La fin des moteurs thermiques en 2035 incompatible avec une « mobilité accessible » ?

Leslie Auzèmery

Sujets relatifs :

,
La fin des moteurs thermiques en 2035 incompatible avec une « mobilité accessible » ?

La fin des moteurs thermiques en 2035 incompatible avec une « mobilité accessible » ?

Dans une lettre publiée le 29 septembre, Eric-Mark Huitema, directeur général de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), pointe du doigt les dangers de la fin des moteurs thermiques annoncée pour 2035 par la Commission européenne. L’organisme insiste notamment sur l’importance de préserver une « mobilité accessible » pour l’ensemble des Européens.

Au début de l’été, la Commission européenne a présenté son nouveau paquel Climat baptisé Fit for 55. Un projet plein d’ambitions qui prévoit notamment pour l’automobile une réduction de 100 % des émissions de CO2 des voitures et des camionnettes pour 2035, interdisant – de fait – la vente des véhicules à moteurs thermiques (hybrides rechargeables inclus) à cette même échéance. Une mesure qui aura des impacts significatifs sur l’industrie automobile et qui engendrera des perturbations sociales majeures si les conditions à une adoption massive du véhicule électriques ne sont pas réunies.

« Les membres de l’ACEA investissent désormais des milliards d’euros par an dans des technologies de motorisation innovantes et durables, car ils se sont engagés à réduire leurs émissions à zéro. Néanmoins, l’objectif de - 55 % de CO2 des voitures proposé pour 2030 est très ambitieux », introduit Eric-Mark Huitema dans son message, avant d’ajouter que, selon les industriels qu’il représente, « toutes les options de motorisation ont un rôle à jouer dans la transition vers la neutralité climatique. C’est pourquoi l’Union européenne devrait se concentrer sur l’innovation au lieu d’interdire ou de prescrire certaines technologies ».

En outre, le président de l’ACEA ne se dit pas tant préoccupé par la technologie qui équipera les véhicules d’ici là, mais davantage inquiet quant à l’adoption à grande échelle des véhicules à émission zéro qui « ne se produira que si les réductions de CO2 proposées s’accompagnent d’objectifs tout aussi ambitieux pour les États membres de l’UE de construire les points de recharge et les stations de ravitaillement en hydrogène nécessaires. En ce sens, la proposition Fit for 55 n’est tout simplement pas assez ambitieuse, souligne-t-il alors que des estimations chiffraient le besoin à 6 millions de chargeurs de véhicules électriques publics d’ici à 2030, mais que la Commissions européenne n’a pris aucun engagement sur un nombre absolu, s’appuyant sur une estimation à 3,5 millions de points de recharge d’ici là. « Ce qui n’augure rien de bon pour les objectifs d’infrastructures, tout aussi ambitieux, dont nous avons réellement besoin », déplore Eric-Mark Huitema.

De plus, une récente étude de l’ACEA a démontré que 70 % des chargeurs en service dans l’Union européenne sont concentrés dans seulement trois pays : les Pays-Bas (66 665), la France (45 751) et l’Allemagne (44 538). Trois pays ne représentent que 23 % de la superficie totale du Vieux Continent, tandis que les 30 % restants des infrastructures de recharge sont dispersés dans les 77 % restants de l’UE.

Et force est de constater que « dans la plupart des pays de l’UE, ce sont en fait les véhicules électriques hybrides qui dominent le marché des voitures à propulsion alternative, 15 pays détenant une part de plus de 10 %. Surtout dans les pays où les points de recharge font défaut ou où les voitures électriques à batterie sont encore trop chères, les hybrides et hybrides rechargeables jouent un rôle important dans la transition vers la neutralité climatique. Mais qu’adviendra-t-il de ces voitures populaires si la Commission envisage d’interdire effectivement le moteur thermique après 2035 ? » interroge le président de l’ACEA.

« Alors que l’on pourrait supposer que l’objectif principal de l’UE est de veiller à ce qu’aucun pays ou citoyen ne soit laissé pour compte dans la transition vers une mobilité à zéro émission, ce que nous voyons maintenant se développer est en fait un fossé qui se creuse entre l’Europe centrale et orientale et l’Europe occidentale, ainsi que comme une forte division Nord-Sud qui traverse le continent », alerte Eric-Mark Huitema en prévenant qu’une « transition mal gérée sapera gravement le soutien du public à l’action climatique et à l’UE en général. Si cela n’est pas correctement traité par les membres du Parlement européen et les gouvernements nationaux lors des prochaines négociations Fit for 55, le nouveau paquet climatique de l’UE risque de provoquer des perturbations sociales majeures », conclut-il.

Nous vous recommandons

Rétromobile revient du 2 au 6 février 2022

Rétromobile revient du 2 au 6 février 2022

Reporté depuis deux ans, le salon Rétromobile revient du 2 au 6 février prochains à Paris. L'événement occupera les halls 1, 2 et 3 du parc des expositions de la Porte de Versailles.Le retour de Rétromobile est officialisé. Le salon...

22/10/2021 | AftermarketFleet
Crise des semi-conducteurs : Renault Group évalue les pertes…

Crise des semi-conducteurs : Renault Group évalue les pertes…

Fin des moteurs thermiques : la Fondation Nicolas Hulot appelle à une stratégie claire pour la France

Fin des moteurs thermiques : la Fondation Nicolas Hulot appelle à une stratégie claire pour la France

La prolongation du bonus écologique confirmée

La prolongation du bonus écologique confirmée

Plus d'articles