Le CAC 40 à vélo ? Les bons et mauvais élèves de la mobilité durable

Le CAC 40 à vélo ? Les bons et mauvais élèves de la mobilité durable

© cac40avelo.fr

Deux ans après la promulgation de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) et la mise en place du Forfait Mobilités Durables  (FMD), un député a enquêté auprès des entreprises du CAC 40 afin de mesurer l’efficacité du déploiement de ce dispositif qui favorise la mobilité active des salariés.

Matthieu Orphelin, élu de Maine-et-Loire, a sondé 43 grandes groupes, dont tous ceux qui composent principal indice de la Bourse de Paris, pour comprendre comment le Forfait Mobilités Durables a été approché et mis en place par les entreprises depuis son adoption fin 2019. Et les résultats de cette enquête sont éloquents : seules 39 % des sociétés cotées se sont emparées du sujet et le proposent aujourd'hui à leurs salariés. Aussi, 19 % réfléchissent actuellement à sa mise en place et 42 % des interrogées avouent n'avoir encore rien fait ! "C’est clairement très insuffisant, note le député. Ces résultats encore trop timides confirment que le CAC 40 est loin d’être passé au vert sur ce sujet des mobilités, comme sur tant d’autres sujets". Et pour les entreprises qui ont pu mettre en place le dispositif, l'élu pointe également de "trop profondes disparités" dans les solutions proposées : "la plupart en réduisent le champ d’action, le rendant plus contraignant mais aussi moins efficace. Les modalités de calcul, les règles de cumul, les conditions d’obtention, les plafonds ou encore les modes de transport concernés font que les montants réels touchés varient très largement", précise-t-il.

Les entreprises vertueuses...

Dans le détail, Matthieu Orphelin trace le paysage du FMD. Pour les entreprises vertueuses, différentes modalités de mise en œuvre existent : en forfait à l’année d’un montant unique (Accor) ou proportionnel et plafonné (Orange ou Axa). Ces indemnités peuvent être versées mensuellement ou bi-annuellement par exemple. Les montants varient de 100 € (Air Liquide) à 500 € maximum, avec ou sans modulation en fonction du nombre de kilomètres parcourus (0,28€/km à vélo chez Safran) ou du nombre d’allers-retours effectués en covoiturage (comme chez Worldline).

Se retrouvent sur le podium :

  • Accor pour son forfait unique de 451 € pour les salariés venant à vélo, en covoiturage, en trottinette ou en service de mobilités partagées ainsi que son service de vélos de fonction proposé à tous les salariés en CDI.
  • Orange qui propose jusqu’à 400 € pour les salariés venant à vélo, en covoiturage ou en trottinette et qui s'inscrit comme le premier groupe à avoir mis en place un plan de mobilité, avec une aide à l’acquisition d’un deux-roues et l'accès à une consigne sécurisée.
  • Axa France pour son forfait de 400 € pour les salariés venant à vélo, en covoiturage ou en trottinette et la prise en charge des titres de transport à l’unité, location et libre-service.
  • L’Oréal avec un FMD jusqu’à 500 € mais pour les salariés venant à vélo uniquement.

... et celles à la traîne

Enfin, parmi les groupes les plus en retard sur le sujet, le député pointe du doigt :

  • Veolia ne semble pas "intéressé par la mesure pourtant demandée par les syndicats".
  • Thalès n’a pas souhaité mettre en place le forfait mobilités durables car “il n’est pas obligatoire.”
  • Michelin met en avant la “difficulté d’application” aux collaborateurs des sites industriels.
  • Danone a “préféré des mesures portant sur le pouvoir d’achat des salariés”.

Pour conclure, Matthieu Orphelin déclare : "Je me suis battu dès le début pour la mise en place du Forfait Mobilités Durables. Force est de constater que son déploiement reste insuffisant malgré ses nombreux bénéfices pour les entreprises et leurs collaborateurs. Je demande à nouveau sa généralisation à toutes les entreprises de plus de 11 salariés, tout en conservant une flexibilité de l’outil. Il est primordial de prendre en compte les inégalités et de s’adapter à la diversité des situations en répondant à un principal but : réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, tout en contribuant aussi à améliorer le bien-être et la santé des salariés au travail."

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