Le patron de Volkswagen menacé

Alexandre Guillet

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Le patron de Volkswagen menacé

Les tensions s’accentuent au sein de la direction du groupe Volkswagen et Herbert Diess, fragilisé, se voit contraint de solliciter un vote de confiance sur ses réformes, via une reconduction anticipée de son mandat. Manœuvre à hauts risques.

La guerre des chefs et des clans semblait moins intense que par le passé au sein du groupe Volkswagen, mais sans revenir sur les intrigues florentines et les passes d’armes spectaculaires de l’ère Ferdinand Piëch, ou plus récemment sur le domino des responsabilités suite au dieselgate, la légitimité de l’actuel président, Herbert Diess, est remise en cause par d’autres dirigeants et vraisemblablement, par certains actionnaires. Une situation dans laquelle les puissants syndicats ont aussi une grande influence, surtout dans un contexte de crise et de réduction des coûts.

Un vote qui peut précipiter le départ d’Herbert Diess

Mis dans une position inconfortable, Herbert Diess se voit contraint de demander de façon anticipée une prolongation de son mandat. En clair, une motion de confiance, qui peut faire momentanément taire ses détracteurs ou entraîner son départ. Rappelons que Herbert Diess est arrivé au sein de Volkswagen en 2015, en provenance de BMW, pour réorienter le groupe après le choc du dieselgate. Le plan d’électrification avait été mis au premier plan, doté d’une enveloppe budgétaire globale colossale de 73 milliards d’euros, mais le contexte intimait simultanément des plans de réduction des coûts, ce qui a irrité certains syndicats.

Rencontre entre les principaux actionnaires familiaux du groupe

Si aucune déclaration officielle n’a filtré, selon Reuters, une rencontre entre le président du conseil de surveillance, Hans Dieter Poetsch, Wolfgang Porsche, Hans Michel Piech, et Bernd Osterloh, représentant des syndicats, est programmée cette semaine. Certaines prises de parole soufflent sur les braises, pointant un problème de cohérence dans la conduite du changement, et de gouvernance en général. Toujours selon Reuters, pour certains actionnaires, le décrochage en valorisation par rapport à des concurrents comme Toyota et Tesla est mal perçu (Volkswagen apparaît à 77,2 milliards d’euros, Toyota à 130 milliards et Tesla à 463 milliards d’euros !).
Pour beaucoup d’analystes des places de marché, le groupe Volkswagen n’a plus une structure de coûts adaptée, trop généreuse, et il doit réduire ses effectifs (plus de 670 000 employés, contre près de 360 000 chez Toyota). De quoi faire réagir l’influent Bernd Osterloh, qui peut aussi compter sur les réactions des hommes politiques sur la question de l’emploi.

Wolfsburg, « nœud de vipères »

Dans les colonnes du Handelsblatt, Herbert Diess, vient de durcir le ton : « Quand j’ai pris mes fonctions à Wolfsburg, c’était pour changer le système de fonctionnement de Volkswagen, ce qui signifiait de rompre avec certaines pratiques et organisations anciennes et sédimentées, pour rendre le groupe plus moderne et agile. Avec les membres de mon équipe partageant la même motivation, nous avons réussi à faire bouger les lignes dans de nombreux endroits de groupe, mais pas partout, et notamment, pas encore au siège corporate de Wolfsburg ». Au moins, les choses sont claires.

© groupe Volkswagen
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