En septembre 2021, le marché automobile français s'est effondré

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En septembre 2021, le marché automobile français s'est effondré

En septembre 2021, le marché automobile français s'est effondré

Le mois dernier, la reprise économique n’a semble-t-il pas bénéficié à l’industrie automobile française, comme en attestent les immatriculations des voitures particulières de septembre 2021 dont la baisse s’établit à - 20,5 % par rapport à 2020 et - 22,8 % par rapport à 2019.

Alors que les prévisions de l’Insee tablent sur une croissance du PIB de 6,4 % en 2021, l’automobile est l’un des seuls secteurs à ne pas bénéficier de cet effet de relance post-covid. Les chiffres mensuels des immatriculations françaises des voitures particulières, fournis par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) par AAA Data, montrent en effet une baisse de 20,47 % en septembre 2021 par rapport à la même période en 2020 pour un total de 133 835 véhicules immatriculés. Les volumes de 2019 paraissent encore plus lointains avec un repli de de 23,21 % sur neuf mois en données brutes et de - 22,84 % sur le seul mois de septembre.

Pénurie des semi-conducteurs

Pour expliquer une telle baisse, les spécialistes avancent une crise des semi-conducteurs mondiale et les difficultés rencontrées par les pays asiatiques, principaux fournisseurs de ces composants, à reprendre une activité industrielle normale. Cette pénurie des puces touche l’ensemble des constructeurs sur tous les continents. Au point que Stellantis a pris la décision de fermer jusqu’à début 2022 une usine de sa filiale Opel implantée à Eisenach, en Allemagne. D’autres arrêts ou fermetures devraient être annoncés dans les prochaines semaines. Avec des délais de livraison compris entre cinq mois et un an pour les véhicules utilitaires, le marché automobile ne peut évidemment pas fonctionner normalement.

La pénurie des composants électroniques ne peut toutefois expliquer à elle seule cette baisse importante des immatriculations. Dans un contexte de mutation vers les énergies électriques, l’acheteur particulier s’interroge et semble perdu au moment de faire son choix en concession. Les showrooms des réseaux étaient plutôt vides durant les quinze premiers jours du mois de septembre. Rappelons aussi que l’an passé, le secteur automobile bénéficiait encore du plan de relance français après la mise en place du premier confinement.

Le CNPA souhaite « des mesures de soutien »

« Le marché automobile est, à nouveau et sans surprise, en net recul tout en se situant à rebours de l’économie française », commente Xavier Horent, délégué général du CNPA, soulignant que même le marché de l’occasion est « en baisse sensible en septembre ». Par conséquent, « nous souhaitons des mesures de soutien, telles qu’une revalorisation des modalités de l’activité partielle, et la poursuite des discussions engagées avec le président de la République depuis juillet dernier dans la perspective de définir une feuille de route pour la filière, qui doit absolument inclure la distribution et les services », fait-il aussi valoir.

Les performances des constructeurs dans le détail

Le groupe Stellantis enregistre une baisse de 28 % au mois de septembre 2021. Si Jeep (+ 0,36 %) et DS (+ 17,57 %) ont vu leurs immatriculations progresser, les autres marques du groupe ont signé des replis significatifs, à l’image d’Alfa Romeo (- 45,42 %), de Citroën (- 16,98 %), de Fiat (- 30,87 %), de Maserati (- 11,11 %), d’Opel (- 31,6 %) et de Peugeot (- 35,77 %). Les ventes du groupe Renault ont également évolué à la baisse (- 15,38 %). Celles de Renault et de Dacia ont respectivement baissé de - 20,56 % et de - 3,38 %.

Le groupe Volkswagen, premier importateur en France, affiche un recul de - 19,12 %. Ses marques ont signé des replis significatifs, à l’image de Porsche (- 25,74 %), de Seat (- 33,37 %), de Skoda (- 39,27 %) et de Volkswagen (- 20,62 %). Parmi les autres importateurs, seules les marques Hyundai (+ 31,11 %), Kia (+ 13,91 %), Land Rover (+ 28,41 %), Tesla (+ 157 %) ont vu leurs immatriculations progresser en septembre. Toutes les autres marques ont évolué à la baisse. C’est notamment le cas de BMW (- 10,66 %), Mini (- 27,71 %), Lexus (- 28,05 %), Toyota (- 29,63 %), Ford (- 37,82 %), Nissan (- 34,34 %), Mercedes (- 43,26 %), Smart (- 23,33 %), Volvo (- 28,68 %), Jaguar (- 33,33 %), Suzuki (- 15,78 %), Mitsubishi (- 64,84 %).

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