Enfin une politique industrielle ?

Luc BASTARD

Sujets relatifs :

Simultanément, en ce début 2014, le Président Hollande formule sa proposition de « Pacte de Responsabilité » qui trouve un écho très favorable au MEDEF, et le Premier Ministre saisit le Haut Conseil du financement de la protection sociale pour travailler sur une réduction significative des charges sur les Entreprises. Ceci avec en toile de fond une réflexion d’ensemble sur la fiscalité.

Ceux qui furent impliqués dans les Etats Généraux de l’Automobile, EGA, en janvier 2009 ou dans les Etats Généraux de l’Industrie, EGI, début 2010 peuvent dire « Enfin !!! »

Car dans ces deux opérations tenues au début de la crise, et qui, immédiateté politique oblige, sont passées aux oubliettes de l’histoire, le diagnostic était « cristal clear », concernant la perte de compétitivité de l’industrie française depuis 2000, notamment l’automobile, et sa principalement cause : la perte de plus de 10% de compétitivité-coût, avec ses conséquences sur la rentabilité des entreprises, les investissements limités en Produit et en internationalisation, les contraintes sur la R&D, et in fine la forte baisse du montage en France et la fragilisation des fournisseurs.

Tous les chiffres étaient explicites : l’écart de coût de plus de 1000 € au véhicule selon le lieu de montage, France ou PECO ; les charges sur l’emploi, sujet pour lequel la France est quasi championne des pays de l’OCDE ; les écarts de coûts salariaux abyssaux avec des pays européens concurrents directs. Egalement, le fait que les allègements de charge pour les bas salaires bénéficient aux activités de service, peu soumises à la concurrence internationale, et pas aux secteurs industriels, qui lui sont confrontés de front, et qui sont les moteurs de la R&D et des exportations...

Mais si les EGA ont conduit à la mise en place de la PFA, Plateforme de la Filière Automobile, timide organe de concertation dans la filière, les EGI ont fait l’objet d’un black-out politique total sur le problème déjà crucial de la compétitivité-coût, le simple mot « compétitivité » étant tabou pour les partenaires sociaux.

Nous avons donc juste perdu 4 ans dans l’industrie, et 5 ans dans l’automobile, secteur particulièrement sensible à la compétition internationale. Durant ce temps, l’automobile française a terriblement souffert, Aulnay n’étant que la partie émergée de l’iceberg.
Ironie que les initiés souligneront : Jean-Marc Ayrault demande d’étudier un maintien du pouvoir d’achat des salariés par une baisse de leurs cotisations sociales. Où a-t-on déjà lu cette idée ? Dans les propositions du MEDEF lors de la campagne électorale de 2012 !
Toute stratégie efficace s’appuie sur la (vraie) concertation entre les (vrais) partenaires, puis sur la rapidité d’action. Euphémisme à l’anglo-saxonne, nous avons « un large potentiel de progrès ».

Nous vous recommandons

Les véhicules hybrides rechargeables apprivoisent les ZFE

Les véhicules hybrides rechargeables apprivoisent les ZFE

Face au durcissement des contraintes environnementales et des réglementations, les constructeurs automobiles sont force de proposition pour apporter des solutions automatisées aux conducteurs afin de les laisser prendre la route «...

[Vidéo] Pour Michelin, le pneu 100 % durable c’est pour 2050

[Vidéo] Pour Michelin, le pneu 100 % durable c’est pour 2050

Volkswagen travaille sur le châssis du futur

Volkswagen travaille sur le châssis du futur

Kia vise la neutralité carbone à l’horizon 2045

Kia vise la neutralité carbone à l’horizon 2045

Plus d'articles