Les garantisseurs s’adaptent à l’arrivée des VE dans le marché de l’occasion

Victoire de Faultrier-Travers
Les garantisseurs s’adaptent à l’arrivée des VE dans le marché de l’occasion

© Hella Gutmann

Encore minoritaires sur le marché de l’occasion, les véhicules électriques affichent une croissance en hausse ces dernières années. Leur part a même doublé en 2021. C’est pourquoi les garantisseurs ajustent au fur et à mesure les offres de garanties dédiées aux VE d’occasion.

Entre 2020 et 2021, la part des véhicules électrifiés a augmenté de 100 % dans le marché de l’occasion, avec plus de 11 500 unités écoulées en 2021. En 2025, l’assureur Opteven estime que 6 % des véhicules d’occasion seront électriques, notamment grâce à la vente majoritairement en LOA des VE neufs qui devrait accélérer leur pénétration. La problématique est notamment de bien saisir les changements liés à cette électrification afin d’adapter les offres d’extension de garantie de ces véhicules. La batterie est l’organe central d’un véhicule électrique, mais l’accès à son état de santé (state of health ou SOH) demeure compliqué. Avec le temps et son déploiement, les informations devraient être plus accessibles. Pour cela, la plupart des assureurs se tournent vers la Scandinavie, qui a le plus de recul en matière de cycle de vie des électriques, afin de compléter leurs données. Pour Albert Etienne, P-DG France d’Opteven, « les véhicules électriques sont loin de pouvoir se passer d’une bonne extension de garantie. » En partenariat avec l’institut de sondage YouGov, Opteven a mené une étude auprès de 400 possesseurs de VE pour bien comprendre l’expérience d’usage de ces véhicules. Seulement un tiers des sondés estime que les électriques sont plus fiables que les thermiques. Un autre tiers pense qu’il l’est tout autant. Le dernier tiers estime sa fiabilité inférieure. Par ailleurs, 41 % des automobilistes déclarent avoir été confrontés à un incident, et 18 % ont dû se faire assister, voire dépanner. Parmi ces incidents, des causes classiques comme le bris de glace, des impacts sur la carrosserie, des problèmes sur la batterie 12V et un dysfonctionnement de la climatisation. À la différence des thermiques, les VE ont de nouveaux dysfonctionnements comme celui de la batterie haute tension (plus de 7 % des incidents), des câbles et des connecteurs (entre 8 et 14 %), et des bugs électroniques et logiciels, à hauteur de 7 %. L’arrivée du véhicule électrique oblige les garantisseurs à adapter leurs offres de garantie panne-mécanique, étant donné que la plus grande peur des possesseurs de VE reste la panne d’énergie, la panne de recharge ou l’embouteillage de recharge, tout en diversifiant leurs services associés à la garantie.

Vers plus de services associés


Les VE demandent une couverture spécifique avec une gamme de propositions, notamment en matière de batterie, au-delà de la garantie constructeur, et du chargeur. Avec son nouveau contrat e-Move, Opteven propose un contrat de garantie taillée pour les VE : le programme couvre la batterie et la panne sèche d’électricité. Dans la cadre d’un véhicule 100 % électrique, le contrat couvre en plus les câbles, tout le groupe motopropulseur électrique, la batterie avec une participation à hauteur de 5 000 euros en cas de panne (après la période de garantie constructeur de 8 ans/170 000 km dans le cas d’une Renault Zoe). Les réparations sont plafonnées à hauteur de 1 500 euros TTC. Les tarifs vont de 251 à 730 euros TTC selon les options, la durée de la garantie, l’âge et le kilométrage du véhicule. De son côté, C2A Garantie lance EcoGreen, une garantie pannes mécaniques et assistance pour voitures électriques d’occasion. Elle comprend une couverture complète jusqu’à 15 000 euros TTC par sinistre, dont 5 000 euros TTC pour la batterie et 10 000 euros pour les autres organes de la voiture (pièces et main-d’œuvre). L’offre EcoGreen comprend également une assistance 24h/24 et 7j/7 avec le remorquage au garage, le rapatriement au domicile ou la prise en charge de l’hébergement pour tous les passagers lors d’une immobilisation du véhicule. Pour Guilhem Marijon, directeur des opérations de Caarea, la France en est encore aux balbutiements des offres en matière de garanties, le principal est de rassurer les peurs des acheteurs dans leur mobilité globale : couvrir la panne et la perte d’autonomie, ainsi que couvrir les câbles et les chargeurs. Bref, lever les freins à l’achat de VE d’occasion et fidéliser les clients. Philippe Berlinson, vice-président de la commission automobile FG2A, précise que : « Le véhicule électrique constituera le parc de demain et représente un véritable enjeu pour tous les acteurs de la mobilité. La demande pour des offres pannes mécaniques et assistance s’accélèrera rapidement car ce type de garantie permet au client final d’acquérir un véhicule électrique en toute sérénité, sans crainte de grosses dépenses liées au vieillissement de la batterie du véhicule. » Pour Philippe Berlinson, les professionnels ont également un rôle important à jouer dans le déploiement de la garantie pour rassurer de 6 à 12 mois.

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