L’ « indemnité inflation » aidera-t-elle vraiment à supporter la hausse du carburant ?

L’ « indemnité inflation » aidera-t-elle vraiment à supporter la hausse du carburant ?

Face à la flambée des prix de l’énergie, le Premier ministre a annoncé le versement d’une « indemnité inflation » de 100 euros pour tous les Français gagnant moins de 2 000 euros net.

Jeudi 21 octobre, le Premier ministre Jean Castex a annoncé au journal de 20 heures de TF1 le versement d’une « indemnité inflation » allouée aux Français gagnant moins de 2 000 euros net par mois. Censé épauler les plus modestes face à la hausse des prix du carburant et de l’énergie, ce dispositif fait débat. Alors, véritable coup de pouce ou clientélisme de campagne ?

Plutôt qu’un « chèque carburant », c’est finalement une « indemnité inflation » qui sera mise en place dès le mois de décembre par le gouvernement, qui adore saupoudrer la moindre de ses actions de néologisme abstrait. Invité du journal télévisé de TF1 hier soir, le Premier ministre Jean Castex l’a en effet confirmé après plus de 48 heures d’attente fébrile de la part de la population. Il faut dire que, pour la plupart des ménages, faire son plein est devenu un acte aussi onéreux que se payer une table à La Rotonde.

Pour cause : la semaine dernière, les prix à la pompe ont encore augmenté de 2 centimes, atteignant des niveaux historiquement hauts à 1,56 euro le litre pour le gazole (une moyenne), et 1,62 euro pour l'essence SP95. Un problème d’envergure lorsque l’on sait que pour 7 actifs français sur 10, la voiture est un mode de transport dont ils sont entièrement dépendants, faute de posséder une offre de locomotion alternative pour se rendre au travail – et gagner un salaire qui servira majoritairement à payer leur carburant, un cercle vicieux donc…

Un cautère sur une jambe de bois ?

Attention toutefois, ce soutien financier – qui tombe à point nommé à moins de huit mois des élections présidentielles de mai 2022 – ne profitera pas à tout le monde. Seules les personnes gagnant moins de 2 000 euros nets par mois pourront y prétendre, soit 38 millions de Français éligibles (sur 67 millions au total), « qu'ils soient salariés, indépendants, au chômage ou à la retraite », a précisé le Premier ministre. De même, les étudiants boursiers et étudiants fiscalement autonomes répondant aux conditions de revenus indiquées y auront aussi droit, comme le laissait entendre le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce vendredi matin.

À lire aussi : Les hausses des prix du carburant commencent à faire grincer des dents

Cette « indemnité inflation » sera également versée par personne. Ainsi, si chaque membre d’un couple gagne au-dessous du montant susnommé, ils recevront chacun 100 euros. Ceci « dès le mois de décembre pour la plupart d'entre eux. Pour les fonctionnaires, ce sera en janvier. Pour les retraités, au plus vite », a déclaré Jean Castex, assurant l’automatisation du versement et donc l’absence de démarche à entreprendre pour en bénéficier. Selon ses explications, la modification de la ligne de salaire interviendra directement sur les logiciels de paie. Les 100 euros seront alors versés par l’employeur, qui ne pourra pas s’y soustraire et sera ensuite remboursé par l’État. Les indépendants, eux, recevront ces 100 euros via les Urssaf ou l'organisme chargé de les indemniser.

Quant à savoir si cette générosité sera reconduite ou si la « carotte » s’avère seulement temporaire, le flou demeure (comme souvent). Mais une chose est sûre, le pouvoir d’achat des Français restera en berne car la vie quotidienne continue d’augmenter mois après mois et 100 euros ne suffiront pas à éponger le déficit grandissant des moins fortunés. « La multiplication des primes ou indemnités étatiques est une solution de court terme qui ne peut résoudre durablement un problème, surtout si celui-ci est lié à une situation structurelle comme risque de l’être l’inflation », a d'ailleurs rappelé le CNPA. Une revalorisation pérenne des salaires ou une baisse des taxes auraient été des solutions plus judicieuses et réellement capables de changer la donne mais le Medef bloque sur le premier point quand le second a été jugé « pas plus efficace pour contrer l'inflation » par Gabriel Attal ce vendredi matin. En même temps, qui ne tente rien…

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