Euro 7 : une norme particulièrement sévère pour les camions

Fabio CROCCO
Euro 7 : une norme particulièrement sévère pour les camions

Les émissions d'oxyde d'azote (NOx) devront être réduites de 56 % pour les poids lourds par rapport à la précédente norme Euro 6.

Alors que de futures normes touchant les émissions de CO2 des camions sont attendues, la Commission européenne a dévoilé les contours de la norme Euro 7. La proposition de réglementation est plus sévère pour les émissions polluantes des bus et des camions et le protoxyde d’azote sera désormais contrôlé pour les véhicules lourds.

Le 10 novembre dernier, la Commission européenne a dévoilé les contours de la future norme Euro 7 qui encadre la pollution générée par les véhicules motorisés, ceci afin de limiter le réchauffement climatique (rejets de CO2) mais surtout d'améliorer la qualité de l’air (rejets de particules).

La norme Euro 7 touche l’échappement, les freins et les pneumatiques des poids lourds. Les nouvelles règles régiront de même la durabilité des batteries d’un véhicule électrique. La norme souhaite s’attaquer drastiquement aux émissions de particules nocives alors que la Commission estime qu’en 2050 plus de la moitié des camions devraient continuer à émettre des polluants à l’échappement.

Les nouvelles règles sont neutres à l'égard des carburants et des technologies et fixent les mêmes limites, que le véhicule utilise de l'essence, du diesel, des systèmes de propulsion électriques ou des carburants de substitution. Le moteur à combustion interne n’est donc pas écarté à ce stade.

Les limites seront renforcées pour les camions et les autobus. Les nouvelles règles fixent également des limites d'émission pour les polluants précédemment non réglementés, tels que les émissions de protoxyde d'azote provenant des véhicules lourds.

La conformité pour les voitures et les camionnettes sera vérifiée jusqu'à ce que ces véhicules atteignent 200 000 kilomètres et 10 ans d'âge. Cela double les exigences de durabilité. Des augmentations similaires auront lieu pour les autobus et les camions.

La norme Euro 7 garantira que les véhicules ne sont pas manipulés et que les émissions peuvent être contrôlées facilement par les autorités en utilisant des capteurs à l'intérieur du véhicule pour mesurer les émissions pendant toute la durée de vie d'un véhicule.

En 2035, la norme Euro 7 réduira les émissions totales de NOx de 56 % par rapport à la norme Euro 6 pour les autobus et les camions. Dans le même temps, les particules provenant du tuyau d'échappement seront réduites de 39 % pour les autobus et les camions, tandis que les particules provenant des freins d'une voiture seront réduites de 27 %. Dans les mois à venir, la Commission européenne réexaminera les normes en matière de CO2 pour les camions et les autobus.

L'IRU circonspecte

Si l’Union internationale des transports routiers (IRU) a accueilli favorablement les propositions de la norme Euro 7, elle réclame toutefois des éclaircissements tout en se félicitant que l’option des moteurs thermique ne soit pas explicitement écartée. Aussi, elle craint que la rigueur de la norme Euro 7 puisse, dans certains cas, nécessiter une refonte complète des véhicules, avec de graves implications financières totalement disproportionnées par rapport aux avantages réels. L'IRU est également prudente quant à l'inclusion des pneus et des freins dans le champ d'application des règles Euro 7. « Un transporteur pourrait-il acheter un véhicule Euro 7 et un an plus tard, le véhicule n'est plus considéré comme étant Euro7 parce que des pneus usés ont été remplacés par des pneus d'une qualité différente ? », s’interroge l’organisation.

Une norme coûteuse et inutile pour l'ACEA

L'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) s’est dite vivement préoccupée par la proposition de la Commission européenne en précisant qu’avec les règles Euro 6, l'Union européenne dispose des normes les plus complètes et les plus strictes en matière d'émissions de polluants au monde. « Les émissions de gaz d'échappement sont déjà à un niveau à peine mesurable », réagit-elle. Pour l’ACEA, le bénéfice environnemental de la proposition Euro 7 est très limité, alors qu'elle renchérit fortement le coût des véhicules. « Pour se conformer à l'Euro 7, les constructeurs de camions devront déplacer des ressources techniques et financières substantielles, des véhicules électriques à batterie et à pile à combustible vers le moteur à combustion interne. Cela aura un impact important sur notre transition vers des véhicules à zéro émission », a déclaré Martin Lundstedt, P-DG du groupe Volvo et président du conseil des véhicules utilitaires de l'ACEA.

La proposition de la Commission sera soumise au Parlement européen et au Conseil en vue de son adoption. Le paquet législatif Euro 7 ne sera probablement pas prêt avant la mi-2024. Ce qui fait dire à l’ACEA que la date de mise en œuvre proposée, juillet 2027 pour les véhicules utilitaires lourds, est tout simplement irréaliste.

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