Entretien

« Le canal des flottes va porter la croissance de Skoda »

« Le canal des flottes va porter la croissance de Skoda »

Dorothée Bonassies, directrice de la marque Skoda France.

© Volkswagen Group / Skoda

Dorothée Bonassies, directrice de la marque Skoda France, revient sur une année 2022 record. Porté par une huitième année consécutive de progression, le constructeur tchèque nourrit ainsi de belles ambitions pour 2023, notamment sur le marché des ventes aux entreprises.

« J’ai pris les rênes de la marque il y a cinq ans déjà et je n’ai pas vu le temps passer », confie Dorothée Bonassies, directrice de Skoda France. Pourtant, cette femme dynamique et ses équipes ont eu à subir une pandémie peu après son arrivée, ce qui n’a toutefois pas ébranlé leur motivation. « Durant la période Covid, nous avons été extrêmement agiles et réactifs avec le réseau pour faire face à la situation et nous l’avons finalement très bien gérée tous ensemble car nous avons été créatifs dans les ventes à distance et toutes les équipes ont été mobilisées pour répondre aux besoins des clients malgré tout », justifie Dorothée Bonassies.

Cette agilité doublée d’un intérêt constant pour les conducteurs a permis à Skoda d’enregistrer, pour 2022, une part de marché de 1,9 %, en légère hausse de 0,1 % par rapport à 2021. « Un record à poursuivre en 2023 » avec un objectif de 40 000 immatriculations d’ici à la fin de l’année. Une projection ambitieuse qui s’appuie sur quatre leviers, à savoir « un réseau mature de 170 distributeurs permettant de quadriller le territoire français », ainsi qu’un portefeuille de 20 000 commandes, « un plan produits à venir fabuleux et toute une gamme électrique pourvue de trois nouveaux modèles d’ici à 2026 ». Et, enfin, une politique commerciale axée sur une déflation incarnée par une baisse des loyers d’environ 4 %.

Les flottes, un créneau à ne surtout pas négliger

Parce qu’« elles représentent un tiers de nos ventes, nous sommes très concentrés sur notre conquête des ventes aux entreprises, quelle que soit leur taille. Nous sommes très forts dans les ventes aux entreprises, aux PME notamment mais nous commençons à intégrer le marché des grands comptes, jusqu’alors orienté sur les marques françaises, avec notre vaisseau-amiral, l’Octavia. Néanmoins, depuis l’arrivée des SUV Eniaq, Karoq et Kamiq, nous répondons aussi parfaitement aux attentes des flottes en moteur thermique comme électrique », souligne Dorothée Bonassies.

Avec des loyers abaissés s’inscrivant parmi les plus compétitifs du marché, de bons TCO, même en thermique, une valeur à la revente attractive et des délais de livraison contenus sur les modèles les plus récents, comme l’Eniaq Coupé, « nous savons que nous avons un vrai potentiel auprès des sociétés. Ce canal va porter notre croissance jusqu’à la part de marché de 3 % que nous souhaitons atteindre en 2025. Pour 2023, nous envisageons 15 000 commandes dans les sociétés contre 10 000 actuellement », complète la directrice de Skoda France.

Cap sur l’électromobilité des flottes

D’ici à 2030, la marque Skoda a également prévu d’investir 4,5 milliards d’euros dans le domaine de l’électromobilité. Un programme qui projette de voir arriver, « mi-2024, le Elroq, un équivalent du Karoq en électrique puis une citadine SUV avant 2026 et le plus gros SUV, Vision 7S pour 2026 », énumère Dorothée Bonassies. En France, Skoda prévoit d’ailleurs que 80 ou 90 % de ses ventes seront électriques pour 2030 car cette motorisation branchée est « une attente du marché puisqu’il ne devrait plus y avoir de thermique en 2035. »

Quant à imaginer un package comprenant l’acquisition d’un véhicule électrique avec son système de borne de recharge, pour les pros comme les particuliers, « l’idée n’est pas mauvaise et donc pas exclue », admet la directrice de Skoda France. Qui rappelle toutefois que pour garantir l’itinérance des conducteurs de VE, Skoda a déjà déployé un dispositif de carte de recharge, le Power Pass, donnant accès à plus de 400 000 bornes en Europe avec des tarifs préférentiels sur les points de charge Ionity notamment.

La crise n’a pas épargné VW Group

Au sein du groupe Volkswagen, qui compte les entités Skoda mais aussi Audi, Cupra, Seat ou encore Porsche, l’année 2022 a été compliquée et mitigée suivant les constructeurs. Si les marques Volkswagen VP (6,4 %), Volkswagen VU (4,6 %) et Skoda (1,9 %) ont donc connu des hausses de parts de marchés allant de 0,1 à 0,7 point, Audi (2,9 % de part de marché) et le couple Seat-Cupra (1,4 %) ont respectivement chuté de - 0,2 et - 0,4 point. Les marques de luxe du groupe, elles, sont en progression. Au global, Volkswagen Group a livré 8,2 millions de voitures, un chiffre en recul de 7 %. Sans surprise, les régions où le groupe a le plus performé demeurent l’Europe de l’Ouest (2,7 millions d’immatriculations) et la Chine (3,2 millions). Affichant le leitmotiv « 2021 = restart, 2022 = accelerate, 2023 = Dr7ve », le groupe met l’accent sur la montée en gamme et l’électrification avec un travail d’accessibilité des VE grâce à sa nouvelle plateforme ou au reconditionnement de ses batteries, des mesures visant à faire passer le prix d’un VE à moins de 25 000 euros d’ici à 2025 avec l’ID.2. Un engagement sur les VN mais pas seulement : le secteur de l’après-vente et celui du VO figurent aussi parmi les prochaines priorités de VW Group.

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