L’IA dans l’automobile : entre enthousiasme et inquiétudes

L’IA dans l’automobile : entre enthousiasme et inquiétudes

© Pixabay

À l’occasion de la septième édition du Club Auto de la Fiev, de nombreux acteurs de la filière automobile ont exposé leur vision envers l’intelligence artificielle, qui prend de plus en plus de place dans le monde de la mobilité.

« Bien que nous ayons perdu une année de marché de l’IA dans le domaine automobile à cause de la crise sanitaire du Covid, le véhicule autonome est une innovation globale et majeure qui va bouleverser plusieurs secteurs, de la livraison au transport en passant par l’après-vente. » C’est par ce constat que Franck Fontanesi, directeur économie et statistiques de la Fiev, a introduit le septième Club Auto de la Fédération des industries des équipements pour véhicules, vendredi 17 juin. Dans un contexte où les avancées technologiques sont aussi nombreuses que les incertitudes réglementaires que celles-ci induisent, le déploiement de l’intelligence artificielle dans les véhicules ne fait donc plus de doute mais soulève encore des questionnements. C’est à ces interrogations que les intervenants invités par la Fiev ont tenté de répondre par leurs expériences. Et si certains sujets concernant l’IA font consensus, d’autres sont bien plus clivants…

La connectivité, c’est l’avenir

Alors qu’en termes de véhicule autonome, la France et l’Europe sont actuellement au stade de développement 3 sur 5 – le niveau 4 offrant un niveau d’autonomie non-disponible en dehors de zones délimitées et nécessitant une infrastructure onéreuse pour sécuriser l’utilisation de l’IA –, la plupart des experts s’accordent à dire que la connectivité accrue des véhicules constitue désormais la norme, notamment sur le créneau des véhicules de fonction.

« Dans 10 ans, nous devrions tous avoir la technologie autonome embarquée dans nos véhicules », a même prédit Franck Fontanesi. Il faut dire que ces innovations, surtout en matière de navigation, apportent pléthore de services dont on ne pourrait à présent plus se passer, comme l’info-trafic. De plus, « la mise à jour des logiciels va devenir cruciale pour la télématique et la remontée de données », a noté le docteur Thierry Lestable du Technology Innovation Institute (TII). Des outils qui sont particulièrement utilisés par les gestionnaires de parc pour rationaliser l’administration de leurs flottes.

Néanmoins, afin que cette généralisation de l’IA dans l’automobile se fasse sans heurts, « la 5G va être nécessaire pour des fonctionnalités critiques en temps réel et les plus hauts niveaux d’automatisation », a affirmé Antoine Lafay, responsable de la recherche chez Valeo. D’autant que certaines technologies apparaissent même sur des produits de mobilité douce comme les trottinettes électriques. « Le véhicule se montre de plus en plus intelligent et c’est là que réside l’enjeu car le succès du véhicule de demain est dans le hardware, le software et l’expérience conducteur », a ajouté Sébastien Ruffino de chez Nvidia. Qui juge cependant qu’il y aura une balance à trouver entre innovation et implémentation, mais les JO de 2024 vont peut-être aider. »

De l’urgence de canaliser certains progrès

Le véhicule appartenant donc au monde de l’IoT, « la voiture ne peut plus être une bulle en dehors de la vie digitale de l’utilisateur mais assurer une continuité digitale », a défini Vanessa Picron, vice-président de la division Innovation de Faurecia. De ce fait, il est fondamental pour les industriels du milieu automobile de prendre à bras-le-corps la problématique de mal des transports en véhicule autonome, de détection des capacités physiques des passagers ou opérer un travail concernant l’affichage visuel et le traitement de l’image selon l’âge. « Tous les progrès qui arrivent peuvent permettre des réflexions nouvelles sur le confort dans l’habitacle », a résumé Thierry Métais, président de ZF Mobility France. Pour autant, avec la pénurie de composants électroniques qui sévit en ce moment, « il y a une réflexion à avoir sur le juste nécessaire, sur la façon dont réduire cette dépendance et sur les coûts des technologies », a fait remarquer Éric La Fay, responsable au sein de Continental Automotive France.

À raison : « Les particuliers ne peuvent actuellement pas se payer un véhicule autonome en premier achat. Or, si l’innovation se diffuse, les prix baissent, le marché VO permettra donc l’adoption de l’IA pour les particuliers », a de son côté mis en exergue Franck Fontanesi. Le docteur Luc Julia, chef du bureau scientifique de Renault Group, a quant à lui alerté sur l’aspect écologique et éthique qu’un excès d’IA dans notre quotidien pourrait engendrer. « Les intelligences artificielles  car il y en a plusieurs –, sont des outils, des assistants. Seules, elles sont stupides et limitées dans leurs capacités. C’est l’humain qui fait l’IA, c’est donc nous qui contrôlons cette technologie et nous en sommes donc responsables », a-t-il rappelé.

Tout comme nous sommes responsables de l’empreinte carbone des data centers nécessaires à son fonctionnement. « Rien n’est sans impact. Un VE qui sort d’usine équivaut déjà à 6 000 km de consommation d’un véhicule thermique, par exemple. Essayons donc de réduire cet impact en œuvrant localement ou en travaillant sur l’alimentation en énergie verte de ces data centers », a proposé l’expert. Car l’avancée de la société ne doit pas se faire au détriment de la seule chose essentielle à l’humanité : la planète.

Nous vous recommandons

Hysetco : « Nous sommes leader français de la mobilité hydrogène des véhicules légers »

Entretien

Hysetco : « Nous sommes leader français de la mobilité hydrogène des véhicules légers »

Dix-huit mois. C’est le laps de temps qu’il aura fallu à Hysetco pour se faire un nom sur le marché de la transition énergétique. Cette start-up made in France délivre une seule énergie : l’hydrogène qu’elle destine aux seuls...

Drive to Zero : le premier rassemblement de l’écosystème de la mobilité décarbonée

Événement

Drive to Zero : le premier rassemblement de l’écosystème de la mobilité décarbonée

TotalEnergies et Bornes Solutions veulent développer la recharge électrique dans les immeubles

TotalEnergies et Bornes Solutions veulent développer la recharge électrique dans les immeubles

Avec Karhoo (Mobilize), le groupe Accor enrichit en solutions de mobilité son programme de fidélité ALL

Avec Karhoo (Mobilize), le groupe Accor enrichit en solutions de mobilité son programme de fidélité ALL

Plus d'articles