Le budget automobile : la grande cause du prochain quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Le budget automobile : la grande cause du prochain quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Selon l’Observatoire des mobilités publié par le loueur Sixt, en association avec l’institut de sondage d’opinion Ifop, les Français ont au cœur de leurs préoccupations la hausse du carburant et les coûts de possession d’un véhicule, moyen de locomotion dont une large majorité de la population s’avère particulièrement dépendante.

Toutes les études parues le prouvent, et l’Observatoire des mobilités mené par Sixt et l’Ifop ne fait pas exception : la crise sanitaire a impacté les usages des Français en matière de transport, induisant une répercussion budgétaire parfois rude dans un contexte où le pouvoir d’achat s’inscrit déjà en berne. Alors que le président sortant Emmanuel Macron vient d’être réélu, le mandat qui s’annonce devrait donc accorder une place importante, si ce n’est se centrer, sur la problématique financière et surtout celle concernant les mobilités.

Prendre sa voiture est encore une nécessité pour beaucoup

Il faut dire que, au sein des Français, la dépendance à la voiture demeure persistante. L’étude Sixt/Ifop souligne en effet la forte dépendance au véhicule individuel de plus de 80 % des Français puisqu’il constitue l’un des deux modes de transports utilisé au quotidien – un chiffre en augmentation de 2 points par rapport à 2016. Parmi les personnes interrogées, 72 % s’estimaient ainsi « dépendant(e) » de la voiture, dont 39 % « très dépendant(e) » notamment en raison de leur lieu d’habitation. Les sondés ne pouvant pas se passer de leur auto étaient de ce fait surreprésentés au sein des communes rurales (92 %) contre moins de la moitié en agglomération parisienne (47 %).

L’âge des participants est également à prendre en compte dans cet attachement assujetti à l’automobile. Pour preuve, à la question « Envisagez-vous, à l’avenir, de ne plus posséder de véhicule individuel ? », seuls 24 % des Français interrogés au total répondent oui alors qu’ils sont 44 % parmi la génération des 18-24 ans. Autre explication pouvant justifier la place prédominante de la voiture dans les trajets du quotidien : le désamour pour les transports collectifs depuis la crise sanitaire. Bus, métro et autres trains sont en effet en net recul (23 % contre 31 % en 2016) tandis que la marche à pied et le vélo progressent chacun de 4 points, s'établissant à respectivement à 63 % et 15 %.

Posséder une voiture : un besoin onéreux

Pourtant, si la voiture particulière est appréciée pour le gain de temps et la liberté de mouvement qu’elle procure, elle constitue un gouffre économique pour de nombreux sondés. Par conséquent, 63 % d’entre eux estiment que leur budget transports constitue un poste de dépense important et 23 % le jugent même « très important », surtout pour les habitants des communes rurales (78 %), les utilisateurs réguliers de la voiture (69 %) ainsi que les plus modestes (72 %). Pour 27 % des personnes interrogées, ce poste de dépense s’élève à un montant compris entre 71 et 120 euros par mois quand 12 % versent entre 121 et 200 euros par mois pour entretenir leur véhicule. Pis ! Presque 1 Français sur 10 (7 %) débourserait plus de 200 euros par mois pour utiliser sa voiture.

Compte tenu de ce constat, auquel s’ajoute la hausse des prix du carburant et la mise au rebut prochaine des véhicules thermiques avec l’avènement des ZFE, obligeant de nombreux Français à changer de voiture, cette question se place au cœur des attentes pour le prochain quinquennat en matière de mobilité. Les sondés de l’Observatoire des mobilités Sixt et Ifop sont en effet 62 % à espérer, avant toute chose, la réduction des tarifs à la pompe, loin devant la réduction de l’impact négatif des transports sur l’environnement (15 %) et le développement et le maintien des lignes de train dans les territoires ruraux (14 %).

L’appétence pour le véhicule électrique en repli

Alors que l’interdiction de la vente de nouveaux véhicules à moteur thermique sera effective en Europe en 2035 et que les ventes des voitures électriques continuent de progresser (+ 63 % entre 2020 et 2021 selon la PFA), les Français sondés se montrent plus critiques vis-à-vis de ce segment « branché ». Au point qu’ils ne seraient plus que 37 % à se projeter dans l’achat d’un véhicule électrique, contre 49 % en 2010. Parmi les principaux freins avancés, là encore la question économique refait surface en premier lieu avec la justification d’un coût d’achat et de fonctionnement trop élevé pour 55 % des sondés, suivie par une autonomie jugée insuffisante à 34 %. Enfin, la problématique d’un maillage de bornes de recharge encore trop fragile complète le podium des réticences (26 %).

Ultime fait notable et révélateur d’un travail de persuasion et de pédagogie à poursuivre pour l’ensemble de l’écosystème de l’électromobilité : les Français se montrent encore sceptiques sur la capacité du véhicule électrique à représenter la meilleure alternative pour lutter contre le changement climatique. Plus de 4 personnes interrogées sur 10 estiment même qu’il s’agit d’une « mauvaise solution », voire d’une « très mauvaise solution » à 14 %. « Il reste un travail de conviction à réaliser auprès des Français. Les loueurs ont à ce titre un rôle clé à jouer pour permettre à chacun d’essayer le véhicule électrique afin de se forger une opinion », affirme donc Jean-Philippe Doyen, président de Sixt France. Qui ajoute : « Les pouvoirs publics doivent de leur côté poursuivre les aides et bonus écologiques pour rendre ces véhicules attractifs et accélérer le déploiement des bornes de recharge pour lever ces freins persistants. »

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