Journée de la filière automobile : Luca de Meo estime que la France peut encore rattraper son retard

Alexandre Guillet

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Journée de la filière automobile : Luca de Meo estime que la France peut encore rattraper son retard

Luca de Meo, directeur général du groupe Renault, estime qu'un autre futur est possible.

© Auto Infos

Dans une brillante allocution, Luca de Meo, directeur général du groupe Renault, a pointé les lacunes actuelles de la France et de l’Europe, tout en estimant qu’il n’était pas trop tard pour retrouver une part importante de la valeur ajoutée sur l’électrification.

Lors de son intervention à l'occasion des Journées de la filière automobile de la PFA à Paris, Luca de Meo, directeur général du groupe Renault a rappelé « qu'à bien des égards, l’Europe est dans une situation de rattrapage, par rapport aux matières premières, par rapport à la chaîne de valeur de la batterie, par rapport à la digitalisation, au stockage de la data. Donc, le Green Deal, c’est une opportunité majeure pour l’Europe, c’est ainsi qu’il faut le voir ».

« La vraie bataille : celle de la valeur ajoutée »

« En France, l’automobile est en recul dans le PIB, plus fortement que l’industrie dans son entièreté et nous sommes en retrait par rapport à des voisins européens. On a un problème de coût de main-d’œuvre, inutile d’ergoter. 

La vraie bataille, c’est celle de la valeur ajoutée. Avec une approche horizontale, collaborative, de l’amont à l’aval. Au départ, il y a la production. Il faudrait que d’ici à 2030, on produise 2 millions de VE en France. Pour que ce soit pérenne, il faut ajouter 5 000 euros de valeur ajoutée par véhicule en France, via les composants, le software de management des batteries, etc. ».

« Ne pas négliger l'aval de la filière »

« Il ne faut pas négliger l’aval. Notamment pour créer selon les principes de l’économie circulaire des boucles fermées pour les matières premières coûteuses et les terres rares. On peut retrouver 1 000 euros en fin de cycle de chaque batterie. Si nous y parvenons, si nous arrêtons de ne faire que nous défendre, le catenaccio, nous allons créer de la valeur et des emplois. Renault va aller dans ce sens, mais nous savons tous que l’industrie automobile va changer fondamentalement. 25 % des entreprises de la filière sont en danger, mais de nouveaux domaines émergent et représentent de la valeur et des emplois. La transformation va nous coûter, il ne faut pas le cacher, surtout dans une période où il n’y a pas beaucoup de cash. La question de la neutralité énergétique est souvent remise en avant, mais le débat a été tranché me semble-t-il, si on regarde les réglementations qui sont adoptées en Europe, comme en France. »

« Avant de sortir nos mouchoirs, passons à l'action ! »

« Avant de sortir nos mouchoirs, il faut que nous prenions tous nos responsabilités. Renault n’est pas parfait, mais on va dans ce sens. L’effort sur la formation doit être renforcé en France, nous n’en faisons pas assez dans ce domaine. D’ici à 2024, nous allons produire neuf nouveaux modèles en France, dont sept 100 % électriques qui seront produits dans le Nord. Les moteurs seront produits à Cléon. C’est un choix économique, car nous ne comptons pas sacrifier notre rentabilité à la France. Nous allons embaucher 2 000 personnes pour la production et au moins 500 personnes pour nous donner les compétences dont nous avons besoin. Nous déployons aussi un programme d’actualisation des compétences pour 10 000 de nos collaborateurs. Nous travaillons aussi pour bâtir un écosystème global sur l’électrique, avec de nombreux partenariats ciblés. Le mot d’ordre, c’est l’action, pour faire de la France un ''EV hub''. Avec, dans une logique de mobilisation écosystémique, trois batailles à gagner : valeur ajoutée, compétences d’innovation, adoption du VE par les Français. Un autre futur est possible, nous devons nous en convaincre, même si c’est difficile ».

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