Immatriculations de voitures neuves : la chute s'accentue encore en avril 2022

Christophe CARIGNANO
Immatriculations de voitures neuves : la chute s'accentue encore en avril 2022

Le marché français dévisse encore en avril 2022 pour la onzième fois consécutive.

© Auto Infos

Le marché automobile français enregistre en avril 2022 son onzième mois consécutif de baisse. Seulement 108 723 véhicules neufs ont été immatriculés durant cette période, soit un fort repli de 31,8 %. La baisse du marché des voitures d'occasion ne permet plus de combler cet immense trou d'air de la filière automobile. 

Le marché automobile français reste terne et inquiétant en avril 2022. Selon les données fournies par la PFA, à partir des immatriculations compilées par AAA Data, 108 723 immatriculations ont été enregistrées sur cette période, soit une nouvelle baisse de - 22,58 %. Avec les véhicules utilitaires, le repli est de - 31,8 %, tandis que le marché VP+VU est à - 24,63 %. « La baisse du marché se poursuit sur fond d’une forte diminution des énergies thermiques et d’une nouvelle poussée de l’électrification, analyse Jérôme Billon, directeur général de AAA Data. Le marché occasion est également en baisse, avec la recherche de véhicules économes et l’accentuation de la désaffection des crit’Air 3, 4 et 5 ».

L'empilement des crises – sanitaire, semi-conducteurs puis guerre en Ukraine – affaiblissent la filière automobile de mois en mois. Aucune visibilité n'est donnée en 2022 sur une éventuelle perspective de reprise. Le marché 2022 pourrait atterrir à moins de 1,5 million d'unités, ce qui va poser de nombreuses questions sur la rentabilité du secteur à terme.

Presqu'une année entière de baisse ininterrompue

C'est ainsi le onzième mois consécutif de baisse avec un jour ouvré en moins en avril 2022 par rapport à 2021. Presqu'une année entière de baisse pour l'automobile neuve en France. C'est un triste record qui pose plusieurs questions sur la suite de l'année et les projections sur la rentabilité de la filière automobile dans ce contexte où les aides de l'État, allouées à l'occasion de la crise sanitaire, sont désormais terminées.

Les constructeurs ont atteint en 2021 des niveaux de rentabilité record grâce au triptyque : dynamique positive de certains marchés, baisse des charges et hausse des prix des véhicules. Moins de volume, plus de rentabilité, des besoins de mobilité automobile toujours aussi contraints ; et si l’équation n’était pas si mauvaise pour les marques automobiles ? Reste la question de la soutenabilité de ce nouveau paysage face au pouvoir d’achat des automobilistes et la crispation du marché de l'occasion.

100 000 véhicules non livrés au premier quadrimestre

« Les tendances du mois d'avril 2022 sont la recherche d’économies à la pompe, la forte électrification du marché et la poussée des SUV », rappelle l'analyste de AAA Data. Les chiffres montrent un déficit de 100 000 livraisons entre le premier quadrimestre 2021 et 2022. En l’absence d’éclaircies prochaines sur tous les fronts, la tendance annuelle plonge maintenant vers un marché neuf à moins de 1 500 000 unités, soit un retour à 1975 et 1971. La récente confirmation d’un niveau de commandes cumulées équivalentes à 2021 pourrait tempérer cet atterrissage pessimiste du marché français mais à la condition de pouvoir produire et livrer.

Les marques françaises en forte baisse

Dans le détail des immatriculations, le groupe Stellantis accuse une baisse de - 29,25 % en avril. À l'exception d'Alfa Romeo (+ 196 %) et de DS (+ 1,03 %), toutes les marques ont signé des replis significatifs, à l'image de Jeep (- 38,32 %), Citroën (- 33,94 %), Peugeot (- 32,26 %), Fiat (- 1,7 %). Le groupe Renault affiche, lui, une chute de - 20,96 %. Si les ventes de Dacia ont progressé de 6,54 %, celles de Renault ont en revanche chuté de - 31,67 %.

Les importateurs en grande souffrance

Sauf quelques rares exceptions, les importateurs subissent également l'ampleur de cette crise inédite des livraisons. C'est le cas du groupe Volkswagen, le premier importateur dans l'Hexagone, qui affiche un repli de - 30,23 %. À l'exception de Cupra (+ 161,96 %), toutes ses marques ont évolué à la baisse : Audi (- 30,94 %), Porsche (- 35,23 %), Seat (- 57,07 %), Skoda (- 17,46 %) et Volkswagen (- 31,19 %).

Les marques BMW (- 18,63 %), Mini (- 43,41 %), Lexus (- 49,78 %), Toyota (- 20,38 %), Mercedes (- 28,48 %), Smart (- 20,51 %), Hyundai (- 8,43 %), Volvo (- 50,12 %), Jaguar (- 72,2 %), Land Rover (- 43 %), Suzuki (- 24,56 %) et Tesla (- 54,03 %) ont également marqué le pas au mois d'avril.

Ford, Nissan, Kia et Mitsubishi épargnées par la crise

Un groupe de quatre marques – Ford (+ 10,88 %), Nissan (+ 47,84 %), Kia (+ 9,09 %) et Mitsubishi (+ 158 %) – s'en sort plutôt bien dans ce contexte.


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