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Essai - Toyota Aygo X : caractère relevé

Essai - Toyota Aygo X : caractère relevé

© Toyota

Mini-citadine, mini-SUV : les genres se croisent et se rejoignent pour former le « X » de la nouvelle Toyota Aygo. Une troisième génération qui monte en gamme niveau look et équipement. Ce qui s’accompagne, par conséquent, d’une hausse de ses tarifs.

Alors que le marché des petites citadines se voit déserté par les constructeurs et qu’il s’oriente surtout vers l’électrique, la marque Toyota a décidé de jouer la carte de la singularité en introduisant un petit crossover thermique dérivé de l’Aygo – modèle phare écoulé à 164 000 exemplaires depuis son lancement en 2005. La raison de cette démarche à contre-courant ? « Notre approche est de continuer à être présent sur tous les segments », plaide Ludovic Billiet, directeur marketing de Toyota France. Basée sur la plateforme GA-B de la dernière Yaris, l’Aygo X (prononcez « cross ») et ses 3,70 mètres de long viennent donc titiller la Suzuki Ignis, la Hyundai i10 et la Kia Picanto, toutes moins onéreuses.

Passe partout mais pas passe-partout

Pour faire la différence, l’Aygo X ne manque pas d’atouts à commencer par un gabarit compact et un rayon de braquage de 4,7 mètres lui conférant une belle agilité en ville. Offrant un poste de conduite surélevé, la petite dernière de Toyota use également de ses charmes en affichant un profil dynamique qui ne passe pas inaperçu. Moins rondouillarde que ces devancières, elle n’en est pas moins adorable et s’avère plus affirmée stylistiquement avec ses signatures lumineuses saillantes et sa palette de couleurs épicée (rouge piment, beige gingembre, vert cardamome et bleu genièvre) contrastée d’une élégance noire. Un design de carrosserie atypique et sophistiqué, fruit d’un temps de conception record par les équipes du technopole de Sophia Antipolis dans le Sud de la France – 34 mois contre 44 pour la précédente génération nous précise le constructeur. Toyota nous confie aussi que certains éléments comme le traitement du bi-ton pourraient se retrouver sur d’autres produits du catalogue, « bien que l’on reste attaché à ce que chaque modèle conserve sa personnalité. »

L’intérieur, qui se veut pensé en adéquation avec l’extérieur, se dévoile moins anguleux, plus courbe, voire replet, en totale complémentarité. Les sièges, en plus d’être beaux avec leurs surpiqûres à motifs azulejos, accueillent confortablement les occupants. Des efforts esthétiques se trouvent également fournis par touche dans l’habitacle, notamment sur les grilles d’aération sphériques rappelant joliment une cuillère à miel. Toutefois, on regrette beaucoup la présence (voire omniprésence) des plastiques durs parmi les matériaux utilisés. Quant au coffre, il fait moins de 300 litres de capacité de chargement mais augmente son volume jusqu’à 829 litres lorsque la banquette est rabattue. Des places arrière qui se révèlent d’ailleurs étriquées et presque accessoires car « priorité a été donnée à l’habitabilité des places avant », reconnaît Ludovic Billiet.

Une connectivité accrue pour budget dodu

Au-delà de ce bémol, on admet que Toyota a œuvré sans démériter sur le plan de la connectivité. Ainsi, l’écran (de 7 à 9 pouces suivant la finition) au tactile réactif apparaît parfaitement dimensionné dans cet espace limité. Ni trop petit ni trop grand, le compteur est basique dans son allure mais tout à fait lisible. La console de forme ovoïde, qui contient le pavé de navigation, s’intègre quant à elle sans souci dans le décor avec un jeu de couleurs subtil, tout en bichromie là encore. Malheureusement, le calcul d’itinéraires se montre lent et pas toujours fiable quand le système de lecture des panneaux se fait approximatif – mieux vaut donc se fier à ses yeux. On peut cependant compter sur la caméra de recul et les nombreux Adas désormais embarqués de série (régulateur de vitesse adaptatif intelligent, alerte de franchissement de ligne, commutation automatique des feux de route et aide au démarrage en côte notamment) pour étoffer la dotation. Bon point également pour les commandes essentielles, tels que le bouton SOS ou la désactivation des airbags, qui se trouvent à portée de main.

Côté motorisation, le choix est cette fois réduit puisque seul un bloc essence 3-cylindres 1.0 litre atmosphérique de 72 ch propulse l’Aygo X. Celui-ci s’associe à une boîte manuelle 5 rapports ou à une boîte automatique CVT en option (+ 1 000 euros). Grâce à de faibles émissions de CO2 – la légèreté de la voiture y fait pour beaucoup –, l’Aygo X échappe au malus et lorgne sur une cible client professionnelle de gros rouleurs, notamment issus des métiers de la santé et des services de proximité. Quant à imaginer une hybridation future, technologie que la marque japonaise a commercialisé en premier, « aucune motorisation n’est exclue à l’avenir mais pour le moment, sur le modèle économique, nous privilégions la version essence », déclare Ludovic Billiet. « À voir à l’avenir si les volumes de ventes déterminent un besoin d’électrification », conclut-il.

Un passage à l’électrique permettrait pourtant de remédier au moteur thermique bruyant, râlant dans les montées et faisant préférer la boîte auto, plus réceptive à nos sollicitations et moins rugissante. De même, bien que ne vibrant pas sur voies rapides malgré son poids plume, l’Aygo X semble plutôt taillée pour les zones urbaines car, en dehors de ces dernières, sa consommation de carburant avoisine les 6 litres au lieu des un peu plus de 4 litres avancés par le constructeur. Annoncé comme le véhicule le plus accessible de Toyota, l’Aygo X se rapproche quand même de plus en plus de l’entrée de gamme de la Yaris en débutant à presque 16 000 euros – quand sa devancière, qui ne présentait certes pas les mêmes prestations, démarrait ses tarifs à 13 990 euros. Peut-être que sa finition Active Business, à 108 g/km de CO2 et étiquetée à 16 490 euros, ainsi que ses délais de livraison courts (de deux à trois mois environ, garantis par sa production en Europe) joueront cependant en sa faveur. Pour autant, en se plaçant à cheval sur deux segments, l’Aygo X ne prend-elle pas le risque de voir sa concurrence démultipliée ?

Toyota Aygo X : la gamme, les prix

Finition 1.0 VVT-i 72 ch BVM5 1.0 VVT-i 72 ch S-CVT
Active 15 990 € /
Dynamic 16 990 € 17 990 €
Design 17 990 € 18 990 €
Collection 19 690 € 20 690 €
Limited / 22 990 €

Retrouvez les TCO de l'Aygo X 2022 dans le numéro 275 du magazine L'Automobile & L'Entreprise

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