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Le 100 % électrique menace les emplois du secteur automobile européen

Victoire de Faultrier-Travers

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Le 100 % électrique menace les emplois du secteur automobile européen

La politique actuelle d’électrification de l’automobile à marche forcée pourrait détruire jusqu’à un demi-million d’emplois d’ici à 2040 dans l’UE.

© Alexis Goudeau / A&E

Selon une étude de PwC Strategy& commandée par le Clepa, une approche industrielle 100 % véhicules électriques impliquerait la perte de 500 000 emplois dans l'Union européenne. 

L'association européenne des équipementiers automobiles, le Clepa, a chargé PwC Strategy& d'évaluer les effets du Green Deal sur l'emploi et la valeur ajoutée chez les équipementiers automobiles à travers l'Europe sur les vingt prochaines années (2020-2040). Les scénarios comprennent une accélération de l'électrification pou atteindre les objectifs climatiques, avec :

  • une approche technologique mixte,
  • une approche actuelle « véhicules électriques uniquement » proposée par le paquet législatif Fit for 55,
  • un scénario de montée en puissance radicale des véhicules électriques.

Ces trois scénarios intègrent ainsi une part de marché élevée pour les véhicules électriques d’ici à 2030 de plus de 50 %, près de 80 % et près de 100 %, respectivement.

Un demi-million d'emplois menacés

À l'échelle européenne, les équipementiers automobiles représentent plus de 60 % des emplois dans le secteur automobile, qui lui compte pour plus de 5 % de l'emploi manufacturier dans treize pays membres. L'étude s'est concentrée sur l'identification des risques et des opportunités dans sept grands pays de production de composants automobiles (Allemagne, Espagne, France, Italie, République tchèque, Pologne et Roumanie).

L'étude prévoit que dans le script « véhicules électriques uniquement », 70 % de l’impact sur l’emploi se fera sentir au cours de la période 2030-2035. À noter également que les opportunités liées aux VE dépendent de la mise en place d’une filière d’approvisionnement en batteries au sein de l'Union européenne.
Par ailleurs, l'étude démontre que jusqu’à 70 milliards d'euros (70 %) de la création de valeur liée à la propulsion électrique seront liés au traitement des matériaux de batterie, à la production de cellules de batterie et de modules de cellules, et à l’assemblage de systèmes de batteries. Mais ces activités ne seront pas toujours menées dans les mêmes entreprises ou les mêmes régions, ce qui n'avantagerait pas les équipementiers axés sur les moteurs à combustion, en particulier les PME (20 % des emplois de l’industrie de la fourniture automobile). Une ancienne étude du Clepa avait d'ailleurs révélé que la production de batteries fournit plus d’emplois aux employés ayant une formation universitaire qu'aux ouvriers en mécanique produisant actuellement des pièces de moteur à combustion.

Une transition planifiée

Parmi les trois scénarios, le Clepa donne sa préférence à l'approche technologique ouverte. Cette perspective permettrait de donner à l'industrie le temps nécessaire à la transition. Cette « transition planifiée » via une approche technologique mixte permettrait de conserver toutes les options pour s’adapter aux nouveaux développements, et, selon l'étude, présenterait en même temps des opportunités de création de valeur dans l’industrie automobile. « Une approche technologique ouverte devrait inclure une électrification rapide avec des énergies propres et renouvelables, complétée par une technologie de combustion propre avec des carburants renouvelables durables. Il existe davantage d’options que des émissions nulles à l’échappement, et nous devons reconnaître le rôle que les carburants climatiquement neutres peuvent jouer dans la réduction des émissions, la préservation du choix des consommateurs, l’abordabilité et le maintien de la compétitivité mondiale de l’Europe. La technologie n’est pas l’ennemi, mais bien les combustibles fossiles, et l’ouverture technologique sera essentielle pour assurer une transition juste », précise Sigrid de Vries, secrétaire générale du Clepa.

« L'étude met à nouveau en exergue l’erreur stratégique que constituerait le choix unique de l’électrique pour la propulsion de nos véhicules de demain », ajoute Jean-François Le Bos, président de la Fiev.

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