Le marché automobile français boucle son pire premier trimestre depuis 40 ans

Le marché automobile français boucle son pire premier trimestre depuis 40 ans

La branche des concessionnaires VP de Mobilians souligne les mauvais résultats du marché automobile français au premier trimestre 2022.

© Auto Infos

Dans une note de conjoncture sur le marché automobile français au premier trimestre 2022, la branche des concessionnaires VP de Mobilians souligne une crise sans précédent qui devrait aboutir en fin d'année à un volume en deçà des 1,5 million d'immatriculations de véhicules neufs : une première depuis 1975. Ce constat ne permet pas d'être optimiste avec des conséquences systémiques sur l'ensemble de la filière amont et aval.

 

Pandémie, pénurie de semi-conducteurs et guerre en Ukraine sont autant de chocs violents qui ne permettent pas d'envisager une sortie de crise à court terme. « Nous constatons par ailleurs une décorrélation nette entre l'évolution du pouvoir d'achat des ménages et l'évolution des prix catalogue : le canal des ventes à particuliers, notamment, n'a en effet jamais été aussi bas », rappelle la branche des concessionnaires VP de Mobilians (ex-CNPA) en préambule. L'analyse détaillée réalisée par la branche des concessionnaires VP de Mobilians permet d'avoir une vision globale de ce marché automobile français, un marché bousculé de la même manière dans l'ensemble de l'Europe sauf en Allemagne.

Le carnet de commande plein : ce n'est pas suffisant

L'évolution positive du carnet de commande en mars – une première depuis octobre dernier – ne constitue pas un critère de satisfaction. Elle peut s'expliquer par des facteurs conjoncturels, comme l'augmentation des prix de l'essence, l'anticipation de nouvelles hausses de prix catalogue, ou les incertitudes liées à la pérennité des dispositifs d'aides à l'achat.

Aucun horizon de sortie de crise à court terme

Lors de chaque crise, le plus important c'est évidemment les perspectives d'une sortie de crise. Ici, en raison de l'empilement des différentes crises, cet horizon est impossible à prévoir, ce que souligne Mobilians.

« Même si l’on peut considérer que le pic de crise sanitaire est derrière nous (tout au moins en Europe), la pandémie n’est pas terminée », rappelle cette note de Mobilians.

  • Pas de retour à la normale sur le front des semi-conducteurs avant 2023, voire 2024 selon BMW et VW.

  • L’« opération militaire spéciale » de Poutine impacte immédiatement l’industrie automobile européenne : l’Ukraine est le premier pays producteur de faisceaux électriques à destination des constructeurs automobiles et plus particulièrement des marques allemandes. Relocaliser la production ukrainienne en Europe de l’Est (Roumanie/Pologne) ou en Afrique du Nord (Tunisie/Maroc) nécessitera plusieurs mois (formation d’environ 55 000 ouvriers plus délais de livraison des machines-outils pour équiper les nouveaux sites de production). Sans compter que l’issue du conflit (et le chiffrage de ses impacts économiques) est impossible à déterminer.

La relative résistance du marché du particulier

La (très) relative résistance du marché du particulier, avec « seulement » - 7 % sur le mois de mars (isolé) est une fausse bonne nouvelle, pour deux raisons :

  • Dans un contexte de très fortes tensions sur les approvisionnements, il est logique que ce soient les ventes tactiques qui « plombent » le marché.

  • Le canal des ventes à particuliers n’a quasiment jamais été aussi bas (sauf à remonter au premier choc pétrolier), tant en valeur absolue qu’en valeur relative. Si l’on prend pour comparaison l’année 2007 (marché France « normatif » environ 2 000 000 d’unités).

« Une "heureuse surprise" cependant (à valider au deuxième trimestre) : l’évolution des commandes VP repassée en positif sur mars (période isolée) alors qu’elle était en territoire négatif depuis l’automne 2021, rappelle en substance Mobilians. Il est cependant possible que ce ne soit qu’un "feu de paille" déclenché par l’anticipation d’une hausse des prix catalogue au 1er avril et la forte augmentation du prix des carburants (accélération des prises d’ordres concernant les véhicules électrifiés) ».

Une année 2022 sans les aides de l'État

Contrairement à 2020 et 2021, où la profession a pu bénéficier d'aides de l'État et notamment du chômage partiel total, l'ajustement a pu se faire sur les heures travaillées. En 2022, ils risquent de s'effectuer sur les effectifs salariés, avec de probables défaillances d'entreprises à anticiper. Selon un sondage réalisé par la branche des concessionnaires auprès des adhérents en avril 2022, 43 % des distributeurs pensent devoir réduire leurs effectifs, et 46 % d'entre eux l'envisageant dans les trois prochains mois.
Pour accéder à la note de conjoncture de Mobilians, c'est ici.

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