Léger coup de frein sur la pièce de réemploi

Léger coup de frein sur la pièce de réemploi

Les pièces issues des véhicules accidentés sont souvent les mêmes en raison de la typologie des chocs.

© Back2Car

La pièce issue de l’économie circulaire a connu un taux d’utilisation en légère baisse en 2022 dans les rapports d’expertises. Une première depuis 2019 et le décollage de cette solution de réparation. Pourtant, la filière est de mieux en mieux structurée et les grands acteurs du marché de l’après-vente investissent le secteur.

Pour la première fois depuis 2019, les taux d’utilisations des pièces de réemploi (PRE) ont légèrement baissé en 2022. Selon les données récoltées par SRA (Sécurité et réparation Automobiles) et issues des rapports d’expertises, trois indicateurs importants sont en recul. Le taux de rapports d’expertises contenant au moins une PRE s’établit à 11,3 %, contre 11,7 % en 2021. La part des pièces de réemploi dans le total des éléments remplacés a atteint une moyenne de 3,5, contre 3,9 l’année précédente. Enfin, cette part sur les véhicules de 5 ans et plus s’est élevée à 5,6, alors qu’elle était de 6,3 en 2021. Il est difficile d’identifier avec certitude les raisons de ce léger recul. En effet, le contexte global reste très favorable au réemploi. Plusieurs assureurs mettent en avant cette possibilité dans leur communication nationale. Dans de nombreux domaines, la réutilisation est d’actualité. Est-ce un simple discours marketing ? Une image de marque bâtie sur du « greenwashing » ? Difficile de répondre à ces questions de manière objective.

Faire oublier la pièce du pauvre

La pièce issue de l’économie circulaire a changé de nom pour se mettre au goût du jour mais son existence est aussi ancienne que l’automobile elle-même. Pendant des décennies, la civilisation du neuf a réduit le marché de la pièce d’occasion aux petits budgets. Changer un élément usagé par une pièce ayant déjà vécu est devenu une pratique de « pauvre », mal perçue par des conducteurs habitués à la pièce neuve d’origine. Depuis quelques années, l’évolution de la société remet « l’occase » sur le devant de la scène. L’économie circulaire est devenue tendance et la réutilisation arrive dans de nombreux domaines. Cette évolution a permis aux professionnels de la déconstruction de se structurer et d’améliorer leurs méthodes de travail depuis une dizaine d’années. De véritables filières organisées sont nées, à l’image de l’enseigne Caréco, réseau national de distributeurs de pièces d’occasion. Les textes officiels ont aussi fortement contribué au développement de cette filière. Les obligations de recyclage et de réutilisation des éléments des véhicules ont permis de constituer des stocks de pièces importants, bien qu’incomplets.

Toujours les mêmes pièces

Les pièces disponibles sur le marché du réemploi correspondent aux véhicules morts de vieillesse ou victimes de mort violente. Ils sont donc constitués par des modèles âgés et des voitures accidentées. La typologie des chocs étant souvent similaire, les pièces de carrosserie récupérables sont souvent les mêmes. Le nombre global de véhicules recyclés chaque année ne permet pas au réemploi de se substituer au neuf dans des proportions importantes. L’économie circulaire a ses limites. Les trois pièces de carrosserie les plus utilisées en 2022 ont été les hayons, les portes avant et arrière. Dans le même temps, les trois pièces les plus remplacées l’année dernière ont été les boucliers avant et arrière, ainsi que les optiques. Pour ces trois éléments, le taux d’utilisation d’une PRE est inférieur à 10 %.

Rassurer coûte cher

Pour développer la vente de pièces d’occasion, les enseignes comme Caréco et Back2Car mais aussi les constructeurs comme Stellantis et Renault ont mis en place des plateformes internet. Ouvertes aux professionnels mais aussi parfois aux particuliers, ces places de marché facilitent la recherche d’une pièce de seconde main plus rare qu’un élément neuf. Internet gomme les distances, tandis que le coût inférieur de ces pièces de réemploi permet d’ajouter un prix de livraison en restant compétitif. Une garantie associée à une traçabilité précise de la pièce rassure l’acquéreur. Cependant, plus la filière se structure et plus le coût de la pièce augmente. Un coût auquel il faut ajouter le travail nécessaire sur l’élément d’occasion pour le rendre utilisable. La pièce de réemploi a un potentiel intéressant mais ne révolutionnera pas l’après-vente automobile.

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