Fin du thermique en 2035 : les circonvolutions du commissaire européen Thierry Breton

Fin du thermique en 2035 : les circonvolutions du commissaire européen Thierry Breton

Le commissaire européen Thierry Breton joue un exercice d'équilibriste entre la fin du thermique en 2035 et la future norme Euro 7 sur le thermique.

Alors que la fin des moteurs thermiques a été actée le 27 octobre dernier, Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur, fait des déclarations qui jettent le trouble sur le calendrier menant au zéro carbone. Il insiste pour qu'une clause de revoyure, pourtant inscrite dans le calendrier européen « Fit for 55 », soit adoptée pour 2026. En fait, derrière ces déclarations se cache un épineux dossier celui de la norme Euro 7 qui, après un report de deux ans, sera annoncée prochainement. 

Le calendrier européen qui prévoit la fin de la commercialisation des véhicules thermiques essence et diesel en 2035 ne sera plus remis en question désormais. Chacun l'a compris au fil des différents votes et décisions du Parlement et du Conseil européen. De leur côté, les constructeurs automobiles sont largement engagés sur cette voie, plusieurs d'entre eux ont d'ores et déjà annoncé leur transition vers le tout-électrique en 2030, soit cinq ans avant l'échéance finale.

Rassurer la filière automobile

On peut alors se demander ce que signifient réellement les déclarations de Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur, dans un entretien donné au journal Les Échos la semaine dernière. Celui-ci a annoncé la création d'un groupe de travail réunissant l'ensemble de la filière automobile afin de préparer la première échéance de ce calendrier avec la clause de revoyure en 2026.

Thierry Breton a plaidé également pour que « les industriels continuent à produire des voitures thermiques après 2035 en Europe ». Autant la constitution de ce groupe de travail devrait permettre de rassurer l'ensemble de la filière automobile et peut apparaître comme une idée logique dans ce contexte de révolution industrielle, mais la production de véhicules thermiques après 2035 en Europe serait plutôt à contretemps pour les constructeurs automobiles.

Une clause de revoyure déjà décidée au niveau européen

Certes, la fin du véhicule thermique en 2035 ne concerne que le continent européen. Les constructeurs présents sur plusieurs continents poursuivront la commercialisation de véhicules thermiques essence et diesel en dehors de l'Europe, c'est certain. En revanche, il y a fort à parier que ces productions non électriques seront réalisées au plus près des régions encore ouvertes au thermique.

Ces déclarations de Thierry Breton sont à mettre en parallèle avec celles de Clément Beaune, ministre des Transports, le 6 novembre dernier, qui plaide, lui aussi, pour une clause de revoyure en 2026. Bien évidemment, le ministre français n'ignore pas que cette clause est déjà présente dans la déclaration du Conseil européen du 27 octobre 2022.

Bien évidemment, ces déclarations, qui n'ont pas vocation à remettre en cause le calendrier européen, jettent au minimum le trouble chez plusieurs constructeurs automobiles. Devant faire face à des investissements colossaux pour parvenir à cette échéance zéro carbone en 2035, ceux-ci ont, au contraire, besoin d'engranger de la confiance au niveau des marchés. Il en va de même pour l'acheteur qui doute encore du bien-fondé d'un véhicule électrique par rapport au thermique.

La nouvelle norme Euro 7 en ligne de mire

Pour comprendre les déclarations de Thierry Breton, il faut en réalité se retourner vers la future norme Euro 7 qui devrait être divulguée le 9 novembre prochain. Cette nouvelle norme, plus drastique encore que les précédentes, toucherait cette fois-ci les particules issues du freinage et des pneumatiques. C'est un sujet très sensible au niveau français et européen puisqu'il nécessiterait pour les constructeurs automobiles un lourd investissement dans une technologie thermique qui s'arrêterait dans moins de dix ans. Plusieurs constructeurs ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne joueraient pas sur les deux tableaux. À ce propos, Carlos Tavares, CEO de Stellantis, a qualifié d'absurde cette nouvelle Euro 7.

Les constructeurs n'investiront pas dans Euro 7

Cette nouvelle norme Euro 7, qui arrive à contretemps par rapport à la mutation vers l'électrique, provoquerait un renchérissement de l'ordre de 3 000 à 5 000 euros du prix d'un véhicule thermique. Ce dossier de la norme Euro 7 arrive au mauvais moment pour l'Union européenne. La prise en compte du freinage et du pneumatique dans ce texte européen pourrait, au contraire, convaincre les constructeurs automobiles d'accélérer la mutation vers l'électrique et l'hydrogène plutôt que d'investir encore dans le thermique.

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