Enquête

La location de voiture plébiscitée pour les voyages d'affaires

Clotilde Gaillard

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La location de voiture plébiscitée pour les voyages d'affaires

La location de voiture plébiscitée pour les voyages d'affaires

D’après une étude publiée par la plateforme AirPlus, les déplacements professionnels en Europe ont largement été impactés par la crise sanitaire en 2020. Le Covid-19 a bénéficié aux loueurs de véhicules tandis que les transporteurs aériens et ferroviaires ont connu des évolutions disparates selon les régions.

AirPlus International est un fournisseur de solutions dans le segment des paiements d’entreprise. Fort d’un portefeuille clients comptant 48 000 sociétés au sein de la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni, ce gestionnaire de voyages d’affaires a analysé les comportements de réservation des collaborateurs en déplacements professionnels au travers de son indice AirPlus Business Travel. Il en ressort que les modes de mobilité ont beaucoup varié en 2020, pandémie mondiale oblige.

La voiture de location fait un bond

Avec le risque de contamination et le ralentissement des activités de transport dus aux confinements successifs, le choix du moyen de locomotion adopté lors des voyages d’affaires a vu la popularité des voitures de location augmenter dans tous les pays concernés par l’enquête AirPlus. Entre le début de la pandémie, en mars 2020, et la fin de l’année, près d’une réservation de sur dix en Allemagne a été effectuée auprès d’un loueur de voitures (9,2 %). Un chiffre qui dépassait à peine 6 % au cours de la même période l’année précédente. En France, l’attrait des véhicules de prêt s’avère encore plus prégnant, passant de 4,8 % à 7,6 %. En mai et juin 2020, le secteur de la LCD avait même dépassé l’aérien. La plus importante hausse recensé concerne toutefois le Royaume-Uni, où le chiffre est passé de 4,4% à 9,8%, soit une variation de + 5,4 %.

Si la voiture de location séduit tant, c’est pour sa dimension individuelle induisant de ne pas avoir à partager l’espace avec des inconnus. En témoigne le nombre de réservations qui augmente proportionnellement avec les chiffres de l’infection. Pour exemple, une intensification de l’attrait pour la LCD est survenue en Allemagne de la mi-octobre à la fin octobre, lorsque le pays a commencé à signaler plus de 10 000 nouveaux cas de coronavirus par jour. « Ces chiffres montrent clairement que les voyageurs d’affaires évitent de prendre le train ou de prendre l’avion, en particulier pendant les périodes où la pandémie s’aggrave, et choisissent plutôt la voiture afin d’éviter tout contact avec les autres et de réduire le risque de contagion », détaille Oliver Wagner, président de la Conseil d’administration d’AirPlus. Des destinations moins exotiques et plus accessibles en voiture peuvent aussi expliquer ce recours accru à l’automobile.

L’appétence pour l’avion loin de se crasher

Pour autant, en Italie, en Belgique et en Suisse, les voyageurs d’affaires ont préféré les airs à l’asphalte. « Au lieu de réserver des voyages plus longs en train, les voyageurs d’affaires étaient plus susceptibles de choisir le transport aérien, qui est plus rapide. Cela signifie qu’ils passent moins de temps exposés à un risque potentiel de contracter la maladie, d’autant plus que les compagnies aériennes utilisent des filtres HEPA pour la ventilation de la cabine et ont adopté des normes d’hygiène extrêmement strictes », démontre Oliver Wagner.

Des différences régionales apparaissent cependant au sein d’un même état. En Allemagne, les voyages en train ont été préférés aux transports aériens pendant une grande partie de l’année, en particulier lors du premier confinement au printemps. Le trafic aérien y a en effet été interrompu et l’absence de service sur de nombreuses liaisons long-courriers a également fait chuter le nombre de vols intérieurs, alors que le service ferroviaire continuait, lui, d’être assuré.

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Des tendances fluctuantes qui interrogent : comment évolueront les modes de transport quand la pandémie de coronavirus s’atténuera ? Oliver Wagner apporte un élément de réponse par ses observations. « Les chiffres que nous avons vus l’été dernier, alors que le nombre d’infections était bas, indiquent que, si les gens recommencent à parcourir de plus longues distances, les transports ferroviaires et surtout aériens réaliseront une fois de plus des gains significatifs par rapport aux réservations de voitures de location », affirme-t-il.

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