méthodologie inchangée depuis les débuts du baromètre – à savoir un panel de 1 000 personnes âgées de 15 ans et plus construit selon la méthode des quotas afin de reconstituer une « mini France » –  pour une meilleure comparaison possible, cette enquête propose une vision d’ensemble des évolutions du secteur.

Ainsi, entre la mise en lumière d’une offre VE de plus en plus étoffée, une prise de conscience généralisée par rapport au changement climatique, une connaissance accrue du grand public vis-à-vis de l’électromobilité et une crise Covid, « ces résultats apportent un éclairage permettant à l’ensemble de la filière d’avancer sur leur stratégie », avance Bénédicte Barbry-Feltz, directrice des relations extérieures, des affaires publiques et du développement durable de Mobivia. Et notamment en ce qui concerne la perception du véhicule électrique, qui fragmente la population française en deux camps bien distincts.

Vraie fracture générationnelle

Réalisé au début du mois de novembre (avant le retour massif au télétravail), le baromètre Avere/Ipsos/Mobivia affiche des réalités déjà connues et reprises dans d’autres études, notamment que les distances parcourues quotidiennement sont en légère baisse (29 km/jour en moyenne) et que la voiture demeure le moyen de déplacement le plus utilisé avec 60 % des sondés la prenant au moins 4 fois par semaine (en regain de 2 points par rapport à 2018). Toutefois, il révèle également un fait plus inédit : une scission sociale face à l’avènement du véhicule électrique.

Bien que jouissant d’une perception globalement positive – 87 % du panel apprécie particulièrement son agrément de conduite écologique et sa dimension innovante –, son succès n’est pas égal au sein de toutes les tranches d’âge. À la question «L e véhicule électrique répond-il à vos besoins de mobilité », 42 % du panel a affirmé que oui, dont 66 % des 15-24 ans. Inversement, parmi les 58 % s’étant prononcés négativement, on dénombre 70 % des 60 ans et plus, « alors même que les personnes âgées sont celles qui se déplacent le moins », souligne Alice Tétaz, directrice d’études à Ipsos.  Les plus jeunes s’avèrent donc les plus enclins à soutenir le VE par rapport à leurs aînés, peut-être en raison de leurs lieux d’habitation dans des agglomérations où les bornes de recharge sont plus facilement accessibles, ou de leur niveau de connaissance sur les nouvelles technologies.

Un ralliement au VE plus clairvoyant

Car, comme le révèle le baromètre, plus on est informé sur le VE et ses capacités, plus cela booste notre adhésion et le sentiment de se dire qu’il correspond à nos besoins. De même, son essai en condition réelle participe à rendre son adoption plus concrète. D’ailleurs, la part des Français ayant déjà testé une voiture électrique, en tant que conducteur ou passager, a augmenté de 16 points entre 2018 et 2021, s’établissant désormais à 38 % contre 22 % il y a trois ans. L’intention d’acheter un VE, elle, reste stable depuis 2016 bien que, à présent, trois quart du panel s’admettent prêts à acheter une voiture électrique d’occasion en raison de son coût moindre, de l’offre pléthorique et des technologies récentes disponibles.

Néanmoins, l’autonomie et le prix à l’achat sont toujours les principaux freins à la matérialisation d’un projet d’achat de VE – respectivement pour 48 % et 50 % des répondants. Les attentes en matière d’autonomie se révèlent toujours prégnantes, avec des besoins à minima de 500 km pour 46 % des Français interrogés. « Les jeunes semblent cependant avancer des attentes un peu plus modérées comme s’ils avaient plus conscience des contraintes que la possession d’un VE entraîne alors que, pour les générations précédentes, la voiture doit encore être synonyme de liberté », observe Alice Tétaz. Enfin, et c’est une nouveauté parmi les craintes émises vis-à-vis du VE : l’impact de la production des batteries et de leur recyclage inquiète 42 % des sondés. Preuve que nos concitoyens gagnent en lucidité sur la question tandis que les mentalités s’ouvrent, certes un peu plus lentement, mais progressivement.

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