Journée de la filière automobile : concilier enjeux environnementaux, industriels et sociaux

Victoire de Faultrier-Travers
Journée de la filière automobile : concilier enjeux environnementaux, industriels et sociaux

Il est urgent d'avoir un « calendrier clair et des règles du jeu claires » pour Luc Châtel, président du Comité stratégique de la filière automobile.

© Décision Atelier

La Journée de la filière automobile s'est terminée par l'intervention du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance. Avant d'évoquer avec Bruno Le Maire les trois piliers prioritaires du gouvernement, la dernière table ronde avait pour thème : « Comment concilier objectifs environnementaux et enjeux industriels et sociaux dans les territoires dans le cadre des transformations en cours ».

Sur la route de l'électrification, la filière, amont comme aval, se diversifie profondément. Des emplois vont disparaître, des emplois vont être créés et des tensions vont voir le jour. Selon les différents participants à cette discussion, Florent Menegaux (président du groupe Michelin), Marie Cheron (responsable mobilité de la Fondation Nicolas Hulot), Jean Rottner (président de la région Grand-Est) et Éric Trappier (président de l'Uimm), avec tant de mutations, il est utile de créer un écosystème qui collabore, ainsi que des pôles de compétences. Il est également intéressant de mobiliser l'industrie pour qu'elle propose une mobilité en adéquation avec les questions environnementales. L'objectif est aussi de faire de la filière automobile une filière solidaire, un défi quotidien apparemment. Côté équipementier, Michelin confirme sa feuille de route « Tout durable 2030 », qui a l'audace d'annoncer une croissance soutenue, tout en cherchant l'économie de la ressource, et en investissant dans la R&D. « Apprenons à utiliser les technologies pour faire plus de mobilité, avec moins d'impacts », ajoute Florent Menegaux, président du groupe Michelin.

La problématique qui ressort de cette table ronde est le trajet de décarbonation d'ici à 2050 qui doit se faire avec toute la filière et les territoires. L'une des principales pistes évoquées est la formation. Selon le président de l'Uimm, « nous gagnerons la bataille de la transformation de la filière avec la formation », notamment en travaillant avec l'Éducation nationale. L'objectif est ici de rendre le secteur automobile de nouveau attractif et, avec lui, les territoires.

Le gouvernement avance ses trois piliers

Luc Chatel, président du Comité stratégique de la filière automobile, a repris une deuxième fois la parole pour conclure cette journée. Il félicite la filière d'approcher cette « mutation avec beaucoup de courage dans ce contexte de crise(s) sans précédent ». L'objectif pour la France est de rester dans la course. Le rebond se fera avec des investissements massifs dans cette transformation (17 milliards en cinq ans), afin notamment que la France redevienne compétitive, de doper l'innovation dans le secteur, et d'aller plus loin. Enfin, pour réussir cette transition, il est indispensable d'investir dans l'électrification intelligemment. C'est pourquoi, répète Luc Chatel, il est urgent d'avoir un « calendrier clair et des règles du jeu claires ».

Des demandes en accord avec la pensée du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance. Dans son propos, Bruno Le Maire a également abordé l'indépendance de l'industrie automobile française, avec comme but de « réussir la reconquête industrielle de la France ». Pour cela, le ministre rappelle les soutiens politiques avec le plan diesel, le plan auto France Relance, ou encore le fonds avenir auto. L'important est, d'ici à 2030, d'accélérer la recherche sur les batteries, l'électronique de puissance, toujours pour gagner en indépendance, pour laquelle « nous devons mettre le pied au plancher ». La stratégie du gouvernement tient ici en trois piliers.

Tout d'abord, Bruno Le Maire indique vouloir relocaliser la chaîne de valeur en France, ce qui sera positif en termes social, économique et environnemental. Puis, comme abordé plus tôt, l'idée est d'amener la filière vers une plus grande solidarité, vers plus d'écoute, de respect et de coopération. Enfin, le troisième pilier repose sur la création de nouveaux emplois (sans oublier la formation). Cette stratégie d'indépendance et d'attractivité à la française sera bientôt étayée par le président de la République.

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