Entretien

"L'objectif de Stations-e est de dérisquer l’activité unique de recharge"

© Stations-e

« Le modèle économique de nos stations de recharge permet de financer totalement l’implantation, de l’étude jusqu’à la mise en exploitation. » Rencontre avec Alain Rolland, président de Stations-e.

L’Automobile & L’Entreprise : Comment est née Stations-e ?
Alain Rolland :
Ingénieur informatique de formation, j’ai créé à la fin de mes études ma première société dans le domaine de l’informatique et des télécommunications, puis en 2005 une autre société spécialisée dans les systèmes très haut débit. Depuis cette opération, j’attendais le bon moment pour mutualiser et associer ses services au transport électrique. L’objectif étant de coupler à l’infrastructure de recharge plusieurs axes de croissance afin d’en réduire l’empreinte carbone, en regroupant plusieurs fonctions dans un même espace urbain, et « dérisquer » l’activité unique de recharge. Nos stations ont ainsi plusieurs axes de revenus qui permettent de financer totalement leur implantation, de l’étude jusqu’à la mise en exploitation.

A&E : Quelles sont les différentes sources de revenus de vos stations multi-services ?
AR.:
Il y a quatre axes. Celui du transport électrique puisqu’elles ont vocation à charger des véhicules particuliers électriques mais également d’autres types de transport. Prochainement, nous annoncerons un partenariat qui nous permettra d’adresser des charges sur des véhicules plus lourds. On a ensuite un axe autour de l’informatique et des télécommunications pour intégrer à nos stations du très haut débit, qu’il soit fixe ou mobile, mais aussi des raccordements de fibre optique. Le troisième axe est celui des services complémentaires comme le régalien avec la surveillance vidéo par exemple ou encore à travers d’accords commerciaux avec des flottes automobiles partagées. La station peut également recevoir des casiers connectés, un marché en forte croissance. Enfin, le quatrième axe est celui de la donnée car la communication avec l’infrastructure permet d’anticiper des informations qui intéressent les constructeurs et d’autres acteurs économiques de cet écosystème. Les axes de revenus étant multiples, notre modèle économique profite d’une stabilité importante. Aussi, cela ne coûte pas un centime à la collectivité ou au propriétaire privé. Nous allons installer un chargeur très rapide dans une commune de 240 habitants alors qu’a priori on pourrait penser qu’il n’y a pas d’intérêt. Mais on vient compenser le manque de charges au début par l’arrivée du très haut débit.

A&E : Quels sont vos objectifs de déploiement ?
AR :
Aujourd’hui, notre objectif est d’avoir 50 % de notre parc déployé sur la voie publique et 50 % dans des entreprises mais avec une charge ouverte au public. L’avantage de notre modèle réside également dans notre process qui permet d’aller très vite et, pour les villes, de s’affranchir de plusieurs étapes. Nous sommes capables de faire un plan d’installation en moins de quatre semaines et ensuite d’installer nos stations en moins de huit heures grâce à nos systèmes brevetés. On a une vingtaine de stations déployées et l’ambition d’en avoir environ 500 en 2022. Notre intention est d’arriver à 10 000 stations d’ici à 2027.

A&E : Vous avancez un dernier argument : celui du prix de la recharge. Comment comptez-vous le maîtriser ?
AR :
Je mets en effet un point d’honneur à être parmi les coûts de charge les moins importants du marché. Même si nous dépendons évidemment du coût de l’énergie, j’essaie de rester au plus proche de 32 centimes du kWh TTC pour favoriser l’adoption du véhicule électrique. C’est possible grâce aux autres services associés et notre carte Stations-e. Je travaille aussi sur des accords dans le domaine de la production d’énergie renouvelable, notamment solaire, pour contrôler à la source le coût de l’énergie et continuer à garantir au client un coût de charge maitrisé.

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