Jean-Dominique Senard : « Renault est en train de rebondir sous la houlette de Luca de Meo malgré un contexte difficile »

Yelen BONHOMME-ALLARD
Jean-Dominique Senard : « Renault est en train de rebondir sous la houlette de Luca de Meo malgré un contexte difficile »

Le groupe Renault a présenté mardi la transformation de son usine de Flins en Refactory, symbole de ses ambitions dans l’économie circulaire.

© Renault

Dans le cadre du plan Renaulution, le projet Refactory s’inscrit au cœur de la stratégie de développement industriel et durable engagée par le groupe. Celui-ci a vocation à être déployé plus largement en Europe, comme au sein de l’usine de Séville, en Espagne.

« Il y a un an, lorsque nous avions annoncé le projet de Flins, rien n’était certain hormis le fait que nous allions le faire. Ce qui n’était qu’un projet est devenu réalité », lance Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration de Renault Group, en guise d’introduction. Mardi 30 novembre, les principaux dirigeants du groupe au losange avaient convié toute la presse spécialisée et nationale pour célébrer le premier anniversaire de la Refactory installée à Flins-sur-Seine, dans les Yvelines. Depuis sa transformation en faveur du développement durable il y a un an, le site est devenu la première usine européenne dédiée à l’économie circulaire de la mobilité. « Trois mots me passent par l’esprit : fierté, promesse tenue et confiance, poursuit-il. Notre fierté est grande. Voir un site qui se transforme de cette manière, dans un délai aussi court est un événement en lui-même. Il ne s’agissait pas d’une simple optimisation d’un site, qui est finalement quelque chose d’assez classique dans la vie industrielle, mais de la transformation radicale d’un site historique septuagénaire. Cette promesse tenue réussie donne confiance par rapport à l’avenir du groupe. Renault est en train de rebondir sous la houlette de Luca de Meo et l’équipe qui l’entoure, en dépit d’un contexte qui n’est pas des plus facile ».

Quatre domaines d’activités

« Cette transformation est la première phase du projet Renaulution, celle de la résurrection, souligne à son tour Luca de Meo, CEO de Renault Group. En un an, l’usine de Flins est devenue la Refactory. C’est un nom, c’est une vision, mais c’est surtout un modèle de business dont la chaîne de valeurs est triple : économique, sociale et environnementale ». Dans les faits, la Refactory se présente comme un écosystème articulé autour de quatre pôles interconnectés que sont « Re-trofit », regroupant les activités de rétrofit et de reconditionnement des véhicules d’occasion au sein de la Factory VO. Depuis septembre 2021, le site a reconditionné vers l’électrique plus de 1 500 véhicules et prévoit d’ouvrir ses activités au retrofit de véhicules utilitaires d’ici à 2023. Le développement de nouvelles activités comme la réparation de carrosserie lourde est également envisagé. Au sein du deuxième, baptisé « Re-energy », Gaia assure la réparation des batteries et leur réemploi. Si 2 000 actes de réparation seront réalisés d’ici à la fin de l’année, la filiale de Renault prévoit d’augmenter la cadence en parvenant à 20 000 réparations annuelles à l’horizon 2030 « et peut-être plus si on a les batteries à recycler avec l’essor du marché électrique », nuance Luca de Meo. Autre annonce : dans le cadre de la co-entreprise Hyvia, dédiée à la mobilité hydrogène, le site de Flins accueillera également dès 2022 les activités d’assemblage des piles à combustion, des stations de recharge et de fourniture d’hydrogène.

Comme son nom l’indique, « Re-cycle » rassemble les activités de recyclage, de réemploi de pièces et de matières. Toutefois, Renault prévoit également de développer la réparation des cartes électroniques au sein de ce même pôle. La marque au losange compte sur l’arrivée progressive des équipes de l’usine de Choisy-le-Roi, prévue entre 2021 et 2022, pour accroître ses performances dans ces domaines. Enfin, à travers l’entité « Re-start », Renault prévoit de créer un centre d’innovation de formation au service de l’industrie 4.0 (prototypage des VU, impression 3D, retrofits des robots etc). Début 2022, ce pôle intégrera également un incubateur dédié à la recherche et à l’innovation en économie circulaire. Des formations académiques et professionnelles seront assurées auprès des 700 collaborateurs actuels de Flins et des futures recrues. À l’horizon 2030, le site prévoit de créer 2 300 autres emplois. L’ensemble de ces activités génèreront 200 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2025, et « on pense atteindre un montant à dix chiffres pour la fin de la décennie ». Enfin, ces quatre pôles entendent atteindre une neutralité carbone pour le groupe en Europe d'ici à 2040.

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