Enquête

Former à l'éco-conduite : un petit geste pour de grands effets

Former à l'éco-conduite : un petit geste pour de grands effets

Le principe global de l’éco-conduite repose sur l’anticipation et le perfectionnement des comportements au volant.

© Nouvelle Route

Faisant référence à l’adoption d’automatismes optimisant le comportement des salariés au volant, l’éco-conduite offre de multiples avantages tels que renforcer la sécurité des collaborateurs, optimiser les coûts ou encore consolider les performances environnementales des entreprises. De quoi rendre la formation à cette pratique incontournable...

Éco-conduite, un mot à la mode dans le milieu des gestionnaires de parcs automobiles. Il faut dire que ce sujet fait l’actualité en matière de mobilité. Les dernières évolutions réglementaires inscrites dans la LOM (loi d’orientation des mobilités) ou la loi Climat et résilience encouragent en effet les gestionnaires de flotte à mettre l’accent sur le verdissement de leur parc. Pour cause : en moyenne, chaque année, les déplacements professionnels génèrent 12 millions de tonnes de CO2 en France. À cette transition énergétique obligatoire s’ajoute également une pression d’amélioration du coût total de possession des véhicules (TCO) dans un contexte économique où tous les prix augmentent, surtout ceux des carburants.

Pour pallier cette hausse, les entreprises en quête de solutions stratégiques moins onéreuses se tournent donc vers de nouvelles formes de mobilités, notamment l’éco-conduite qui vise un usage éco-responsable des véhicules. Preuve en est le lancement par WeNow d’un MOOC dédié à l’éco-conduite pour les conducteurs professionnels. À peu près à la même époque, l’Hybrid Academy (lancée par Toyota France en 2017 pour ses clients professionnels conducteurs de véhicules hybrides), a fait le choix, elle aussi, d’accélérer sur l’éco-conduite. Quant à l’entreprise spécialisée dans l’optimisation financière et environnementale des flottes automobiles, Optimum Automotive, et la société d’édition de supports pédagogiques d’apprentissage du permis, Codes Rousseau, elles ont inauguré ensemble, il y a maintenant plus d’un an, une plateforme de e-learning axée sur l’éco-conduite baptisée Easy Coach.

Prise en main et prise de conscience

Concrètement, le principe global de l’éco-conduite repose sur l’anticipation et le perfectionnement des comportements au volant. Ces techniques de conduite sont généralement dispensées lors de journées de formation articulées autour d’un volet théorique (dispensant les bonnes pratiques à adopter) et d’une mise en situation de conduite (pour les appliquer sur parcours routiers). « Elles peuvent aussi être testées sur simulateur pour éviter les déplacements et être moins polluantes », avance Nathalie Tournier, responsable pédagogique de Vanberg Prévention.

Néanmoins, « l’éco-conduite est une technique différente de celle apprise au permis de conduire dont l’objectif est d’empêcher de mettre des conducteurs dangereux sur la route. De ce fait, on n’apprend pas à conduire mais à éco-conduire. Or, si on ne passe pas par une formation pratique, certaines personnes peuvent rejeter son adoption », relève Olivier Duvert, président de Nouvelle Route, organisme délivrant des formations à l’éco-conduite et à la prévention du risque routier.

Pour autant, « l’éco-conduite n’est pas quelque chose de nouveau. Personnellement, nous animons des stages d’optimisation de conduite depuis 30 ans et, à l’époque, moins pour une dimension environnementale que pour des questions d’économie », rappelle David Raffin, directeur général et CEO d’Actua Formation. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), une conduite agressive fait en effet exploser la consommation de carburant puisque, en comparaison avec une conduite normale, celle-ci peut augmenter les dépenses en énergie de 40 %. Sans oublier que ce type d’attitude routière use aussi le moteur et les freins de la voiture... Bref, « se familiariser à l’éco-conduite baisse la sinistralité, les frais de remise en état et les émissions de CO2. Et plus la flotte est importante, plus les économies le seront aussi », indique David Raffin.

D’autres solutions existent...

La télématique embarquée peut aussi servir de support à l’adoption de cette pratique. Permettant de collecter, de remonter et de traiter les données relatives à l’utilisation d’un véhicule en temps réel, les boîtiers télématiques assurent en effet un diagnostic interne et une visibilité sur les comportements des conducteurs à bord de l’habitacle.

De plus, « pour un appel d’offres, les entreprises doivent justifier de l’amélioration de leur empreinte carbone et la télématique aide à prouver qu’elles sont vertueuses », signale François Denis, directeur général France chez Geotab, qui équipe 3 millions de véhicules dans le monde. Sans oublier que « la télématique épaule aussi le sujet de la transition vers le véhicule électrifié en analysant les kilométrages parcourus et l’autonomie réelle des VE. »

Retrouvez l'intégralité de cette enquête dans le magazine L'Automobile & L'Entreprise n° 279

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