Le marché automobile français dévisse de 88 % en avril

Clotilde Gaillard
Le marché automobile français dévisse de 88 % en avril

Le marché automobile français dévisse de 88 % en avril

La dégringolade des ventes de véhicules neufs se poursuit et même s’accentue en avril. Après un mois de mars atone, accusant un recul de 72 % en raison de la crise et du confinement liés au Covid-19, le marché automobile français est tombé à – 88,8 % en avril 2020 par rapport à l’an passé.

Pas de miracle : pour le deuxième mois consécutif, le volume d’immatriculations enregistré en avril s’effondre à 20 997 unités sur le segment des voitures particulières neuves, selon les données du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Soit une baisse de 88,8 % à nombre de jours ouvrés identique (21 jours) en comparaison avec avril 2019, où 188 201 véhicules avaient été mis à la route. Sur les quatre mois cumulés de 2020, cela représente même un déclin de plus de 48 % avec 385 676 immatriculations recensées. Les véhicules utilitaires légers (moins de 5,1 t), eux, décrochent également de presque 84 %, totalisant 7 046 immatriculations au mois d’avril 2020 et 95 496 sur les quatre premiers mois de l’année (environ – 42 %).

Maintien provisoire des VO et véhicules industriels

Seuls les véhicules industriels (5 tonnes et plus), ainsi que les véhicules d’occasion, parviennent à contenir un peu l’hémorragie qui touche le marché automobile français. Sur le premier segment, 1 494 immatriculations ont été comptabilisées au mois d’avril 2020, établissant la baisse de ce type d’engins à 71,9 % comparé à avril 2019. Quant aux VO, leurs ventes sont estimées à 115 424 voitures particulières, soit une baisse de 77,1 % par rapport à avril 2019. Sur le cumul des quatre premiers mois de 2020, cela équivaut à 1 448 193 voitures particulières, soit une diminution contenue de 24,4 % par rapport à la même période de 2019.

Les constructeurs tricolores toujours en tête

Que ce soit sur le marché des VP, des VU ou des VUL neufs, les marques françaises sont toujours les plus vendues. Pas de quoi se réjouir pour autant : si les constructeurs nationaux sont plébiscités par les automobilistes hexagonaux devant les industriels étrangers, leurs ventes ont lourdement chuté. Chez PSA, elles sont passées de 64 561 mises à la route de VPN en avril 2019 à 10 098 en avril 2020 (– 84,4 %). Au sein de Renault, on essuie également les plâtres avec 7 148 immatriculation VPN en avril 2020 contre 44 348 l’an dernier (soit – 83,9 %). L’ensemble des groupes étrangers, eux, s’effondre à 3 751 ventes VPN (– 95,3 %), alors qu’ils en enregistraient 79 275 en avril 2019.

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Les particuliers soutiennent à nouveau l’activité

Le mois d’avril 2020 marque toutefois un bouleversement inattendu. Avant la crise sanitaire, le marché des particuliers se révélait minoritaire et ne représentait qu’à peu près 40 % des acheteurs globaux face aux entreprises. Désormais, la tendance est inversée puisque les particuliers trustent 56 % de parts de marché, soit plus de la moitié. Une nouveauté qui s’observe au sein même de certaines marques, où la répartition dans les différents canaux de vente est repensée. Ainsi, la part des particuliers est plus importante qu’en avril 2019 chez Citroën (71 %), Peugeot (67 %), Ford (59 %) ou encore Volkswagen (63 %).

Top des modèles VP en avril 2020

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Le boom de l’électrique confirmé

Sont-ce les distances raccourcies par le confinement ou une conscience plus respectueuse de l’environnement qui ont convaincu les conducteurs d’opter pour le véhicule électrifié ? Quoi qu’il en soit, la popularité des voitures électriques s’affirme puisque ce sont celles qui, parmi tous les types de motorisation, connaissent la baisse la moins significative. Sur quatre mois cumulés, l’électrique représente même 27 132 unités et une hausse de 7 % en 2020 contre 13 774 unités en 2019. Quand le diesel et l’essence reculent, l’hybride et l’hybride rechargeable se targuent également de faire mieux que l’an passé avec presque 50 000 ventes additionnées.

Un frémissement prévu pour mai ?

Avec le déconfinement partiel et la réouverture progressive des enseignes prévus à partir du 11 mai, le marché automobile français a-t-il une chance de repartir et de limiter un peu la casse avant l’été ? D’après Éric Champarnaud, président de C-Ways, tout dépendra « de la vitesse du déconfinement et du niveau de confiance des ménages ». Ainsi que de leurs moyens, a-t-on envie d’ajouter… Bien que le mois de mai 2020 risque de ne pas approcher les chiffres de 191 702 immatriculations effectués en mai 2019, quelques acteurs du secteur se veulent rassurants. La société experte de la donnée augmentée, AAA Data, a en effet remarqué une légère reprise de l’activité depuis le 20 avril avec plusieurs journées à 2 000 immatriculations. À voir donc si ce mouvement ascendant et optimiste se stabilise dans les semaines à venir, faisant espérer une remontée du marché en berne.

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