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FMMC : De la bonne gestion des infrastructures de recharge

FMMC : De la bonne gestion des infrastructures de recharge

Pour cette nouvelle soirée du FMMC, étaient présents autour de la table des représentants d'Orange, de TotalEnergies et du Gireve.

© Alexis Goudeau - L'Automobile & L'Entreprise

Poursuivant la saison 2021-2022 du Fleet & Mobility Managers Club, L'Automobile & L'Entreprise s'est attardé sur le dossier sensible de la recharge en s'interrogeant notamment sur l'opportunité d'implanter des bornes aux domiciles des collaborateurs. Débats. 

Un brin provocateur, le thème du rendez-vous de février du Fleet & Mobility Managers Club optait pour le style direct : « Infrastructures de charge : chez vous ou chez eux ? ». En clair, la question épineuse de choisir d’équiper le domicile des collaborateurs de bornes était posée avec ses tiroirs : le calcul de l’avantage en nature, le statut d’appartenance de la borne, l’équité entre les salariés bénéficiant d’un véhicule de service étendu ou de fonction.

Hélène Billon, Director facilities & mobility management d’Orange, a répondu sans détour : le groupe a décidé de ne pas équiper le domicile de ses collaborateurs. « Au domicile, cela peut devenir compliqué, notamment quand il faut solliciter un syndic de copropriété. Or, dans un groupe comme le nôtre, tout le monde n’habite pas en maison individuelle. Nous ne souhaitions pas gérer des dossiers lents ou épineux », expose-t-elle. Et d’ajouter : « Nous avons décidé d’installer de nombreuses bornes sur nos sites, car nous sommes souvent les uniques propriétaires, ce qui facilite les choses ».

Orange a noué plusieurs partenariats extérieurs dans le cadre de Gireve. Le groupe a recours à des cartes pour les véhicules d’entreprises, mais fait payer les salariés qui viennent en véhicule électrique au travail. « Ce n’est pas cher, mais nous ne voulons pas que ce soit gratuit », souligne Hélène Billon.

Des projets de plus en plus grands au sein des entreprises

Pour Philippe Callejion, Directeur mobilités et nouvelles énergies chez TotalEnergies, le développement est double : les infrastructures exploitées par le groupe (stations-service, y compris sur autoroutes et sur le réseau intermédiaire, hubs urbains, une centaine étant prévus d’ici à fin 2023 avec 8 à 12 points de charge de 175 kWh), et l’activité de conseil et d’accompagnement des entreprises. Le groupe n’a pas d’inquiétude pour mener à bien ses projets, car il a sécurisé ses approvisionnements en bornes jusqu’en 2023.

« Le travail le plus important à accomplir reste au niveau de la pédagogie pour que la mutation soit pilotée en fonction des usages réels. C’est valable pour la conduite et la gestion de charge. Or, le pli n’est pas pris et c’est souvent ce qui vient altérer la maîtrise des coûts de recharge », souligne Philippe Callejon.

Aujourd’hui, TotalEnergies propose ses offres packagées comprenant les bornes et le paiement avec la carte Fleet. Et les nouveaux projets sont plus ambitieux : « Ceux qui ont déjà des bornes nous demandent de les monétiser et ceux qui lancent des projets voient plus grand, 30 bornes plutôt que 4 ou 5 », résume Philippe Callejon.

« Golden data »

Enfin, souvent sollicité durant les échanges, Éric Plaquet, président de Gireve, a présenté ses activités, la plateforme d’interopérabilité, mais surtout les données gérées (40 millions de sessions de charge sur 32 pays). De quoi avoir une vision précise des usages et des capacités de modélisation pour la prédictibilité des charges. À ses yeux, les flottes doivent exploiter ces datas pour optimiser leurs coûts et elles doivent aussi négocier des accords-cadres tarifaires avec les opérateurs de charge, voire envisager une tarification dynamique. Reste aussi à bien placer le curseur de la sous-traitance et à s’engager dans des contrats dont on peut sortir facilement, surtout en cette phase d’apprentissage. Selon Éric Plaquet, de belles perspectives s’ouvrent aux flottes par le biais de la data et d’avancées comme le plug and charge, par exemple.

Questions à... Clément Molizon, directeur général adjoint de l'Avere-France

L'Automobile & L'Entreprise : Le premier seuil de verdissement des parcs entrant en vigueur pour les entreprises concernées, on imagine que la demande en infrastructures de charge va aussi frémir sur ce front, n'est-ce pas ?

Clément Molizon : Effectivement, surtout que les orientations du programme Advenir que nous gérons vont évoluer. Les primes allouées aux flottes et à la recharge de leurs salariés seront fermées à partir de 2023, car les pouvoirs publics veulent désormais allouer les fonds aux particuliers. Il faut rappeler que plus de 25000 points de charge ont été financés sur les parkings des flottes d’entreprises en France. Dans ce contexte, il est peut-être indiqué d’accélérer ses projets et d’avancer certains projets de déploiement d’une année. 

L'Automobile & L'Entreprise : Par rapport au contexte actuel très troublé, les projets d’implémentation de bornes peuvent-ils être rapides et fluides ?

Clément Molizon : Par rapport à la disponibilité des aides, c’est le moment de se lancer pour les entreprises qui ne l’ont pas encore fait. Mais il est vrai qu’un projet peut rencontrer des problèmes d’approvisionnement pour les bornes de recharge chez certains fabricants. Or, il faut garder présent à l’esprit le fait que nous ne pouvons délivrer les primes que lorsque les premières données de connexion sont disponibles. En outre, les délais des services d’Enedis sont aussi variables et il faut tenir compte des approvisionnements des installateurs. Il y a donc des incertitudes, mais plusieurs travaux interministériels ont été engagés sur ces sujets. 

L'Automobile & L'Entreprise : Au-delà du nombre, quel regard portez-vous sur la disponibilité des bornes de recharge en voirie et sur les problèmes d’itinérance qui ne facilitent pas l’acceptation de l’électromobilité par les collaborateurs ?

Clément Molizon : C’est triste à dire, mais le problème des bornes hors de fonction en voirie renvoie au thème de la dégradation. Comme le mobilier urbain, les bornes sont victimes d’actes de vandalisme. Pour l’itinérance, un texte a été publié et il entrera en application à l’été 2022. Il prévoit des sanctions pour les opérateurs qui ne respecteront pas les règles. Enfin, j’ajoute que pour les parkings souterrains, une mission est en cours pour harmoniser les règles entre les communautés territoriales et simplifier l’ensemble. 

L'Automobile & L'Entreprise : Quelles préconisations donneriez-vous aux gestionnaires de parc aujourd'hui ?

Clément Molizon : Un peu de patience (rires). Nous avons créé un groupe de travail sur l’électrification des flottes, ce qui aboutira prochainement à la publication d’un guide pour les gestionnaires de parc.

 

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