Les grandes menaces du « Fit for 55 » sur les industriels français

Fabio CROCCO

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Les grandes menaces du « Fit for 55 » sur les industriels français

La baisse des émissions polluantes et l’électrification de l’automobile, dictées par le « Fit for 55 », redessine l’industrie automobile avec un modèle fatal aux équipementiers.

La Commission européenne a présenté, le 14 juillet dernier, ses propositions pour la mise en œuvre du Green Deal, un paquet réglementaire intitulé Fit for 55. Pour rappel, Fit for 55 a pour objectif d’abaisser de 55 % les émissions de CO2 du marché automobile en 2030. La Plateforme automobile (PFA) a confié au cabinet AlixPartners une étude visant à évaluer l’impact de cette réglementation sur l’industrie française.

L’étude prend comme référence un mix des ventes de 70 % de véhicules électrifiés en 2030, dont 49 % de purs électriques. La baisse de la productivité est alors établie de 5 à 50 % selon les composants du véhicule. En combinant mix des ventes et baisse de la productivité, AlixPartners table sur une réduction de 10 % des volumes de ventes en 2030 et une hausse de 1 500 euros du prix de revient par rapport à 2021.

Dans le cas d’un véhicule 100 % électrique, le coût total des composants passe de 15 000 à 24 000 euros. Soit une hausse de 59 % qui s’explique principalement par le remplacement du groupe motopropulseur thermique (valeur de 5 500 euros) par une traction électrique (valeur de près de 11 000 euros). Le groupe électrique (électronique de puissance, batterie et moteur) représente alors 45 % de la valeur. Des composants dont les constructeurs cherchent à internaliser la production. Ainsi, l’étude indique que « près de 70 % de la production du epowertrain  semble fermée aux fournisseurs actuels ». Le contenu du véhicule accessible aux sous-traitants français baisserait de 11 % pour une valeur de 1 530 euros/véhicule. « Les sous-filières les plus à risque tirent 46 % de leur chiffre d'affaires avec l’automobile », alerte le cabinet d’étude.

Suppression de 41 000 emplois

Les équipementiers perdraient de 15 à 30 % de leurs effectifs. Cela se traduit par la perte de 52 000 emplois dans les métiers traditionnels et une hausse hypothétique de 11 000 emplois autour de l’électromobilité. Le solde est donc négatif avec une perte de plus de 41 000 emplois. Sur ce volume, le potentiel de diversification des sous-filières à risque s’établit seulement à 2 200 emplois.

Un fonds de soutien à la diversification des sous-traitants automobile sera mis en place dès le 17 décembre par le gouvernement. Il sera doté de 300 millions d’euros.

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