Le lidar n’aime pas le noir

Le lidar n’aime pas le noir

La nouvelle Audi A8 possède un LaserScanner (Lidar) dans son bouclier avant, parmi de nombreux autres radars, caméras et capteurs.

© Audi AG

Le lidar supporte mal les couleurs sombres. Si cet appareil reste actuellement cantonné à quelques véhicules haut de gamme, sa présence pourrait devenir indispensable sur toutes les voitures autonomes de niveau 3. Un paramètre à prendre en compte, du constructeur à l’atelier de carrosserie.

Le recours au lidar fait de moins en moins débat. Son coût élevé laissait les constructeurs perplexes ces dernières années mais les expérimentations de conduite déléguée semblent conforter son rôle. Seul Tesla a annoncé vouloir se passer de radars et de lidars sur ses voitures. La marque américaine mise sur sa maitrise de l’électronique et de l’intelligence artificielle pour recourir aux seules caméras. De son côté, Audi a choisi d’équiper sa nouvelle A8 d’un lidar pour atteindre le niveau 3 en matière de conduite déléguée. Une voie qui devrait être partagée par l’essentiel des constructeurs. Au-delà de ses capacités, cet équipement supporte mal les couleurs sombres. Le lidar émet des impulsions de lumière infrarouge réfléchies par les objets qui entourent le véhicule. L’appareil définit son environnement à partir de cette réflexion. « Le lidar ne peut pas voir les voitures noires car il y a trop peu ou pas du tout de signal revenant au capteur » remarque Romain Autret, responsable technique d’Axalta Refinish France. Le noir et les teintes sombres étant parmi les plus prisées par les clients au niveau international, ce phénomène risque de poser problème.

Solutions en préparation

Ainsi, radar et lidar ont leurs particularités, tout comme les caméras. Un constat qui encourage constructeurs et équipementiers à associer ces systèmes pour garantir le meilleur niveau de sécurité. « Le noir est moins facilement détectable par le lidar » confirme Thierry Leclerc, responsable technique Europe de l’Ouest de BASF Coatings. « Ce sont des paramètres qu’il faudra prendre en compte » poursuit-il. D’autant plus que la couleur n’est pas le seul élément perturbateur. « Les arêtes vives peuvent conduire à un angle de réflexion défavorable, ce qui signifie que même si la surface réfléchit, la réflexion ne revient jamais au capteur. Cela rend à nouveau l’objet « invisible » pour le système lidar » explique Romain Autret. Si ces considérations concernent davantage les designers, il existe des réponses pour la peinture. « Les solutions techniques existent avec des pigments réfléchissants, qui sont en cours de développement » souligne Thierry Leclerc. Une évolution technologique déjà en marche, qui nécessitera une adaptation des fabricants de peinture et des carrossiers, mais chez ces derniers, s’adapter est devenu une seconde nature.

Pour en savoir plus sur les effets des couleurs et de la peinture sur les ADAS, retrouvez un dossier sur le sujet dans le numéro 1416 d'Auto Infos, en date du mois de février 2022.

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