Entretien

Hysetco : « Nous sommes leader français de la mobilité hydrogène des véhicules légers »

Hysetco : « Nous sommes leader français de la mobilité hydrogène des véhicules légers »

Loïc Voisin, président d'Hysetco.

© Hysetco

Dix-huit mois. C’est le laps de temps qu’il aura fallu à Hysetco pour se faire un nom sur le marché de la transition énergétique. Cette start-up made in France délivre une seule énergie : l’hydrogène qu’elle destine aux seuls utilisateurs de véhicules légers.

« Nous sommes numéro un dans les flottes en Europe avec près de 200 véhicules alimentés », affirme Loïc Voisin, président de l’entreprise. Alors que les constructeurs tricolores, tels que Renault (avec Hyvia) et Stellantis, s’apprêtent à commercialiser des VUL qui utilisent une pile à combustible, Hysetco est déjà prête à les ravitailler. En Île-de-France du moins car la stratégie de la start-up se focalise sur les grandes métropoles par ordre d’importance. Actuellement, trois stations permettent de faire le plein, à Roissy, Orly et Saint-Denis (porte de la Chapelle). Une quatrième n’attend plus qu’une autorisation administrative pour ouvrir porte de Saint-Cloud, à Paris.

Les gros rouleurs d'abord

Malgré des immatriculations confidentielles, portées par la Toyota Mirai 2 et le Hyundai Nexo, la demande d’hydrogène progresse. Hysetco en a écoulé 6,8 tonnes au mois de mai. Par quel miracle se demande-t-on ? L’explication se trouve dans le business model de l’entreprise. « Hysetco est une entité globale avec deux activités : l’accès à l’hydrogène et la gestion de flotte. C’est la spécificité de notre projet, contrairement à certains acteurs qui ne commercialisent que des véhicules, que des services ou que de l’hydrogène », explique Loïc Voisin.

Hysetco appuie sa croissance sa filiale Slota, qui fournit des véhicules à hydrogène, avec des services aux artisans taxis. Un marché en plein essor comme l’explique Stéphane Ptak, son directeur général : « La mobilité électrique ne correspond pas à tous les usages, notamment pour les entreprises de taxis. Elles n’ont pas la possibilité de recharger des centaines de véhicules la nuit sur leur parking ou au domicile de leurs employés. » Si l’on en juge par le nombre de taxis parisiens qui roulent en Mirai, cette idée semble promise à un bel avenir. Toyota France ne s’y est d’ailleurs pas trompée en devenant actionnaire d’Hysetco, à parts égales avec Air Liquide, TotalEnergies, le fonds d’investissement « vert » Kouros et les taxis Step.

Le défi de l'hydrogène « vert »

Toutefois, le chemin d’Hysetco n’est pas pavé que de roses. À l’heure où les arrêts à la pompe provoquent des évanouissements, l’hydrogène ne casse pas les prix. Son tarif au kilo, compris entre 12 et 15 euros, équivaut presque à celui de l’essence ou du gasoil. Et il risque d’augmenter tant que l’électrolyse se fera au moyen d’énergies fossiles, ce qui est encore massivement le cas. « Nous sommes certifiés bas carbone pour notre station de la porte de Saint-Cloud qui est alimentée par le mixte énergétique français, défend Loïc Voisin. Ailleurs, l’hydrogène est distribué par Air Liquide. » Malgré une transition bien amorcée, cet hydrogène n’est pas encore « vert », c’est-à-dire produit à 100 % à partir d’énergies renouvelables. Autre chantier sur la route d’Hysetco, celui de l’interopérabilité des stations. Chaque client enregistré utilise une application ou un badge pour refaire le plein de son véhicule. En revanche, ce sésame ne fonctionne pas ailleurs. Avant de partir en vacances en Vendée ou en Rhône-Alpes, là ou les infrastructures de recharge en hydrogène sont pourtant les plus fournies en France, il faudra souscrire à une offre locale pour espérer rentrer à la maison. Ce cloisonnement des fournisseurs, d’un autre temps, n’est pas sans rappeler celui des opérateurs de recharge pour véhicules électriques. Après des débuts certes chaotiques il a finalement été surmonté.

Retrouver l'intégralité de cet entretien dans le numéro 277 du magazine L'Automobile & L'Entreprise


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