L'inexorable baisse du marché des lubrifiants automobile

Fabio CROCCO

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L'inexorable baisse du marché des lubrifiants automobile

Si les huiles pour moteur sont toujours plus sophistiquées, il s’en vend moins. Raisons à cela, les nouvelles technologies automobiles et le changement de comportement des conducteurs.

Si le parc automobile tend à légèrement grossir, avec désormais 39 millions de véhicules en circulation, il n’en reste pas moins que la consommation en lubrifiants automobiles est sur une tendance baissière. Les chiffres du Centre professionnel des lubrifiants indiquent qu’il s’est vendu en 2017 quelque 324 millions de litres de lubrifiant pour automobile. De septembre 2017 à août 2018, le marché a perdu 1 % avec un volume de 321 millions de litres. Avec une moyenne de 10 euros par litre payé par le consommateur, on peut estimer le marché autour de 3 milliards d’euros.

Si le marché se maintient en valeur par l’arrivée de produits toujours plus performants, la lente érosion du volume s’explique par différents facteurs. Il y a bien sûr le rallongement des espacements de vidange au carnet d’entretien des constructeurs. S’ajoute à cela le fait que les automobilistes roulent moins et se déplacent différemment que par le passé. Ils se montrent aussi, par ignorance de l’importance d’une bonne lubrification, moins regardants sur la vidange et sur le niveau d’huile. Désormais intégrée à des programmes d’entretien autour des 100 euros, la vidange, devenue coûteuse, est parfois repoussée, d’autant plus que le parc vieillit. « Plus le véhicule prend de l’âge, moins on l’entretien. La logique devrait être inverse » commente Marion Thillou, responsable marketing chez Shell Lubrifiants.

Selon les spécialistes, d’ici à 2040, la demande en lubrifiants automobiles pourrait chuter de 25 %.

Autre raisons évoquées de l’érosion du marché, le renouvellement continu du parc avec l’arrivé de moteurs de plus petite cylindrée, moins gourmands en huile. Le renouvellement passe aussi par l’électrification du parc. Si un véhicule thermique réclame environ 9 litres de lubrifiant (moteur et boîte), un véhicule électrique ne demande que 1 litre d’huile pour sa transmission. D’après nos calculs, en l’espace de huit ans, où il s’est vendu 150 000 véhicules électriques, l’électrification du parc a fait perdre à l’industrie des lubrifiants plus de 4 millions de litres. Soit 0,5 million de litres par an. Selon les spécialistes, d’ici à 2040, la demande en lubrifiants automobiles pourrait chuter de 25 %.

Une autre raison contribue à la diminution du marché en volume, celle de la chute des premiers pleins. « La baisse de fabrication de moteurs Diesel en France nous a fait significativement perdre sur le segment des premiers pleins, en particulier chez Renault » constate Marion Thillou.

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