Garantie VO label constructeur : assurance ou gestion pour compte ?

Yves Marang

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Par Yves MARANG, consultant spécialiste des garanties automobile
MARCOPRES (yves.marang@gmail.com)

Les garanties des labels VO offertes aux clients, si elles ne sont pas occasionnellement prises en charge ou fortement subventionnées par le constructeur, l’importateur ou l’organisme de financement sont généralement à la charge du distributeur qui dispose alors de deux possibilités :

- soit payer une cotisation à l’assureur recommandé par le constructeur, suivant une grille tarifaire agrée, pour couvrir les engagements de garantie contractuels du distributeur envers son client.
Cette option, favorisée par les constructeurs qui souhaitent ainsi pouvoir garantir à leurs clients par le biais du plateau technique de l’assureur une gestion homogène des prestations, indépendante du réparateur effectuant les travaux, présente l’avantage pour le distributeur d’avoir un coût fixe permettant de calculer la marge réelle dégagée à la vente du véhicule. De plus si un système de bonus-malus sur résultats techniques est appliqué, le distributeur préparant bien ses véhicules à la revente peut réduire efficacement son coût de garantie.

Pas d’aléa financier en cas de grosses réparations ni de cumul imprévisible de sinistres. Le coût du risque réel est lissé dans le temps et le distributeur dispose d’un suivi objectif et complet des réparations.
Inconvénient : le distributeur paye la taxe d’assurance de 18% sur la cotisation, non récupérable, mais les sinistres sont payés hors TVA.

- soit devenir son propre assureur en assumant intégralement le coût des réparations à venir durant la période de garantie.

Cette option qui peut sembler avantageuse parce que ne nécessitant pas de paiement immédiat d’une cotisation, mais au minimum la mise en place d’un fonds renouvelable, est cependant risquée dans la mesure où certaines interventions peuvent ne pas être déclarées au sein de la concession et des gestes commerciaux pris en charge au titre de la garantie. Pour y remédier, le distributeur doit donner des instructions en interne et demander une gestion rigoureuse au gestionnaire. Il en résulte un flou sur la rentabilité d’une vente dont la marge réelle ne sera connue approximativement qu’en fin de garantie, avec un risque de sous-estimer à terme la rentabilité de l’activité VO, surtout si le provisionnement fait par le distributeur pour les garanties en vigueur est insuffisant. De plus les DMS ne permettent pas de réintégrer facilement ces coûts variables dans le temps
Seule une approche de gestion de type assurance, c’est-à-dire sur base d’un appel de fonds équivalent à la cotisation d’assurance, mais hors taxe d’assurance, et un mécanisme d’acquisition de la cotisation par véhicule, permet de garantir la maîtrise des coûts et la connaissance de la rentabilité. Le fonds de risque en cours ainsi constitué et de préférence externalisé auprès du gestionnaire, doit être géré indépendamment des flux de cotisations payées. Des appels de fonds complémentaires sont effectués, si le fonds d’acquisition est insuffisant pour garantir les réparations futures et éviter le refus d’intervention en cas d’insuffisance de fonds.
Compte-tenu des aléas financiers liés au montant des réparations, un volume minimum de 1000 VO est souhaitable pour équilibrer le risque assumé par le distributeur sur ses fonds propres.

Dans les deux cas, le distributeur doit suivre régulièrement ses résultats avec le gestionnaire et un système informatique intégré et performant est indispensable.

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