
Le championnat de France des Sables Motoblouz inaugure une première avec la collecte d'huile usagée lors de l'épreuve du Beach-Cross de Berck-sur-Mer, avec le concours de Cyclevia et de Yamaha.
© Beach-Cross de Berck/Championnat de France des Sables Motoblouz
À l’occasion du Beach-Cross de Berck-sur-Mer, première manche du championnat de France des Sables Motoblouz, Cyclevia, Yamaha et l’organisateur de l’épreuve vont tester un dispositif de collecte d’huiles usagées directement dans le parc assistance. Une première qui pourrait être renouvelée sur d’autres épreuves en cas d’adhésion des participants.
Les 17 et 18 octobre 2026, les pilotes et leurs équipes présents au Beach-Cross de Berck-sur-Mer pourront déposer leurs huiles issues des opérations de vidange réalisées sur place dans un point de collecte installé dans le parc assistance. Le dispositif reposera sur trois grands bacs mis à disposition par Cyclevia, éco-organisme en charge du traitement des huiles usagées. L’objectif consiste à éviter que les compétiteurs repartent avec leurs bidons d’huile usagée. En effet, le lubrifiant sera récupéré directement dans son contenant, à condition que celui-ci soit étanche et fermé. Autre avantage, le dispositif pourra également accueillir des bidons conservés par les équipes dans leur atelier durant le reste de l’année. Il s’agit donc d’une belle occasion de se séparer de bidons et d’huile dans des conditions idéales pour l’environnement. Cette expérimentation constitue la première incursion de Cyclevia dans l’univers de la compétition moto. Elle vient compléter une démarche déjà engagée lors des précédentes éditions du Beach-Cross et vise notamment à faciliter la gestion d’un déchet considéré comme dangereux. « Sur un paddock lors d’une compétition ou dans un atelier de maintenance, les équipes doivent se concentrer sur leur passion ou leur métier. La gestion du déchet, et à plus forte raison lorsqu’il est dangereux comme l’huile de vidange, est souvent vécue comme une contrainte », explique Guirec Poënces, responsable de la communication de Cyclevia. « Notre rôle en tant qu’éco-organisme c’est de leur rendre cette tâche plus simple et aussi plus sûre ». Trois acteurs importants ont donc décidé de s’unir pour concrétiser cette collecte.
Agir pour perpétuer les courses sur sable
L’organisateur est déjà sensible aux questions environnementales à travers plusieurs actions concrètes comme le co-voiturage pour les participants par exemple. Cette collecte s’inscrit donc dans une démarche déjà en route. Ainsi, Cyclevia prendra en charge l’enlèvement des déchets après la compétition, afin de les orienter vers les filières de traitement adaptées. Selon sa qualité, l’huile usagée pourra être régénérée. En revanche, les bidons en plastique souillés seront broyés puis valorisés énergétiquement. Le traitement de ces emballages constitue un enjeu spécifique puisque, selon Cyclevia, aucune filière de recyclage n’existe actuellement en France pour cette catégorie de déchets. L’éco-organisme prévoit toutefois de faire évoluer ce cadre dès l’année prochaine, puisque son agrément sera étendu aux emballages souillés, ce qui devrait faciliter leur prise en charge sous une nouvelle forme. L'expérimentation de Berck intervient ainsi dans un contexte où le monde du tout-terrain est directement confronté à de forts enjeux environnementaux. Les courses sur sable figurent au premier rang sur ce sujet sensible, en raison du cadre dans lequel ces épreuves se déroulent. « En tant que constructeur, notre responsabilité ne s’arrête pas à la mise sur le marché de nos produits », souligne Laurent Benchana, responsable RSE chez Yamaha Motor France. « De nombreux pilotes entretiennent eux-mêmes leur moto : nous voulons les accompagner dans cette pratique et leur donner les moyens d’adopter des solutions plus responsables ».
Une première étape avant d’autres courses ?
Les courses sur sable ne peuvent se dérouler que dans le respect de nombreuses obligations. Des études d’incidences sont réalisées chaque année et différentes mesures d’atténuation sont mises en œuvre avec les autorités publiques afin de limiter les effets de la manifestation. La collecte des huiles usagées et de leurs contenants vient donc s’ajouter aux actions déjà engagées par l’organisation. Pour les trois partenaires, l’enjeu sera désormais de mesurer les volumes effectivement collectés et la participation des compétiteurs. « Nous aimerions que les bacs débordent mais il s'agit d'une première et nous avons du mal à prévoir les quantités que nous allons récupérer », indique Laurent Benchana. Le responsable RSE de Yamaha Motor France imaginerait bien une reconduction du dispositif sur d’autres épreuves, avec notamment l’Enduropale du Touquet comme possibilité : « Nous souhaitons que cette opération soit un succès afin de la renouveler sur d'autres courses, et pourquoi pas au Touquet ? Tout dépendra de la participation des compétiteurs ». En amont de l’épreuve, Denis Guérin, coprésident du Beach-Cross de Berck, a d’ailleurs communiqué auprès des participants et doit rappeler le dispositif lors de l’épreuve. Au-delà de la seule collecte, cette démarche vise à inscrire la gestion des déchets dans les pratiques des compétitions, et notamment sur le championnat de France des Sables. « Si nous voulons que ces courses perdurent, nous devons être le plus vertueux possible et agir concrètement », estime Laurent Benchana. Pour le Beach-Cross, qui revendique 1 000 participants et 50 000 spectateurs, cette expérimentation constitue donc à la fois une opération de sensibilisation et un premier test grandeur nature. Pour les concurrents, il s'agit simplement d'une nouvelle habitude à prendre afin que tout le monde soit gagnant.





