L’État annonce un plan covoiturage à plus de 150 millions d’euros

L’État annonce un plan covoiturage à plus de 150 millions d’euros

Objectif du plan : passer de 900 000 trajets de covoiturage du quotidien (moins de 80 km) actuellement à 3 millions d’ici à 5 ans afin d’économiser 4,5 millions de tonnes de CO2 par an.

Afin de promouvoir la mobilité mutualisée pour les trajets courts et réduire ainsi un autosolisme énergivore, le gouvernement vient de dévoiler un plan de covoiturage. Avec ses 14 nouvelles mesures, dont un bonus aux nouveaux adeptes de cette pratique, ce programme fait suite au premier plan de 2019.

La fin de la voiture thermique est prévue pour 2035, en vue d'atteindre la décarbonation totale du parc roulant en 2050. Toutefois, au-delà de la motorisation des véhicules, c'est l'usage de l'automobile individuelle qui doit également être remboursé à la baisse. Pour cela, le covoiturage apparaît comme la solution à privilégier pour l'État, qui vient donc de dévoiler son nouveau plan de covoiturage pour la période 2023-2027.

Alors que le Covid et les confinements de ces deux dernières années n'ont pas aidé à l'adoption du covoiturage, ce dispositif incitatif ambitieux, au terme des cinq années prochaines, de voir passer le nombre de déplacements covoiturés de 900 000 aujourd'hui à millions demain – un couple passager/conducteur équivalant à deux trajets – dans le but d' économiser 4,5 millions de tonnes de CO2 par an. En somme, « le covoiturage est un levier puissant d'amélioration de la qualité de l'air qui s'avère aussi bon pour le pouvoir d'achat car partager ses trajets permet de partager ses frais et d'économiser environ 2 000 euros année », souligne Adrien Zakhartchouk, conseiller du cabinet de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Épauler les initiatives locales

Afin d'accompagner ce « changement de comportement de façon simple, fluide et attractive financièrement », le plan de covoiturage s'articule autour de 14 mesures dont trois principales qui représentent, à elles seules, une enveloppe de 150 millions d'euros mobilisée dès 2023 mais qui pourra être ajustée en 2024 suivant l'évolution des habitudes de mobilité.

La première action consistera, à hauteur de 50 millions d'euros, à soutenir les collectivités engagées dans le covoiturage sur la base du principe 1 euro dépensé par les collectivités, 1 euro dépensé par l'État. « Les incitations déployées sur les territoires fonctionnent, il faut donc amplifier cette tendance », justifie Adrien Zakhartchouk. La deuxième mesure, elle, concerne le soutien aux collectivités mais dans le domaine des infrastructures pour la mise en place de voies réservées au covoiturage, de zones de stationnement dédiées ou encore la réalisation d'études préalables, pour 50 millions d'euros débloqués dans le cadre du Fonds vert, là aussi.

Du chemin à chemin… avant de bénéficier d'un bonus

La troisième, enfin, offrira un bonus covoiturage de 100 euros, idée déjà présentée lors du plan sobriété. D'une durée d'un an (à partir du 1er janvier et jusqu'au 31 décembre 2023), celui-ci sera financé par les énergéticiens partenaires des plateformes de covoiturage et reposera sur le dispositif des certificats d'économie d'énergie. Il sera versé en deux fois aux bénéficiaires, à savoir les nouveaux conducteurs inscrits pour entreprendre des trajets de covoiturage du quotidien (soit moins de 80 km). La première prime – qui pourra prendre la forme d'un bon d'achat pour produits de consommation courante ou d'un virement selon le choix de l'opérateur de covoiturage – s'élèvera à 25 euros et sera débloquée dès le premier trajet.

Pour toucher les 75 euros restants, le conducteur devra effectuer neuf autres trajets en covoiturage quotidien dans un délai de 3 mois après le premier trajet. Une incitation cumulable avec d'autres subventions qui ne s'adresse donc pas aux passagers, ceux-ci ayant droit à d'autres aides également prévues dans le plan de covoiturage 2023-2027 via d'autres dispositifs. Parmi les autres modalités, l'État entend en effet développer le covoiturage auprès des agents publics, étudier le potentiel du covoiturage en milieu scolaire , périscolaire et dans l'enseignement supérieur ou encore renforcer l'observatoire national du covoiturage pour compléter et recenser les politiques locales en faveur de cette pratique.

Les entreprises poussées à en faire plus pour le covoiturage

Parce que « le covoiturage est un mode de déplacement nécessaire dans les régions où les services de transports en commun ne sont pas suffisants ou que les mobilités douces ne sont pas praticables » et que « l'amélioration de la mobilité domicile-travail est un axe primordial, il faut outiller les employeurs et récompenser les entreprises qui auront incité l'adoption du covoiturage quotidien » fait valoir Claire Viellard, conseillère Innovation et Stratégies de mobilité du cabinet de Clément Beaune. En plus de promouvoir un label employeur pro-mobilité durable aux sociétés intégrant le covoiturage dans les forfaits mobilités durables, le plan assure également un meilleur suivi numérique de ce dispositif et la création d'un site (covoiturage.ecologie.gouv.fr) répertoriant la liste des politiques tarifaires des collectivités et des autorités organisatrices de la mobilité (AOM).

Celui-ci servira aussi à relayer les appels à manifestations d'intérêt ainsi qu'à structurer cet écosystème du covoiturage en réunissant toutes les parties impliquées dans le comité de suivi car « ce plan donne un cap clair mais reste avant tout sur la mobilisation collective. Aux acteurs de la mobilité et à la population de se saisir de ce plan », note Adrien Zakhartchouk. Qui précise que le cas des radars de contrôle/sanction des voies dédiées au covoiturage n'est pas révélé par ce plan et que l'expérimentation, en cours, de ces voies réservées devrait donner lieu à un premier retour l'été prochain.

Quid du plan covoiturage 2019-2022 ?

Un premier plan covoiturage 2019-2022 avait été annoncé par Élisabeth Borne le 28 novembre 2019. Parmi les mesures ayant dû populariser (un peu) le covoiturage, il y avait :

  • l'inclusion du covoiturage dans le forfait mobilités durables. 56 % des employeurs privés ayant déployé l'ont ouvert au covoiturage.
  • quatre expérimentations de voies réservées au covoiturage sont en cours sur les autoroutes et routes expresses desservies.
  • la mention #SeDéplacerMoinsPolluer sur les affichages publicitaires promouvant les voitures, obligatoire s depuis le 1er mars 2022.
  • l'affichage, par les applications GPS comme Waze, Google Maps ou Mappy, des quantités de gaz à effet de serre rejetées lors de chaque trajet, effectif depuis le 3 août 2022.

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