IFPEN livre son étude sur des émissions en usage réel des véhicules

Fabio CROCCO

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IFPEN livre son étude sur des émissions en usage réel des véhicules

IFP Energies Nouvelles vient de livrer son étude sur l’évaluation des émissions en usage réel des véhicules de dernières générations. Elle plaide ni pour le diesel, ni pour l’essence, ni pour les hybrides rechargeables. Tous polluent plus ou moins et différemment selon l’usage. Ce que l’on savait déjà. Difficile d’en tirer la moindre conclusion si ce n’est de réhabiliter quelque peu le diesel.

Commandée par le Gouvernement à IFP Energies Nouvelles (IFPEN), l’étude portant sur l’évaluation des émissions en usage réel des véhicules Euro 6d-TEMP vient d’être diffusée (voir encadré).

A partir de l’analyse des émissions d’une sélection de 22 véhicules, l’étude montre les véhicules Euro 6D-TEMP, essence comme diesel, respectent en moyenne les seuils normatifs en usage réel.

Les niveaux d’émission sont avant tout dépendants des conditions d’usage du véhicule : si les émissions de CO2 et de particules fines sont moins favorables pour les véhicules essence en zone urbaine, et les émissions d’oxyde d’azote moins favorables pour le diesel en ville, les motorisations diesel sont plus favorables sur de longues distances, telles que pour des trajets sur autoroute.

Les véhicules hybrides rechargeables sont capables d’approcher le zéro émission dans le cadre de trajets courts en centre urbain et une recharge systématique. Le gain en termes d’émissions est plus modéré pour de longues distances. Si l’efficacité environnementale de ces modèles est prouvée, elle est toutefois conditionnée à l’usage du véhicule et aux bonnes pratiques en termes de fréquence de recharge par les utilisateurs.

« Ces éléments démontrent l’importance de l’adéquation entre le véhicule et son usage. La mise en place d’outils et d’actions permettant aux particuliers de faire un choix de véhicule pertinent et adapté à son propre usage, reste un levier essentiel pour réduire les émissions » estime le CNPA.

Pour le syndicat, cette étude valide la nécessité de promouvoir un principe de neutralité technologique et de ne pas opposer les différentes technologies entre elles alors que l’usage du véhicule prime.

Dans un scénario haut où les immatriculations de véhicules électriques à batteries atteindraient, en 2035, 75% des immatriculations, on parviendrait à une structure de parc où les véhicules thermiques représenteraient encore 60%, presque la moitié en diesel. Les véhicules thermiques seront donc toujours majoritaires. « Il est donc important de favoriser l’évolution technologique de ces motorisations pour accélérer la baisse des émissions » pense le CNPA.

« Nous espérons que cette étude réalisée par l’IFPEN suscite un changement matérialisé par les évolutions réglementaires qui doivent découler de ses conclusions. Elle démontre objectivement que la neutralité technologique répond aux objectifs de décarbonation de la mobilité » déclare Claude Cham, président de la FIEV.

« Le diesel n’est donc pas si mauvais que certains s’obstinent à le faire croire depuis trop longtemps » estime Olivier Lefebvre, délégué syndical central FO PSA, syndicat majoritaire. « L’heure n’est plus aux polémiques mais aux décisions publiques pour stopper au plus vite la chasse au diesel qui est non seulement une folie environnementale mais aussi un désastre industriel, économique et social. L’excellence de la filière automobile française était menacée. Elle retrouve aujourd’hui de l’espoir » poursuit-il.

« Malgré de réels progrès ces dernières années sur les motorisations thermiques, l’étude montre l’importance d’accélérer la transition vers la mobilité électrique ou électrifiée, et l’importance des conditions d’usage des véhicules hybrides qui influent sur leur niveau d’émissions » estime pour sa part Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.

Les résultats de l’étude montrent qu’à l’exception de deux cas, les émissions de polluants en usage réel respectent en moyenne les seuils normatifs, aussi bien en essence qu’en diesel, y compris dans des conditions de conduite très dynamiques ou dans des conditions climatiques froides et chaudes.
S’agissant des deux véhicules diesel à technologie de dépollution dite LNT qui ont présenté des niveaux d’émissions en NOx non conformes aux normes européennes lors des essais, l’autorité de surveillance du marché des véhicules a été saisie de ces résultats et une enquête approfondie a été lancée sur les modèles de véhicules munis de cette technologie.
En excluant ces deux véhicules diesel, les émissions moyennes de NOx dans le cadre de l’étude sont de 57 mg/km pour les véhicules diesel, contre 20 mg/km pour les véhicules essence. Les niveaux d’émissions sont plus importants sur des trajets courts (typiquement en usage urbain), du fait du fonctionnement « à froid » du moteur dans les premiers kilomètres.
Sur les émissions de gaz à effet de serre : la consommation de carburant est supérieure en essence, entraînant des émissions de CO2 supérieures de 11% au diesel.
Sur les émissions de particules : en prenant en compte l’impact des régénérations de filtres à particules, le niveau moyen d’émission des véhicules diesel est 2,8 fois plus faible que celui des versions essence.
Sur les émissions de monoxyde de carbone : elles sont de 434 mg/km pour l’essence contre 83 mg/km pour le diesel.
En ce qui concerne les véhicules hybrides (non rechargeables), l’étude montre que les émissions de CO2 sont inférieures en moyenne de 12% par rapport à un véhicule essence similaire. Ce gain est sensible aux conditions d’usage : il s’élève à 33% en ville, alors qu’il est quasi nul sur des tronçons autoroutiers.
Les véhicules hybrides rechargeables présentent des niveaux d’émissions de CO2 variables en fonction de l’état de charge de la batterie. Les émissions sont très faibles lorsque le véhicule est rechargé quotidiennement et les distances parcourues inférieures à 50 km par jour. Lorsque les recharges sont peu fréquentes ou les distances parcourues élevées (supérieures à 100 km par jour), les émissions se rapprochent de celles d’un véhicule thermique de modèle équivalent.

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