Le marché des pièces détachées… n'est pas prêt d'être libéré !

Eloïse LE GOFF-BERNIS

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Invitée à s’exprimer le 22 novembre dernier au Congrès de l’assurance automobile organisé par notre confrère L’Argus de l’assurance, Virginie Beaumeunier (photo), secrétaire générale de l’Autorité de la concurrence et rapporteur de l’auto-saisine de cet organisme sur le fonctionnement concurrentiel du secteur de l’après-vente automobile, a d’abord rappelé le cheminement entrepris depuis la publication de la décision de consultation publique en avril dernier (90 indépendants, équipementiers, constructeurs, distributeurs, réparateurs, etc.) à la demande d’abolition pure et simple du monopole des constructeurs sur les pièces visibles de carrosserie. Elles représentent, pour rappel, jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires des pièces de rechange, soit près de 2,6 milliards d’euros.

Nouveau modèle économique

Virginie Beaumeunier a égrené les arguments qui, selon elle, ne justifient plus le maintien en France du droit des dessins, modèles et d’auteur avancé par le lobby des constructeurs. De l’incitation à investir dans le design à la qualité et disponibilité des pièces arguées comme un bouclier pro-monopole, elle a prouvé – exemples extra-hexagonaux à l’appui – le manque de consistance de la ligne de défense qu’elle résume comme suit : « En réalité, le problème des constructeurs automobiles est autre. Il relève d’un changement de modèle économique ».

La représentante de l’Autorité de la concurrence a assuré que la fin du monopole sur ces pièces devrait se traduire par l’augmentation de la demande (40 % des automobilistes étant assurés au tiers) et a de nouveau plaidé pour une ouverture graduelle du marché (pièces de vitrage et d’optique la première année, rétroviseurs et pare-chocs la seconde, puis ensemble des pièces de tôlerie la cinquième année). Sauf que… le texte proposé à l’échelle européenne n’obtient pas l’aval du duo franco-allemand. Cadenassé, il ne semble pas prêt de voir le jour. « Dans le contexte actuel difficile pour le secteur automobile, le gouvernement a d’autres priorités », reconnaît-elle en coulisse lorsqu’on l’interroge sur le niveau d’attention que le gouvernement porte aux conclusions de l’Autorité de la concurrence.

En attendant, les assureurs regardent la facture grimper. « La main-d’œuvre et les pièces détachées représentent respectivement 40 % du coût d’un sinistre, le reste relevant de la peinture », déclare Geneviève Roudier, directrice générale de Capsauto qui rappelle que 70 % de l’activité dans les ateliers des professionnels est apportée par les assureurs et que les sinistres ont chuté de 10 %. « Il serait bon que le principal levier des assureurs pour réduire la note cesse d’être uniquement le coût de la main-d’œuvre. La réparation indépendante en souffre », argue Serge Valet, président de la branche carrosserie de la Fédération nationale de l’artisanat automobile (FNAA).

Mais le mot de la fin revient évidemment à Virginie Beaumeunier, en phase avec son auditoire : « In fine, nous voulons que l’essentiel des réparations soit fait sous donneurs d’ordres assureurs avec une vraie concurrence ». Le débat reste ouvert.

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