Essai - Suzuki Swace : fantastique Suzuki !

Thomas Riaud

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Essai - Suzuki Swace : fantastique Suzuki !

Le break compacte hybride Suzuki Swace est un modèle original dans un segment partagé entre 100 % thermiques et hybrides rechargeables.

© ACE Team - Suzuki Auto France

Pour compléter son offre hybride vers le haut, Suzuki s'est associé au géant Toyota et produit sous licence la Corolla break, sous le nom de Swace. Vous allez voir, cette Suzuki est fantastique !

Après le renouvellement de l’ensemble de ses gammes, déjà toutes converties à la technologie mild-hybrid (alterno-démareurs et installations 48V), Suzuki ajoute désormais le full-hybrid à son arc, en héritant du savoir-faire de Toyota. Un rapprochement logique, dans la mesure où ces constructeurs, situés tous deux dans le sud-ouest du Japon, partagent les mêmes racines, dont une histoire commune, en ayant débuté dans les métiers à tisser. Forcément, voilà qui crée des liens ! Tant mieux, car Toyota et Suzuki ont noué une alliance inédite qui va se révéler gagnante-gagnante.

En échange d’une prise de participation de 5 % dans le capital de Suzuki, et de la fabrication sous licence de trois petits modèles en Inde, Toyota cède ses droits sur le dernier SUV RAV4 et la nouvelle Corolla Touring Sports. Une manière astucieuse pour Suzuki, constructeur historique de petits SUV et de citadines, d’accéder à des modèles plus premiums, jusqu’à présent étrangers à sa gamme, dotés de surcroît d’une technologie hybride bien plus évoluée.

Suzuki, spécialiste des « clones »

Pour accéder à une nouvelle technologie, un constructeur automobile peut la développer soi-même, ce qui est long et coûteux, ou… acheter sa licence. C’est ce que Suzuki vient de faire avec Toyota, à travers un inédit accord de coopération permettant de produire à bon compte les RAV4 et Corolla Sports Tourer (break). Mais la marque japonaise a déjà, par le passé, scellée des accords semblables, donnant naissance à d’autres clones. Ainsi, souvenez-vous de la petite Splash, un minispace lancé en 2008, très proche de l’Opel Agila de l’époque. Auparavant, Suzuki avait d’ailleurs partagé dès 2000 son petit Wagon R+ déjà avec Opel, donnant encore une fois naissance à deux véhicules très proches techniquement… et sur la forme ! Enfin, rappelez-vous du Suzuki SX4, un petit SUV compact apparu au début des années 2000 qui, cette fois, devait beaucoup au Fiat Sedici. Bref, l’histoire n’est qu’un éternel recommencement !

En étant ainsi rebadgée Suzuki, la Corolla break est baptisée Swace et gagne, pour se démarquer, des optiques plus effilées et un bouclier avant redessiné. Cela ne transfigure pas pour autant le produit, mais suffit à apporter un peu de sang neuf. Y compris dans l’offre de la marque pour lui permettre de séduire tant les familles nombreuses à la recherche d’une petite familiale écolo et valorisante, que les gestionnaires de flottes.

On se fait un break ?

En intégrant cette Swace dans sa gamme, Suzuki fait opportunément un coup double, en gagnant donc d’abord un grand break (4,65 mètres), particulièrement logeable (coffre de 596 à 1 600 litres selon banquette) et d’aspect premium avec ses matériaux de qualité très correcte. Car dans ce domaine Toyota a fait, fort heureusement, des progrès tangibles ces dernières années.

Suzuki Swace coffre volume de chargement

Certes, l’ambiance n’est pas vraiment folichonne et il subsiste quelques plastiques rigides, notamment dans les parties basses du mobilier, mais il n’y a pas de quoi crier au scandale, l’ensemble étant plutôt bien assemblés. Mais l’atout majeur pour Suzuki est d’accéder à la technologie full-hybrid, semblable à celle déjà présente sur la fameuse Toyota Prius.

Suzuki Swace intérieur planche de bord

D’ailleurs, c’est exactement la même mécanique qui officie sous le capot de notre break, puisqu’on y retrouve l’éprouvé quatre-cylindres 1.8 l essence 16 soupapes de 98 chevaux associé à un petit moteur électrique de 53 kW (alimenté par une batterie lithium-ion de 3,6 kWh). Ce duo permet de revendiquer 122 chevaux en puissance cumulée, le tout étant couplé à une boîte automatique de type CVT. Un ensemble qui porte malgré tout le poids à 1 400 kg. Ce qui se ressent un peu sur les performances (0 à 100 km/h en 11,1 sec), la boîte CVT donnant en plus la désagréable impression de « mouliner » un peu dans le vide lorsque l’on accélère franchement. C’est clairement le type de conduite à éviter, même s’il existe un mode « Sport » (en complément d’Éco et Normal), la paisible Swace n’aimant pas être brusquée et privilégiant la douceur.

L'art du bon compromis

Dans ce contexte, elle excelle, et va même jusqu’à offrir quelques instants appréciables de silence si on sollicite avec parcimonie l’accélérateur, en étant capable d’évoluer sur 2 km en mode 100 % électrique. Et pour recharger, nul besoin de se brancher : cela se fait automatiquement, en roulant, en récupérant de l’énergie durant les phases de freinage ! D’ailleurs, c’est sans surprise que l’on peut surveiller les flux d’énergies en direct, en jetant un coup d’œil sur le petit écran de contrôle. En jouant la carte de l’éco-conduite, comme en anticipant sur les décélérations et en forçant par exemple le frein moteur dans les descentes, on parvient à faire tomber la consommation moyenne à 5 l/100 km. Cela reste supérieur aux données constructeur (4,5 l/100 km pour 103g de CO2/km), mais c’est remarquable vu le poids et le gabarit de cette voiture.

Mais au fait, au final, pourquoi diable choisir cette Swace par rapport à la Corolla ? La proximité d’un agent Suzuki (209 en France) peut bien sûr faire la différence. À moins que ce ne soit peut-être le style, légèrement moins torturé au niveau de la proue que sur la Toyota, donc un peu plus sobre et élégant, qui fasse la différence ? Mais le plus gros atout de la Swace reste son parfait art du bon compromis. Au moment d’acheter, Suzuki vous évitera tout mal de tête en limitant volontairement le choix à un seul moteur, une seule carrosserie, et deux finitions. Elles sont d’ailleurs toutes deux très bien équipées si on fait exception de la fonction GPS assurée via le système Android Auto ou Apple CarPlay de votre smartphone, ce qui peut être pénible à l’usage. Une vraie lacune en 2021 sur une berline compacte de ce standing, surtout compte-tenu de son prix d’attaque, fixé à 29 550 € en Privilège (31 050 € en Pack). Soit presque au niveau de la Toyota Corolla de milieu de gamme… qui intègre, elle, un vrai GPS.

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