Le marché de l’embrayage croît en valeur, mais recule en volume

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Le marché de l’embrayage croît en valeur, mais recule en volume

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Pièce d’usure qui nécessite professionnalisme, l’embrayage évolue dans un marché mature, en évolution mais sans grande révolution.

En 2020, le marché de l’embrayage a logiquement souffert d’une année marquée par la crise sanitaire et de la réduction du nombre de déplacements, mais il était déjà légèrement en baisse avant le Covid-19. L’année 2021 a été, selon François Duhem, responsable aftermarket France chez Aisin, « une bonne année en progression, et 2022 s’annonce bien, et même meilleure que 2019 ». La tendance du marché tend ainsi vers un recul de croissance en termes de volume entre 1 et 3 %, mais vers une hausse de la valeur (entre - 2 et + 2 % par rapport à 2019), notamment portée par la boîte de vitesses automatique et le kit volant bimasse (qui permet d’amortir les vibrations) qui ont un impact sur le prix du panier moyen. Ainsi, alors que l’offre au détail se raréfie, les kits représentent désormais en moyenne 90 % des volumes. Enfin, la disponibilité est largement satisfaisante et est parfois sujette à un phénomène de surstock.

Dépositionnement tarifaire

Comme le souligne Arnaud Pénot, directeur marketing et expérience client de bilstein group France, le standard de qualité de l’embrayage se doit d’être élevé, car « c’est un produit technique cher, à l’instar de la prestation en atelier. » La tendance au vieillissement du parc est une relative bonne nouvelle pour les équipementiers, mais cette évolution peut conduire le véhicule à la casse plutôt qu’à l’atelier. En effet, le coût de la rechange de l’embrayage peut s’avérer plus important que la valeur du véhicule et donc rédhibitoire pour les ménages.

Par ailleurs, face à un marché concurrentiel malgré le peu d’acteurs présents, le dépositionnement tarifaire s’impose pour faire la différence. Par exemple, l’équipementier bilstein propose sa gamme d’embrayage entre 15 et 20 % moins chère par rapport à l’acteur principal. Aisin également propose des prix compétitifs dans une stratégie de croissance en termes de parts de marché. L’équipementier d’origine japonaise offre une gamme complète de 1 500 kits (2, 3 ou 4 pièces avec le volant moteur) pour une couverture à 72 % du parc français (à 80 % d’ici à la fin de l’année). Aisin aussi a travaillé à son positionnement tarifaire et adopte des prix entre - 10 et - 15 % par rapport à ses concurrents. De son côté ZF Aftermarket bénéficie d’une large gamme, du classique au plus technologique : 4 900 références, dont 2 100 kits, qui répondent aux normes Euro 5 et 6 et couvrent 92 à 95 % du parc.

L’électrique : une menace ?

La montée en compétences suit l’apparition des nouvelles technologies. Ces dernières font évoluer le marché, sans trop le révolutionner. Par ailleurs, les équipementiers reconnaissent l’impact qu’auront l’électrification et l’hybridation des véhicules en marche. Ils tablent sur une première inversion de la courbe entre le gazole, l’essence et l’électrique d’ici à 2030. Cependant, avec un parc vieillissant, les équipementiers penchent pour un effet relatif sur le marché de l’embrayage. Aisin bénéficie d’un savoir-faire dans les véhicules électriques et hybrides étant équipementier d’origine pour Toyota. De son côté Gilbert Soufflet, responsable communication et événements ZF Aftermarket France, pense que la croissance des VE aura des effets d’ici 15 ou 20 ans et indique que les technologies (Adas, pièces électroniques) n’aident pas forcément le marché, car elles allongent la durée de vie des pièces d’usure. Il ajoute que l’incertitude réside plus dans le comportement à venir des automobilistes.

En guise de conclusion, le marché de l’embrayage peut ainsi se qualifier de mature. Il tend à gagner en qualité et ainsi en valeur, ce qui lui permet de compenser sa perte en volume. Enfin, les technologies évoluant, les équipementiers doivent proposer une gamme plus étendue. Comme le souligne Gilbert Soufflet, en 2022 le produit sera très challengé, ce qui entraînera « des velléités tarifaires ».

[Article complet à lire dans le magazine n°168]

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