Florent Menegaux (Michelin) donne les clés d’une réindustrialisation heureuse en France

Alexandre Guillet

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Florent Menegaux (Michelin) donne les clés d’une réindustrialisation heureuse en France

Florent Menegaux reste confiant pour Michelin et son plan stratégique 2030 malgré les turbulences économiques actuelles.

À l’occasion d’un événement organisé par Michelin à proximité de Turin et de son usine de Cuneo, Florent Menegaux a réaffirmé les objectifs du groupe, malgré les lourdes incertitudes économiques. Un contexte inflationniste qui devrait représenter 2,5 milliards d’euros sur l’exercice 2022.

Depuis l’usine de Cuneo, le plus grand site industriel de pneus tourisme d’Europe de l’Ouest de Michelin, Florent Menegaux, président du groupe, est d’abord revenu sur le contexte géopolitique et économique difficile. « En fait, toutes les crises continuent. Le Covid n’est pas derrière nous dans certaines régions, et cela a entraîné de profondes désorganisations de la supply chain. Nous nous retrouvons face à trois effets d’inflation marqués : les transports, les matières premières et les énergies. Nous entrons dans une période de déficit culturel de production, ce qui nourrit l’inflation », expose-t-il, avant d’avancer des valeurs chiffrées à l’échelle du groupe : « Ces foyers d’inflation ont représenté 1,5 milliard d’euros en 2021 et on estime désormais que ce sera 2,5 milliards d’euros en 2022. Honnêtement, nous espérions que ce serait plus calme… ».

Un plan stratégique 2030 confirmé

Florent Menegaux refuse cependant de broyer du noir en estimant Michelin bien positionné par rapport aux changements du marché : l’électrification des véhicules, l’accélération des innovations, et le changement du rapport au travail. « Comme les consommateurs sont devenus des consommacteurs, nos collaborateurs deviennent des collaboracteurs et dans les organisations, l’enjeu humain revient au centre des préoccupations, une place qu’il n’aurait jamais dû quitter », assène-t-il. Selon lui, les forces du groupe continuent de donner de la densité au plan stratégique 2030 qui repose sur trois piliers : la profitabilité, la démarche environnementale, et l’engagement des collaborateurs. Sans oublier la diversification du groupe vers de nouvelles activités, dont la santé, même s’il en fut moins question.

Pas de déglobalisation, mais une rationalisation de la globalisation

Un plan stratégique qui reste mondial malgré les crises actuelles et la confirmation que Michelin allait quitter le marché russe. Au passage, le groupe a dû revoir ses approvisionnements pour ses usines européennes, car le noir de carbone russe représentait 30 % des flux. Le groupe veut continuer à suivre le principe « think global, act local », en produisant au plus près des marchés, un choix qu’intiment aussi durablement les coûts du transport. En revanche, pas question de parler de déglobalisation : « Nous ne pourrons tout simplement pas le faire. Il faut rationaliser la globalisation ». Face à l’inflation, Michelin a procédé à huit augmentations de prix en dix-huit mois, dont quatre entre janvier et juillet 2022. Pour continuer à accompagner les mutations du marché, Michelin compte aussi renforcer ses investissements dans l’innovation : « Il ne faut pas toucher à ces budgets, car c’est ce qui sécurise le long terme. D’ailleurs, quand nous nous réunissons sur le sujet, nous nous disons que nous devons faire plus par rapport à tous les défis qui nous attendent. Nous allons augmenter nos investissements en R&D ».

Appel à baisser la fiscalité en France

Florent Menegaux a aussi évoqué la réindustrialisation dont on parle à nouveau beaucoup en France. Pour lui, loin des incantations, il y a des conditions à remplir pour espérer y parvenir. Tout d’abord, avoir une vision d’avenir, sachant que la France des atouts pour les tissus d’infrastructures et de fournisseurs. De surcroît, rendre les métiers industriels attractifs et c’est aux entreprises du secteur de continuer à combattre les stéréotypes et à faire des propositions de valeur séduisantes. Par rapport à la compétitivité globale du site France, Florent Menegaux désigne deux points de vigilance : « La France a des atouts mais un réel problème de fiscalité. Pour dégager 100 euros de marge opérationnelle, il faut au préalable s’acquitter de 160 euros de taxes. C’est deux fois plus que le deuxième pays européen taxant le plus. Et là où l’Allemagne a des subventions de production nous avons des taxes de production. Par ailleurs, il faut faciliter le recrutement de talents, notamment chez les jeunes. Or, le niveau scolaire moyen baisse dangereusement, en particulier en mathématiques, où des fondamentaux sont nécessaires, y compris en usine. La formation continue ne peut pas tout rattraper ».

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